FED
Nous n’anticipons pas de changement de politique monétaire de la Fed lors de la réunion de janvier, après trois baisses de taux de «précaution» motivées par le ralentissement des données d’emploi en fin d’année dernière. Des dissidences sont à prévoir, du gouverneur Miran et potentiellement Bowman et/ou Waller. Cela dit, la Fed est dans une bonne position pour attendre et jauger de l’impact de ses récentes décisions.
Depuis la réunion de décembre, la croissance a continué de surprendre positivement tandis que les données sur l’emploi se sont révélées rassurantes: un taux de chômage en baisse et des demandes d’allocations chômages qui restent contenues. Cela devrait permettre à la Fed de temporiser afin d’attendre des progrès supplémentaires du côté de l’inflation avant de poursuivre la normalisation de sa politique monétaire.
Ces signes devraient se manifester au cours du premier semestre avec l’atténuation de l’impact des tarifs sur l’inflation, ouvrant la voie à une dernière baisse de taux, qui porterait le taux directeur à 3,5% (borne haute). Cela devrait soutenir la stabilisation des créations d’emplois qui demeurent encore en-deçà du niveau nécessaire afin de maintenir le marché de l’emploi à l’équilibre. Dans ce sens, le rebond des intentions d’embauches dans certaines enquêtes auprès des entreprises constitue un signal encourageant.
Enfin, la conférence de presse pourrait quant à elle porter une dimension politique alors que Donald Trump devrait annoncer prochainement le remplaçant de Jerome Powell et que deux enquêtes sont en cours contre des membres du FOMC (Powell et Cook). Il est toutefois probable que le président actuel de la Fed éviter de s’étendre sur ces sujets.
BCE
L’inflation des prix à la consommation dans la zone euro a ralenti à 1,9% en décembre 2025, contre 2,1% en novembre et légèrement en dessous de l’estimation préliminaire de 2,0%. Il s’agit de la première fois depuis mai 2025 que l’inflation passe sous l’objectif de 2% fixé par la BCE. En Allemagne, l’inflation a surpris à la baisse, s’établissant à seulement 1,8% en décembre, contre 2,3% en novembre. Ce recul s’explique principalement par la baisse des prix de l’énergie et le ralentissement de l’inflation des biens industriels. La publication de janvier pourrait être affectée par certains effets techniques, en raison de l’impact négatif des prix de l’énergie et des ajustements de prix des services en début d’année. Toutefois, bien que la récente flambée des prix du gaz en Europe représente un risque haussier à court terme pour l’inflation globale, nous considérons ce mouvement comme temporaire, reflétant en grande partie les effets des conditions météorologiques et une panne dans une installation nucléaire française. Par conséquent, et même si les niveaux de stocks de gaz sont à surveiller, cela ne devrait pas modifier de manière significative la tendance désinflationniste sous-jacente en zone euro.
En Allemagne, plusieurs forces contradictoires sont à l’œuvre en ce début d’année. Du côté positif, la hausse du salaire minimum en janvier 2026 pourrait exercer une certaine pression à la hausse. Cependant, cet impact devrait être atténué par le contexte macroéconomique toujours relativement faible et le ralentissement du marché du travail. De plus, la réduction de la TVA pour les restaurants allemands introduit un risque baissier pour l’inflation des services, renforçant ainsi la dynamique désinflationniste à court terme. Enfin, bien qu’un seul point de données ne constitue pas une tendance, nous pensons que les derniers chiffres reflètent déjà les premiers effets de l’intensification de la concurrence des exportations de biens chinois — une influence que la BCE continue de sous-estimer.
Bien que nous n’attendions aucun changement lors de la réunion de ce mois-ci, le risque d’une inflation inférieure aux attentes en début d’année renforce notre conviction que la BCE pourrait procéder à une nouvelle baisse de taux à 1,75% plus tard cette année.