Croissance modérée de la consommation réelle

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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D’après les premiers indices des directeurs d’achat disponibles en Europe et ailleurs dans le monde, la reprise cyclique devrait être ralentie, mais pas stoppée.

Conjoncture

Notre analyse indique une croissance réelle modérée des dépenses des ménages au 1er semestre 2026. Cela correspond à notre prévision de taux de croissance du PIB légèrement inférieurs au taux potentiel de l’économie suisse d’ici fin 2027. Associée à la faible pression inflationniste, cette dynamique modérée justifie la poursuite de la politique monétaire expansionniste de la BNS. Son effet favorable sur la conjoncture intérieure reste toutefois limité. Dans le secteur de la construction, le volume de nouveaux projets de construction de logements autorisés se maintient au niveau de l’année précédente. Seule la rénovation, environ trois fois moins importante en termes de valeur, affiche une forte croissance d’environ 26% par rapport à l’année précédente. La détente attendue du conflit au Proche-Orient a un effet positif. D’après les premiers indices des directeurs d’achat disponibles en Europe et ailleurs dans le monde, la reprise cyclique devrait être ralentie, mais pas stoppée.

L’économie exportatrice en profitera également au cours des prochains trimestres, notamment grâce à la stabilité des taux de change. En outre, la normalisation des importations nettes d’électricité depuis la reprise de la production dans la centrale nucléaire de Gösgen devrait soutenir le PIB.

Abaissement de la prévision d’inflation pour 2026

Nous revoyons à nouveau notre prévision d’inflation à la baisse pour 2026. Bien que les sources d’énergie coûtent toujours nettement plus cher qu’avant le début de la guerre, le prix du mazout tend au recul depuis mai. A cela s’ajoute l’absence quasi totale d’effets de second tour pour les prix des biens ou des services hors transports. Notre scénario de référence à moyen terme pour la dynamique d’inflation correspond largement à la dernière prévision d’inflation conditionnelle de la BNS.

Actions

Net retournement en avril

Suisse

  • Solide performance du marché suisse en juin, notamment lors des reculs des marchés mondiaux des actions.

Zone euro

  • Bonne performance du marché des actions de l’UEM, devançant à nouveau l’américain en 2026.
  • Secteurs les plus performant en juin : finance, technologie et biens de consommation de base.

Etats-Unis

  • Marchés américains à la traîne en juin, malgré un rebond des titres des semi-conducteurs.
  • Le Philadelphia Semiconductor Index (SOX) a encore gagné 5% en juin.
  • Hors titres de l’IA et de l’énergie, le S&P500 serait en baisse en 2026.
  • Malgré la forte croissance des bénéfices, la valorisation de marché redevient très élevée (ratio P/E de 25).

Marchés émergents

  • Après un bon début, ils accusent une performance faible en juin du fait du repli des titres de la tech.
  • Comme outre-Atlantique, les titres de l’IA (infrastructures) portent le marché.
  • L’indice MSCI Emerging Markets est désormais très concentré: les quatre plus grandes économies asiatiques pèsent plus de 75%, TSMC pèse à lui seul 15%, et l’indice complet de 1200 titres n’est aussi diversifié qu’un portefeuille à pondération égale de 30 titres.
  • Taïwan représente désormais 26% de l’indice, contre 23% pour la Corée du Sud, 20% pour la Chine et 10% pour l’Inde.
  • Malgré une solide performance, les valorisations relatives aux marchés américain et mondial restent intéressantes, les titres clés de l’IA évoluant toujours sous un ratio P/E de 30.

Royaume-Uni

  • Performance neutre en juin.

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