Conjoncture
Il n’y a encore que peu de données fiables de l’économie réelle pour mesurer l’effet immédiat de la guerre en Iran sur la dynamique conjoncturelle. Les enquêtes menées auprès des directeurs d’achat des entreprises indiquent des valeurs solides, contrastant avec le net repli du moral des ménages. De plus, nous pensons que la politique douanière américaine erratique a pesé et continuera à peser sur les perspectives de croissance, plus que la hausse du coût de l’énergie. Les droits de douane américains devraient certes encore grimper, de 10% actuellement à 15%, mais l’accord conclu en novembre tient, limitant le risque de délocalisation de la production des entreprises industrielles nationales. Selon ces hypothèses, le taux de chômage devrait atteindre son pic cyclique en milieu d’année. En Suisse, la croissance est soutenue par la politique monétaire expansionniste de la BNS. Les deux grands plans budgétaires allemands en faveur des infrastructures et de la défense devraient également produire des effets d’aubaine. La reprise de la production d’électricité à la centrale nucléaire de Gösgen a en outre permis d’éliminer un facteur défavorable des derniers trimestres.
Pression sur les prix: rien de comparable avec 2022
En comparaison annuelle, les prix à la production ont baissé en mars aussi, bien que l’indice ait déjà intégré la hausse des prix de l’énergie. Globalement, le pouvoir de fixation des prix est bien plus faible que lors de l’éclatement du conflit en Ukraine. Les effets de second tour, pour peu qu’il y en ait, devraient donc être moins forts qu’en 2022 et 2023. Nous relevons toutefois légèrement notre prévision d’inflation pour 2027, en raison d’adaptations tarifaires des prestataires de transports publics de 3,9% en moyenne. Cette hausse sera prise en compte dans le calcul de l’indice suisse des prix à la consommation (IPC) à partir de décembre 2026.
Actions
Net retournement en avril
Suisse
- Nette sous-performance du marché suisse en avril.
- Vigueur du franc, fort impact de la hausse des prix de l’énergie et faible performance des poids lourds de l’indice ont pesé.
Zone euro
- Les marchés européens sous-performent encore l’américain en avril.
- Biens de consommation et de l’industrie ont été particulièrement touchés, avec des pertes supérieures à 10%.
- Les valorisations sont dans la partie supérieure de la plage neutre.
Etats-Unis
- Nette inversion du marché en avril sur fond d’espoir de fin de la guerre avec l’Iran.
- La saison des résultats est lancée et ils sont très bons pour l’instant, portant également le marché d’un point de vue fondamental.
- Net rebond des titres de l’IA et de la tech en avril. Les Magnificent 7 signent +16,7% en avril.
- Malgré la forte croissance des bénéfices, la valorisation de marché redevient très élevée.
Marchés émergents
- Les ME affichent de loin la meilleure performance en avril (et de loin la plus faible en mars), et ce sont les seuls avec des rendements à deux chiffres en 2026.
- Les asiatiques mènent la danse (Corée +35%, Taïwan +29% et Inde +10%). Les technologiques comme SK Hynix et Samsung gagnent respectivement 60% et 30% en avril.
Royaume-Uni
- Le marché britannique est le plus défensif et affiche la plus faible valorisation des grands marchés d’actions des pays développés.