Conjoncture
Jusqu’ici, notre prévision de croissance du PIB en 2026 reposait sur l’hypothèse d’une BNS toujours constructive, d’effets d’aubaine de la reprise économique allemande et de l’évolution du conflit douanier avec Washington depuis novembre. Ces trois éléments restent pertinents, bien qu’ils perdraient de leur importance avec la poursuite du conflit au Proche-Orient. La fin des travaux de maintenance de la centrale nucléaire de Gösgen soulagera le bilan du commerce extérieur, les importations d’électricité pouvant être ramenées au niveau habituel. Le risque pour la prévision, présent depuis neuf mois, disparaît ainsi. Des données fiables pour évaluer l’effet du nouveau choc énergétique sur la conjoncture font encore défaut. Après l’éclatement de la guerre en Ukraine et le durcissement de la politique monétaire devenu nécessaire alors, les dépenses de consommation n’avaient reculé qu’au quatrième trimestre 2022. Ce n’est qu’en 2023 qu’un net ralentissement de la dynamique des exportations s’était matérialisé.
L’inflation négative n’est plus un sujet
Selon le prestataire Agrola, le prix de livraison du mazout à Zurich a augmenté de 54% depuis fin février. La hausse des prix à la consommation finale des produits énergétiques est intégrée à l’IPC suisse dès mars. Les prix des billets d’avion traduiront très bientôt les conséquences de la guerre en Iran. Par rapport à 2022, la part des produits pétroliers dans l’IPC recule de 20%. Cette fois-ci, la hausse des prix impacte donc moins fortement le calcul de l’inflation. Le renchérissement annuel va donc fortement augmenter dès mars. Des taux d’inflation négatifs et un retour à des taux directeurs négatifs de la Banque nationale suisse sont écartés.
Actions
La fête continue – pour le moment
Suisse
- Le marché suisse des actions a plus reculé que ses homologues en mars, même s’il est habituellement défensif.
- Les titres particulièrement cycliques comme Geberit, Sika et Roche cèdent environ 15%.
Zone euro
- Malgré la sous-performance en mars, les marchés actions européens devancent l’américain depuis le début de l’année.
- Les actions des biens de consommation et de l’industrie ont été particulièrement touchées, avec des pertes supérieures à 10% en mars.
- Les valorisations sont dans la partie supérieure de la plage neutre.
Etats-Unis
- Après un mois de février morose, le marché surperforme nettement en mars. Principale raison: l’oncle Sam est exportateur net d’énergie et les entreprises américaines du secteur ont profité de la hausse des prix de l’énergie.
- Malgré la forte croissance des bénéfices, la valorisation de marché reste élevée.
Marchés émergents
- Forte correction en mars sur les ME, notamment en Asie. Toutefois, ils affichent toujours la meilleure performance parmi les grands marchés en 2026.
- En USD, la performance recule en Corée du Sud, en Inde et en Afrique du Sud (resp. -15%, -12% et -22%). Le marché actions des Emirats arabes unis a reculé de 16%, tandis qu’en Arabie saoudite, il a gagné environ 2%.
Royaume-Uni
- Après les ME et le Canada, le marché britannique est le seul grand marché à afficher une performance positive depuis début 2026.