Craintes de bulle exagérées, malgré les reconfinements

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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Les confinements à répétition ne devraient pas constituer une détérioration fondamentale des perspectives économiques.


©Keystone

Tout d’abord, selon la Recherche d’UBS les perspectives à moyen terme de la croissance économique et bénéficiaire demeurent positives. Elle table sur une croissance mondiale de 6,3% en 2021, après une contraction de quelque 3,5% en 2020. 

Suite aux importantes surprises bénéficiaires observées au cours des deux derniers trimestres, notamment des résultats en hausse de 40% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent aux Etats-Unis, les perspectives des bénéfices des entreprises sont également encourageantes pour 2021.

Pas de valorisation excessive

Ensuite, de par le contexte macroéconomique actuel, les valorisations ne signalent vraisemblablement pas un climat d’euphorie. La prime de risque des actions mondiales qui s’élève à 6%, contre une moyenne de quelque 4% depuis 1998, indique que les actions demeureront attrayantes par rapport aux obligations. 

L’histoire enseigne que les investisseurs exagèrent
le risque recelé par des investissements dans des actions à leurs plus-hauts.

Récemment, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a souligné: «Si vous observez les ratios cours/bénéfice, vous remarquerez qu’ils sont élevés en comparaison historique. Toutefois, étant donné que les taux sans risque demeureront durablement bas, la prime des actions, qui récompense la prise de risque pour un investissement en actions, doit être suivie de près. Et cette prime de risque sur actions ne se situe pas à des niveaux particulièrement bas, ce qui signifie que, sur la base de ce paramètre, les valorisations des actions ne sont pas excessives.»

Poursuite de la hausse des actions

Enfin, l’histoire enseigne que les investisseurs exagèrent le risque recelé par des investissements dans des actions à leurs plus-hauts. Sur la base des données recueillies depuis 1960, dans l’année qui suit un nouveau record historique, l’indice S&P 500 génère un rendement moyen de 11,7%, contre une performance moyenne de 11,3% lorsque les marchés sont en deçà des sommets. 

Les données sur la même période indiquent que les valorisations constituent, pour les investisseurs, un outil décisionnel peu efficace à court terme, au vu de la faible corrélation entre les ratios cours/bénéfice du S&P 500 et les rendements ultérieurs à douze mois

La Recherche d’UBS apprécie les titres restés relativement à la traîne l’an dernier.

Ainsi, les valorisations ne semblent actuellement pas constituer un obstacle à la poursuite de la hausse des actions, en particulier dans un contexte marqué par de nouveaux plans de relance et des campagnes de vaccination. Il est important de rester investi et d’éviter les segments les plus onéreux du marché s'ils sont excessivement exposés, comme par exemple les grandes capitalisations et les valeurs de croissance américaines. 

Investir d’un coup

La Recherche d’UBS apprécie les titres restés relativement à la traîne l’an dernier: les segments des petites et moyennes capitalisations, le marché du Royaume-Uni, ainsi que certains titres des secteurs de la consommation discrétionnaire, de la finance et de l’énergie.

L’histoire montre qu’investir en une fois offre les plus grandes chances de succès. Mais il y a d’autres possibilités d’entrée sur le marché afin de réduire le risque d’un mauvais timing, comme l’investissement progressif avec un calendrier déterminé, une stratégie d’options put pour ceux qui peuvent la mettre en œuvre ou des solutions structurées. Il est également possible pour les investisseurs de renforcer la protection de leur portefeuille pour parer aux risques représentés par le COVID-19.

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