USA: fortes créations d’emplois en janvier, remontée du chômage

AWP

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Quelques 225’000 emplois ont été créés au cours du premier mois de l’année 2020, quand les analystes tablaient sur 164’000.

L’économie américaine a une nouvelle fois fait preuve de dynamisme en janvier créant un plus grand nombre d’emplois que prévu, tirée en particulier par les secteurs de la construction et de la santé, a annoncé vendredi le ministère du Travail.

Au total, 225’000 emplois ont été créés au cours du premier mois de l’année 2020 quand les analystes tablaient sur 164’000. C’est aussi beaucoup plus que les 147’000 enregistrés en décembre (révisé en hausse). Le taux de chômage a certes augmenté de 0,1 point à 3,6% mais cela s’explique par le fait que plus de 183’000 personnes sont de nouveau entrées sur le marché de l’emploi. Ceci est donc plutôt un signe de dynamisme.

Ces données devraient réjouir le président Donald Trump en campagne pour sa réélection. «Les emplois sont en plein essor, les salaires s’envolent !», s’était déjà glorifié le président républicain cette semaine lors de son discours sur l’état de l’Union.

En effet, à mesure que l’environnement du marché du travail américain s’est amélioré ces dernières années et a atteint le plein emploi, les entreprises se sont mises à embaucher des personnes handicapées, des personnes ayant été condamnées par la justice, celles-là mêmes qui étaient exclues par le passé du marché de l’emploi et n’étaient plus comptabilisés dans les statistiques.

Météo clémente

Le taux de participation au marché de l’emploi a ainsi augmenté en janvier atteignant 63,4% (+0,2 point sur un mois). Dans le détail par secteur, avec un ajout de 44’000 emplois, le secteur de la construction a sans doute bénéficié d’une météo plutôt clémente en janvier. Habituellement, de fortes chutes de neige et des températures glaciales perturbent au contraire l’activité.

Les créations d’emplois se sont en outre réparties équitablement entre les constructions résidentielles et non résidentielles, souligne le ministère. De leurs côtés, les emplois du secteur de la santé ont poursuivi leur ascension (+36’000 pour les soins, +23’000 pour les services ambulatoires et +10’000 dans les hôpitaux), reflétant largement le besoin de soins grandissant pour les personnes âgées en raison du vieillissement de la population.

Comme les mois précédents, le secteur des loisirs et de l’hôtellerie a continué d’embaucher (+36’000 emplois supplémentaires). L’administration américaine note qu’au total, 288’000 emplois ont été créés dans ce secteur au cours des six derniers mois.

Salaires en hausse aussi

Sans surprise, le secteur des ventes au détail a au contraire perdu 8’300 emplois après un mois de décembre positif (+44’900) marqué par les achats de Noël. La tendance de fond demeure ainsi inchangée. Ce secteur est affecté depuis longtemps par la concurrence des «boutiques» en ligne et celle du géant américain Amazon, faisant disparaître du paysage nombre de magasins.

Le secteur manufacturier a lui aussi perdu des emplois (-12’000), pâtissant du secteur automobile et du secteur aéronautique civil. Le mois dernier, il a en particulier souffert de l’arrêt de la production des Boeing 737 MAX. L’avion vedette du constructeur américain est cloué au sol depuis près d’un an après deux accidents meurtriers rapprochés. Et Boeing a dû se résoudre à suspendre sa production début janvier pour une durée indéterminée.

Avec 225’000 emplois créés en janvier, l’économie fait preuve de dynamisme puisque la moyenne mensuelle était de 175’000 l’an passé. Si ce rythme était maintenu, le taux de chômage pourrait aussi diminuer au cours des prochains mois.

S’agissant des salaires, un des éléments particulièrement scrutés par les économistes, ils ont augmenté de 0,25% après +0,1% en décembre. Les analystes tablaient sur une progression de 0,3%. Comparé à janvier 2019, ils progressent de 3,1%, un taux bien supérieur à celui de l’inflation (+2,3% en décembre selon l’indice PCI).

Cette nouvelle hausse de salaires devrait contribuer à renforcer la confiance des ménages. En janvier, l’indice de confiance - déjà à un niveau élevé en décembre - s’est amélioré, ce qui devrait soutenir la consommation des ménages, traditionnelle locomotive de la croissance de la première économie du monde.