L’industrie MEM voit ses craintes se confirmer au troisième trimestre

AWP

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L’impact de l’érosion des commandes sur le chiffre d’affaires se fait de plus en plus sentir. De juillet à septembre, les ventes ont chuté de 7,4% en un an.

L’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) a connu un nouveau trimestre difficile, marqué par un recul «rapide et substantiel» des commandes, des ventes et des exportations. Dans un communiqué, la faîtière Swissmem met en exergue la détérioration des conditions de marché et la surévaluation du franc.

La tendance à la baisse observée depuis le début de l’année s’est confirmée au troisième trimestre, avec une nouvelle baisse de 14,7% des entrées d’ordres en rythme annuel, la cinquième d’affilée essuyée par la branche.

Sur les neuf premiers mois de 2019, le recul est de 13,2%, précise l’organisation. Et d’ajouter que «cette baisse est presque exclusivement attribuable aux commandes de l’étranger, qui représentent près de 80% du volume». En l’espace de 15 mois, le volume des nouvelles commandes a chuté de plus d’un quart (-27%).

L’impact de l’érosion des commandes sur le chiffre d’affaires se fait de plus en plus sentir. De juillet à septembre, les ventes ont chuté de 7,4% en un an, portant le solde négatif sur neuf mois à 3,7%. Selon Swissmem, les plus touchées sont les grandes entreprises, dont les clients reportent l’acquisition de nouvelles machines et se concentrent davantage sur les moyens de production existants.

L’évolution négative ne s’est pas encore répercutée sur le taux d’occupation dans la branche, assure Swissmem, signalant même une augmentation de 5000 postes à 325’000 au cours du premier semestre.

L’utilisation des capacités de production a cependant nettement diminué, chutant à 83,7% fin septembre, contre 91,6% au dernier trimestre 2018. Aussi n’est-il pas surprenant pour la faîtière que «toujours plus d’entreprises introduisent le chômage partiel».

Exportations en berne

Citant les chiffres de l’Administration fédérale des douanes (AFF), Swissmem souligne que les exportations de la branche ont diminué de 1,4% sur les neuf premiers mois de l’année. Le recul observé sur les marchés asiatiques (-3,5%) et dans l’Union européenne (-1,7%) n’a pas pu être compensé par la progression de 4,1% des envois vers les Etats-Unis.

Par segment, la métallurgie a vu ses exportations chuter de 5,8%, la construction de machines de 4,7% et l’électrotechnique/électronique de 1,9%. «La pression a été particulièrement forte sur les catégories de produits à cycle habituellement précoce comme les machines-textiles», signale l’association. Seuls les instruments de précision sont parvenus à tirer leur épingle du jeu (+2,7%).

Swissmem garde un espoir ténu de voir la situation se stabiliser, à l’image de la récente évolution du PMI, mais souligne qu’aucune amélioration n’est possible si les principaux marchés continuent de se dégrader. Par ailleurs, «il ne doit pas y avoir de bouleversements politiques ou économiques», ce qui selon la faîtière, «ne semble pas être le cas actuellement».

Face aux revendications du secteur bancaire invitant la Banque nationale suisse (BNS) à renoncer aux taux d’intérêts négatifs, Swissmem souligne que le franc, toujours surévalué de plus de 8% par rapport à l’euro, repartirait à la hausse si la BNS suspendait cet instrument de sa politique monétaire.

Insistant sur la nécessité de l’indépendance de la BNS, l’association rappelle que «les économies dotées de banques centrales indépendantes sont plus performantes» et qu’en critiquant publiquement les intérêts négatifs, les banques encouragent la «politisation rampante» de l’institut d’émission.

Swissmem déplore que certains milieux politiques considèrent la BNS comme un «supermarché». Et de conclure que «ceci n’est pas dans l’intérêt de la prospérité et des emplois dans notre pays».