GB: le taux de chômage résiste, le marché de l’emploi se détériore

AWP

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Alors que le taux se maintient proche de son plus bas en 40 ans, 29% des entreprises britanniques prévoient de réduire leurs effectifs dans les trois mois à venir.

Le taux de chômage britannique s’est maintenu à 3,9% fin mai, proche de son niveau le plus bas en 40 ans malgré la pandémie, grâce aux aides gouvernementales au maintien de l’emploi, mais le tableau s’assombrit.

Une étude de la Chambre de commerce britannique (BCC) constate ainsi que 29% des entreprises britanniques prévoient de réduire leurs effectifs dans les trois mois à venir.

Les offres d’emploi sont tombées à 333’000 entre avril et juin au Royaume-Uni, un «record de faiblesse» depuis le début de la publication de ces données en 2001, a fait savoir jeudi l’Office national des statistiques.

C’est 23% de moins que lors du précédent record historique observé en 2009 lors de la crise financière.

En outre, l’ONS signale que, selon de premières estimations, 649’000 personnes de moins travaillaient au Royaume-Uni en juin comparé à mars.

L’économie britannique fait face à sa pire récession «en 300 ans» d’après un organisme gouvernemental de supervision budgétaire. Le produit intérieur brut a chuté de 19,1% entre mars et mai comparé à décembre-février, avec une embellie de seulement 1,8% en mai après de premières mesures de déconfinement.

Beaucoup d’emplois ont été maintenus grâce à des aides gouvernementales massives, qui ont bénéficié à plus de 9,3 millions de postes: le gouvernement indemnise 80% du salaire jusqu’à 2’500 livres sterling (2’750 euros) par mois, mais ces subventions doivent progressivement être retirées d’ici fin octobre.

Nombre d’entreprises qui n’ont pas retrouvé leur niveau d’activité d’avant la pandémie pourraient alors procéder à des vagues de licenciements, en plus des dizaines de milliers d’emplois déjà supprimés dans la distribution, l’aviation, l’automobile, l’aéronautique, etc.

«Beaucoup d’entreprises souffrent d’un manque sans précédent de liquidités et d’une demande réduite, ce qui signifie qu’elles auront des décisions difficiles à prendre» malgré les annonces du ministre des Finances Rishi Sunak pour aider l’économie, souligne la BCC dans un communiqué.

M. Sunak avait annoncé la semaine dernière un paquet de 33 milliards de livres de nouvelles mesures, notamment des bons pour des repas dans les restaurants afin d’aider ce secteur très touché par la crise, des baisses de TVA dans le tourisme, et des aides pour l’emploi des jeunes.

Les économistes de Capital Economics ont jugé jeudi les chiffres de l’emploi «rassurants» car ils s’attendaient à une détérioration encore plus rapide du marché du travail.

«Le marché du travail est sous pression. Un nombre important de licenciements a déjà été annoncé en juillet à travers une série de secteurs, en particulier la distribution», remarque de son côté Howard Archer, économiste de EY Item Club.

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