Après un début de semaine marqué par un durcissement avec un blocus du détroit d’Ormuz par les Etats-Unis, le ton a progressivement évolué vers une désescalade. En effet, l’annonce par l’Iran de la réouverture du détroit en fin de semaine et une possible nouvelle rencontre diplomatique entre les belligérants durant le week-end a déclenché un rebond des marchés boursiers.
FOMO sur les marchés américains
Aux Etats-Unis, les marchés actions ont clairement intégré un scénario de normalisation, soutenu par trois facteurs convergents: la baisse du Brent en-dessous des 100 dollars le baril, la résilience des perspectives bénéficiaires et des publications macroéconomiques rassurantes. L’indice des prix à la production (PPI) de mars est ressorti à +4% en glissement annuel, sous les attentes (4,6%), signalant un impact inflationniste du choc énergétique plus modéré qu’anticipé. En parallèle, le discours du Trésor américain, soutenant l’attentisme de la Fed, a contribué à ancrer les anticipations de statu quo monétaire.
Les marchés obligataires restent néanmoins sous tension. Malgré un reflux des rendements lié à la détente géopolitique, les perspectives de déficits budgétaires plus élevés sous l’effet combiné des dépenses militaires et des mesures de soutien énergétique compromettent encore un peu plus une baisse des taux le 29 avril prochain.
En Europe, la dynamique est plus contrastée. L’inflation de mars a été révisée à 2,6% en glissement annuel (contre 2,5%), marquant un net rebond par rapport aux 1,9% de février, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, en augmentation de 5,1%. L’inflation sous-jacente a légèrement reculé à 2,3%, mais reste au-dessus de la cible de la BCE et milite pour un maintien du statu quo monétaire lors de la réunion du 30 avril.
Saison des résultats: départ solide
Sur le plan sectoriel, la divergence est marquée. Aux Etats-Unis, le secteur bancaire a ouvert la saison des résultats sur une note solide, porté par les revenus de trading et les activités de fusions-acquisitions. A l’inverse, en Europe, le secteur du luxe a subi une correction significative. Les publications d’Hermès, Kering et dans une moindre mesure LVMH ont confirmé un ralentissement structurel. Ce segment, déjà fragilisé, voit son principal moteur, la demande asiatique et moyen-orientale, sous pression.
Toutefois, la croissance chinoise du premier trimestre a surpris positivement à 5% en glissement annuel, soutenue par le secteur manufacturier. En revanche, la faiblesse des ventes de détail (+1,7%) souligne une demande domestique toujours fragile.
Sur la semaine, le S&P500 progresse de 4,54%, le Nasdaq de 6,84% après une 13e séance consécutive de hausse vendredi. En Europe, l’engouement a été plus timoré, l’Euro STOXX 50 terminant malgré tout à +2,22% et le SMI à +1,85%.
La semaine à venir s’articulera toujours autour de la géopolitique avec la fin du cessez-le-feu mardi 21 avril au soir, le président américain étant habitué aux surprises de dernière minute. La tension est remontée d’un cran ce week-end, le détroit ayant été refermé et des tirs ont été constatés sur des navires qui franchissaient le passage. Au niveau économique, mardi aura lieu l’audition de confirmation au Sénat de Kevin Warsh, le successeur de Jerome Powell désigné par Donald Trump.
L’essentiel en bref
