Energie et taux dictent le tempo des marchés – Flash boursier de Bonhôte

Pierre-François Donzé, Julien Staehli, Karine Patron, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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L’ajustement des anticipations de politique monétaire a constitué le principal catalyseur la semaine dernière, reléguant les publications microéconomiques au second plan.

La semaine écoulée a vu une consolidation généralisée des marchés actions, dans un environnement dominé par la remontée des rendements obligataires et la persistance des incertitudes géopolitiques. L’ajustement des anticipations de politique monétaire a constitué le principal catalyseur, reléguant les publications microéconomiques au second plan.

Taux en hausse, marchés sous pression

Aux Etats-Unis, les marchés ont corrigé avec un biais négatif sur les valeurs de croissance. Le mouvement s’explique par une nouvelle tension sur le segment long de la courbe des taux: le rendement du 10 ans s’est rapproché de ses plus hauts récents (4,40%), reflétant une réévaluation des anticipations d’inflation. Les dernières données macroéconomiques ont conforté ce narratif. L’indice des prix à l’importation a surpris à la hausse (1,3% vs 0,6% attendu), confirmant la tension sur l’inflation. Par ailleurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont restées contenues, signalant un marché du travail toujours résilient. Dans ce contexte, les anticipations de baisse de taux ont été repoussées, avec un marché désormais plus prudent quant au calendrier d’assouplissement de la Fed.

En Europe, la dynamique a été plus résiliente. Les indices ont évolué de manière latérale, soutenus par des flux vers les valeurs défensives. L’attention s’est portée sur les données d’inflation préliminaires dans plusieurs pays de la zone euro, qui confirment un plateau désinflationniste mais à un rythme insuffisant pour justifier un assouplissement rapide de la politique de la BCE. Les marchés obligataires européens ont suivi le mouvement américain, avec une tension notable sur le Bund allemand repassé au-dessus de la barre des 3% en fin de semaine (plus revu en clôture depuis 2011). Le secteur de l’énergie a été un soutien clé, porté par la remontée des prix du pétrole dans un contexte géopolitique toujours tendu au Moyen-Orient. Cette hausse a contribué à raviver les craintes inflationnistes en Europe, renforçant la prudence des investisseurs.

Suisse solide, Chine en attente

En Suisse, le franc suisse est resté ferme, reflétant des flux de refuge persistants, ce qui continue néanmoins de peser sur les perspectives des exportateurs. Sur le plan monétaire, la Banque nationale suisse conserve une posture prudente, avec une attention particulière portée à l’évolution du change.

En Chine, les marchés ont évolué sans tendance claire. L’absence de nouvelles mesures de relance significatives a limité le potentiel de rebond, malgré des valorisations attractives. Les investisseurs restent dans l’attente de signaux plus tangibles de soutien budgétaire et monétaire. Les données d’activité publiées restent contrastées, confirmant une reprise fragile et inégale.

Au cours d’une nouvelle semaine mouvementée, le S&P 500 se replie de 2,12% signant une cinquième semaine consécutive de baisse. Le Nasdaq lui entre en territoire de correction (-10% depuis le pic) en se contractant de 3,23%. Une fois n’est pas coutume, l’Euro Stoxx 50 reste pratiquement stable à 0,08% et le SMI progresse de 2,02%.

Les marchés resteront focalisés sur l’évolution du conflit en Iran en particulier aux questions d’accès au détroit d’Ormuz puisque les cours de l’énergie et par extension les anticipations d’inflation influenceront les révisions de politiques monétaires des principales banques centrales. La trajectoire des taux reste le principal déterminant à court terme. La tension du marché obligataire fragilise les valorisations actions, en particulier sur les segments de croissance.

L’essentiel en bref

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