Un énième ultimatum – Flash boursier de Bonhôte

Karine Patron, Pierre-François Donzé, Julien Staehli, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

2 minutes de lecture

La menace explicite de frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes a ravivé les craintes d’un choc pétrolier.

La semaine écoulée a été entièrement dictée par les évolutions géopolitiques au Moyen-Orient, avec un marché oscillant entre espoir de désescalade et risque d’aggravation majeure. Les actifs risqués ont rebondi en début de période avant de subir un regain de volatilité en fin de semaine, à la suite d’un durcissement du ton américain vis-à-vis de l’Iran.

Géopolitique: le catalyseur principal des marchés

Les marchés ont initialement été soutenus par des signaux convergents en faveur d’un cessez-le-feu. Des déclarations simultanées de Washington et de Téhéran ont laissé entrevoir une possible résolution du conflit à court terme, déclenchant un fort rebond des actifs risqués, en particulier sur les segments les plus sensibles au cycle. Cependant, ce scénario a été fragilisé en fin de semaine. Trump a posé un nouvel ultimatum à l’Iran concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, avec une échéance fixée à lundi, puis mardi soir. La menace explicite de frappes sur les infrastructures énergétiques iraniennes a ravivé les craintes d’un choc pétrolier. En parallèle, les attaques de la milice Houthi contre Israël ont confirmé l’absence de désescalade réelle sur le terrain, maintenant une prime de risque géopolitique élevée sur les marchés énergétiques et actions.

États-Unis: données macro-économiques robuste

Des données macro-économiques plus robustes qu’attendues sont venues soutenir le discours attentiste de la Fed. Le marché du travail a surpris positivement avec 178’000 créations d’emplois en mars (contre 65’000 attendues), des demandes hebdomadaires d’allocations chômage en recul à 202’000 (contre 212’000 attendues) et un taux de chômage en légère baisse à 4,3% (contre 4,4% attendu). Ces données confirment la résilience relative de l’économie américaine, malgré un environnement externe incertain. Par ailleurs, la communication de Jerome Powell a contribué à recalibrer les anticipations de taux. Le discours reconnaissant l’inefficacité des hausses de taux face à un choc pétrolier a conduit à une révision nette des attentes de marché: les anticipations de resserrement supplémentaire ont quasiment disparu.

Europe: pression inflationniste et biais restrictif confirmé

En zone euro, la dynamique macro est dominée par le retour de l’inflation énergétique. L’inflation allemande a atteint 2,8% en mars contre 2,0% en février, tandis que l’inflation agrégée de la zone euro s’est établie à 2,5%, légèrement en dessous des attentes (2,6%) mais au plus haut depuis janvier 2025. Le taux de chômage est lui ressorti à 6,2% en février, au-dessus des attentes (6,1%), suggérant un début de dégradation du marché du travail. Dans ce contexte, la BCE maintient une posture restrictive. Les autorités monétaires ont clairement signalé leur volonté de contenir les effets de second tour liés à l’énergie, ancrant les anticipations de hausses de taux dès le deuxième trimestre.

Les indices boursiers américains ont prolongé leur rebond initié fin mars. Le Nasdaq progresse de 5% tandis que le S&P 500 gagne 3,82%, portés par les valeurs technologiques et cycliques. Les marchés européens ont bénéficié du rebond global des actions, le Stoxx Euro 50 progressant de 2,28%, mais restent structurellement plus exposés au risque énergétique et au durcissement monétaire. En Suisse, le SMI reprend aussi quelques couleurs en clôturant la semaine à +2,69%.

Sur la semaine à venir, l’échéance de l’ultimatum américain sur le détroit d’Ormuz constitue le principal catalyseur du marché qui résonne de manière binaire: en cas de désescalade rapide au Moyen Orient, le rallye actions pourrait se poursuivre avec une rotation vers les cycliques et une compression des primes de risque. En revanche si la situation venait à se détériorer encore, les risques de choc pétrolier et de remontée de l’inflation pourrait peser sur les actifs risqués.

L’essentiel en bref

A lire aussi...