Cessez-le-feu en Iran: répit fragile – Flash boursier de Bonhôte

Julien Staehli, Karine Patron, Pierre-François Donzé, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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Les contraintes d’approvisionnement énergétique persistent et continuent d’alimenter un choc inflationniste global.

La semaine a commencé par une nouvelle encourageante avec l’annonce d’un cessez-le-feu de 15 jours entre les Etats-Unis et l’Iran, intervenue après quarante jours de conflit. Ce développement a déclenché un rebond technique marqué des actifs risqués, tandis que le pétrole refluait sous les 100 dollars le baril. Ce mouvement s’est toutefois inscrit dans un cadre fragile: la trêve n’étant que partiellement respectée et le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est resté fortement perturbé. Le rebond des marchés traduit davantage un soulagement tactique qu’un regain de confiance des marchés. Les contraintes d’approvisionnement énergétique persistent et continuent d’alimenter un choc inflationniste global.

États-Unis: inflation et attentisme monétaire

Les données macroéconomiques américaines confirment une résurgence des tensions inflationnistes. L’indice ISM services des prix payés bondit à 70,7 (contre 67 attendu et 63 le mois précédent), la plus forte progression mensuelle en treize ans, signalant une diffusion rapide des pressions de coûts. Parallèlement, l’inflation annuelle atteint 3,3%, portée principalement par la hausse des prix de l’énergie. L’indice PCE, indicateur clé de la Réserve fédérale, ressort conforme aux attentes, ce qui n’altère pas le scénario de statu quo monétaire. En effet, les minutes de la Fed confirment une institution contrainte entre un risque inflationniste ravivé et un ralentissement économique latent. Cette asymétrie limite toute capacité d’assouplissement à court terme. Les taux longs repartent à la hausse en fin de semaine, traduisant l’incertitude persistante autour de l’équilibre inflation-croissance. Dans ce contexte, le marché actions américain entre dans la saison des résultats avec des attentes élevées, malgré une dégradation du cadre macroéconomique. Ce décalage constitue un risque de correction en cas de déception.

Europe: pivot politique en Hongrie

La victoire de Peter Magyar aux législatives hongroises, avec une majorité parlementaire écrasante marque un basculement politique et met fin à 16 ans de tensions entre Budapest et Bruxelles. Ce changement représente surtout l’espoir d’unité politique permettant de renforcer la crédibilité des mécanismes de gouvernance de l’UE, la Hongrie ayant été un facteur de blocage récurrent. Pour l’Ukraine les implications sont concrètes puisqu’un déblocage progressif des fonds européens jusqu’ici gelés devient probable. Pour les marchés, cet événement améliore marginalement le profil de risque européen dans un environnement dominé par le choc énergétique. En revanche, l’impact macroéconomique immédiat reste limité car les anticipations de politique monétaire demeurent contraintes par les tensions inflationnistes liées à l’énergie, maintenant un biais restrictif pour la BCE.

Aussi temporaire soit-il, l’enthousiasme provoqué par l’annonce d’une trêve au Moyen-Orient aura eu le mérite de permettre un rebond marqué des indices boursiers, le S&P 500 reprenant 3,56% et le Nasdaq 4,68%. En Europe, l’Euro STOXX 50 remonte de 3,03% alors que le SMI gagne timidement 0,86%. La semaine à venir testera la solidité du cessez-le-feu au Moyen-Orient alors que les premiers rapports financiers américains marqueront le début de la saison des résultats.

L’essentiel en bref

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