Les Bourses asiatiques étaient de nouveau tirées jeudi par les valeurs tech, dans des marchés digérant sans euphorie des résultats meilleurs qu’attendu du géant américain des puces Nvidia, tandis que l’or et le pétrole restent suspendus aux discussions autour de l’Iran.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a grimpé en clôture de 0,29% à 58’753,39 points, et l’indice élargi Topix de 0,97% à 3880,34 points.
La Bourse de Séoul a bondi de 3,67%, Sydney a gagné 0,51%, mais l’indice hongkongais Hang Seng cédait 0,96% vers 07h30. Taipei a terminé stable.
A Tokyo et Séoul, les valeurs tech étaient de nouveau à la fête à la suite d’une solide performance de Wall Street la veille, confirmant le soulagement des investisseurs après des semaines d’un regain d’inquiétudes sur l’IA et les secteurs qu’elle affecte.
«L’annonce des résultats de Nvidia, très attendue, a été bien accueillie, les résultats de l’entreprise ayant dépassé les attentes du marché», commente Keita Yamaguchi, de Monex Securities.
Le groupe américain a fait état mercredi, après la clôture de la Bourse new-yorkaise, d’un bénéfice net en hausse de 94% sur un an, supérieur aux anticipations des analystes, son patron évoquant une demande de capacités pour l’IA en «croissance exponentielle».
Dans ce contexte, «les achats de valeurs liées aux semi-conducteurs (sur les places asiatiques) devraient se poursuivre», soulignent les experts de Tokai Tokyo Intelligence, tout en mettant en garde contre le risque de «surchauffe du marché».
De fait, aucune euphorie particulière n’était perceptible, certains titres tech piquant du nez à Tokyo après leurs récents gains.
Mais le champion nippon des investissements tech SoftBank a pris 3,98%. Et à Séoul, les champions sud-coréens des puces mémoires Samsung Electronics et SK Hynix, poids lourds de la cote, ont tous deux flambé de plus de 7%, accélérant encore leur ascension.
Autre coup de pouce pour la Bourse de Tokyo: l’affaiblissement du yen de mercredi qui favorisait les valeurs des groupes exportateurs.
Le yen souffle, la BoJ interroge toujours
Après avoir trébuché ces deux derniers jours, la devise japonaise reprenait son souffle: vers 07h30, elle gagnait 0,21% à 156,03 yens pour un dollar.
A la suite d’informations de presse selon lesquelles la Première ministre Sanae Takaichi se serait alarmée de nouvelles hausses de taux auprès du gouverneur de la Banque du Japon, la devise avait encore bu la tasse mercredi après la nomination de deux économistes considérés comme des «colombes» au conseil de la BoJ.
«Bien que les marchés anticipent encore largement une hausse des taux dès avril, ces informations ont incité les investisseurs à parier davantage sur un possible report du resserrement monétaire», expliquent les analystes de Standard Chartered.
«Des déclarations accommodantes de la Banque du Japon pourraient entraîner une nouvelle baisse du yen», préviennent-ils.
L’or grimpe encore, les tensions géopolitiques persistent
L’or continuait de grimper jeudi, toujours poussé par les incertitudes sur la politique douanière américaine et par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les investisseurs n’écartant pas la possibilité d’une intervention militaire américaine en Iran.
Une troisième session de négociations est prévue jeudi à Genève (Suisse) entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire iranien, mais le président américain Donald Trump a d’ores et déjà accusé l’Iran de poursuivre ses «sinistres ambitions nucléaires».
A Washington, le ministère des Finances a également adopté de nouvelles sanctions contre quatre Iraniens, des sociétés et douze navires, destinées à affaiblir la République islamique.
Dans ce contexte, l’or gagnait 0,58% vers 07h30 à 5194 dollars l’once.
Et le marché pétrolier s’affichait lui aussi en petite hausse, suspendu aux risques de déstabilisation de l’offre de brut au Moyen-Orient.
Le baril de WTI nord-américain prenait 0,14% à 65,51 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,17% à 70,98 dollars.