Les marchés boursiers ont reculé vendredi en Asie, affectés par le regain de tensions entre l’Iran et les Etats-Unis et la crainte d’une intervention américaine, dont la perspective continue de faire grimper les prix du pétrole.
Pétrole renforcé, l’Iran inquiète
Vers 06h30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,86% à 67,00 dollars, et le baril de Brent de la mer du Nord prenait 0,77% à 72,21 dollars.
Le marché pétrolier confortait ses gains, après avoir de nouveau bondi à un plus haut niveau depuis six mois lors des échanges américains, les inquiétudes géopolitiques persistant autour de la situation iranienne.
Le président américain Donald Trump a dit jeudi se donner «dix jours» pour décider si un accord avec l’Iran était possible, avertissant que dans le cas contraire, «de mauvaises choses» se produiraient.
«Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran», avait estimé la veille la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
«L’armée américaine a déployé des porte-avions, des avions de chasse et des pétroliers ravitailleurs au Moyen-Orient», observe Michael Wan, de la banque MUFG.
«Le renforcement et le déploiement militaires observés jusqu’à présent sont sans précédent depuis 2003 et surpassent largement le déploiement militaire ordonné par Trump au large des côtes vénézuéliennes quelques semaines avant la destitution du président Nicolas Maduro», insiste-t-il.
Dans ce contexte, «les craintes de perturbations de l’approvisionnement, en particulier dans le détroit d’Ormuz, ont entraîné une prime de risque dans les prix du pétrole», ajoutait jeudi Phil Flynn, de The Price Futures Group.
Une escalade militaire dans la zone fait planer un risque sur les installations pétrolières en Iran, qui compte parmi les dix principaux producteurs de brut, mais surtout celui d’une paralysie du détroit d’Ormuz par lequel transite 20% du pétrole mondial.
Valeur refuge, l’or profitait des incertitudes au Moyen-Orient: il gagnait 0,55% vers 06H30 à 5.023 dollars l’once.
L’alarme contamine les Bourses
Parallèlement au bond des cours énergétiques, les marchés boursiers s’avèrent eux aussi affectés par cet avivement des tensions géopolitiques.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a perdu en clôture 1,11% à 56.825,70 points, et l’indice élargi Topix 1,13% à 3.808,48 points.
De même, si la Bourse de Séoul a résisté (+2,31%), portée par la tech, d’autres marchés ont ployé, à l’instar de Sydney (-0,05%), tandis que l’indice hongkongais Hang Seng lâchait 0,62% vers 06H30 GMT.
Les places de Chine continentale et de Taipei restaient fermées pour les congés du Nouvel an lunaire.
Les tensions renouvelées autour de l’Iran menacent de compromettre le rebond qui s’esquissait sur les Bourses asiatiques après des semaines de forte volatilité, alimentée par les craintes liées à l’intelligence artificielle (IA).
«Les marchés restent prudents, le risque d’escalade demeure. Il apparaît essentiel de se prémunir (...) : il est naturel que les investisseurs s’inquiètent, car la situation pourrait dégénérer», souligne Nick Twidale, analyste d’AT Global Markets.
Par ailleurs, après l’annonce d’un net ralentissement de l’inflation au Japon (hors produits frais) à 2%, la devise nippone cédait 0,12% à 155,20 yens pour un dollar.
Sumitomo Pharma plonge après un feu vert à un traitement-phare
Le géant pharmaceutique Sumitomo Pharma a vu son titre dévisser de 15,6% à la Bourse de Tokyo, les investisseurs empochant des bénéfices après un très attendu feu vert des régulateurs à un traitement innovant.
Un panel d’experts gouvernementaux au Japon a accordé une approbation de principe à des projets de production et commercialisation de produits de médecine régénérative par cellules souches contre des maladies cardiaques et Parkinson, ont indiqué jeudi des médias nippons.
«L’annonce de l’approbation rapide pourrait entraîner des prises de bénéfices à court terme», ont jugé les analystes de Morgan Stanley MUFG, cités par Bloomberg. L’anticipation du feu vert avait déjà fortement fait grimper le titre ces dernières semaines.