Les cours du pétrole continuent de se renforcer jeudi après avoir bondi la veille face aux déclarations américaines vis-à-vis de l’Iran, l’or profitant lui de son statut de valeur refuge, tandis qu’une partie des Bourses asiatiques restaient fermées pour le Nouvel an lunaire.
Vers 07h30, le baril de WTI nord-américain gagnait 0,37% à 65,43 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord 0,23% également à 70,51 dollars.
Les prix de l’or noir confortaient leur progression après s’être envolés de plus de 4% mercredi après des déclarations de Washington.
«Il existe de nombreuses raisons et arguments en faveur d’une frappe contre l’Iran», a déclaré Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche. La veille, le vice-président américain JD Vance avait noté que les divergences persistaient avec Téhéran sur les «lignes rouges» américaines.
Et ce alors que les Etats-Unis mettent en place dans la région une imposante force de frappe, avec des navires et avions de guerre par dizaines.
Le principal risque en cas d’escalade militaire est celui du blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% de la production mondiale d’or noir, mais aussi le sort des infrastructures d’hydrocarbures de l’Iran, l’un des dix premiers producteurs de pétrole au monde.
«Le prix du brut a franchi la barre des 70 dollars après la fermeture partielle du détroit d’Ormuz par l’Iran lors d’exercices navals. La géopolitique est un domaine où tout peut arriver», a commenté jeudi Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.
Et l’or, traditionnelle valeur-refuge face aux incertitudes, «a bondi au-delà des 5000 dollars l’once suite aux informations de presse selon lesquelles l’administration américaine se rapproche d’une confrontation majeure avec l’Iran», a-t-il ajouté, y voyant «une stratégie de couverture du risque extrême en temps réel».
L’or grimpait jeudi de 0,55% à 5004 dollars l’once.
Les investisseurs digéraient par ailleurs le compte rendu de la dernière réunion («minutes») de la banque centrale américaine (Fed), dont certains membres se montrent réticents à baisser les taux et n’excluent pas un possible relèvement à l’avenir, en fonction de l’inflation.
La Bourse de Tokyo en petite hausse, Séoul bondit
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a grimpé en clôture de 0,56% à 57’467,83 points, et l’indice élargi Topix de 1,18% à 3852,09 points.
La Bourse de Séoul a rouvert après trois jours de fermeture pour les congés du Nouvel an lunaire: l’indice Kospi a bondi de 3,09%. Sydney a gagné 0,88%. Mais Taipei, Hong Kong et les places de Chine continentale restaient fermées.
«Tous les indices à Wall Street ont progressé mercredi, tirée par (le champion des puces) Nividia, avec une forte performance des titres liées aux semiconducteurs et à la technologie, de quoi ouvrir la voie à une séance positive à Tokyo», a commenté Keita Yamaguchi, de Monex Securities.
Ainsi, les actions du secteur des puces électroniques se sont envolées également sur la place japonaise, à l’image de Disco Corp (+3,11%) ou de Tokyo Electron (+2,85%). A Séoul aussi, les valeurs tech, poids lourds de l’indice, menaient la danse, Samsung Electronics flambant de plus de 4%.
Pour autant, la prudence subsiste: «des prises de bénéfices sont susceptibles de se produire dès lors que le Nikkei passe la barre des 57’500 points», avertit Keita Yamaguchi.
Soulagement sur la dette japonaise
Vers 07h30, la devise japonaise cédait 0,2% à 155,09 yens pour un dollar.
Le marché obligataire marquait lui un certain soulagement, que traduisait un repli du rendement des obligations souveraines japonaises à long terme, après une adjudication de dette à échéance 20 ans par Tokyo.
«Cette vente a été un succès. L’adjudication a été soutenue par une forte demande de couverture (...) ainsi que par les anticipations de rééquilibrage des portefeuilles des fonds de pension, dans un contexte de hausse des cours boursiers», a déclaré Miki Den, stratégiste de SMBC Nikko Securities cité par Bloomberg.
Le marché avait été récemment plombé par les craintes de dérapages budgétaires face aux promesses de cadeaux fiscaux de la Première ministre Sanae Takaichi, qui avaient fait bondir les rendements obligataires à des niveaux records. Mme Takaichi a assuré mercredi vouloir mener «une politique budgétaire responsable»