Le pétrole tente de se reprendre mardi dans un marché suspendu aux discussions que Washington assure avoir reprises avec Téhéran, tandis que le yen conserve ses gains après avoir été dopé par une intervention conjointe des Etats-Unis et du Japon sur le marché des changes.
Pétrole nerveux
Donald Trump a affirmé lundi que des négociations avec l’Iran avaient lieu «en ce moment même», malgré le démenti de Téhéran peu auparavant. Le président américain a affirmé que ces discussions représentaient «la dernière chance» pour le pays d’obtenir un bon accord.
La perspective d’une reprise de dialogue entre les deux belligérants avait fait chuter les prix du pétrole d’environ 5% lundi. Mais face aux démentis de l’Iran et à l’incertitude persistante, le marché marquait le pas mardi en début d’échanges asiatiques.
Vers 06h30 GMT, le prix du baril de WTI nord-américain grimpait de 0,56% à 80,79 dollars.
Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, gagnait 1,21% à 84,78 dollars.
Il avait brièvement dépassé 100 dollars fin juillet, lorsque la reprise des hostilités a provoqué une rechute de la navigation dans le stratégique détroit d’Ormuz ainsi qu’une hausse des risques en mer Rouge.
Désormais, les investisseurs font preuve d’attentisme, mais «le risque d’une flambée des tensions entre les États-Unis et l’Iran semble, pour l’instant, relégué au second plan», note Kathleen Brooks, analyste de XTB.
Et les yeux sont rivés sur le détroit d’Ormuz, où circulait avant le conflit un cinquième du brut mondial, et qui se voit de nouveau verrouillé par l’Iran.
«Ce scénario de hauts et de bas pourrait perdurer. L’Iran ne cherche pas l’escalade mais souhaite maintenir la tension, et d’autres attaques» susceptibles de faire rebondir les cours «suivront ce repli du marché. Nous avons déjà connu cette situation», prévient cependant Carolyn Kissane, du Center for Global Affairs de l’université de New York, citée par Bloomberg News.
Le yen toujours raffermi
Vers 06H30, la monnaie japonaise s’échangeait à 157,74 yens pour un dollar, conservant une grande partie de ses gains après l’intervention conjointe de Tokyo et Washington vendredi sur le marché des changes.
Les deux pays se sont entendus pour racheter massivement des yens sur le marché et donc muscler la valeur de la devise, alors que le yen avait récemment glissé à son plus bas niveau en 40 ans face au billet vert.
Pour autant, «les facteurs fondamentaux à l’origine de la faiblesse du yen demeurent bien présents. Les taux d’intérêt américains restent nettement supérieurs à ceux du Japon, incitant les investisseurs à placer leurs capitaux dans des actifs offrant un meilleur rendement», avertit Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
«Une intervention peut influer sur le cours de la devise, mais ne modifie pas ces fondamentaux. A moins que l’écart de taux d’intérêt ne se réduise - soit par un nouveau resserrement monétaire de la Banque du Japon, soit par une orientation plus accommodante de la Réserve fédérale américaine -, l’histoire suggère qu’il est peu probable que la tendance de fond s’inverse durablement», juge-t-elle.
Et les inquiétudes croissantes sur la politique budgétaire d’un Japon déjà très endetté, tout comme la facture énergétique du pays --très dépendant des importations d’hydrocarbures et confronté à la flambée des cours du pétrole-- pèsent également sur le yen.
Tokyo et Washington ont assuré lundi être prêts à soutenir à nouveau la devise si besoin. Les Etats-Unis ont intérêt à renforcer le yen pour rééquilibrer les échanges, éviter des déstabilisations financières et dissuader le Japon de vendre massivement la dette américaine qu’il détient.
Hausse prudente des Bourses d’Asie
Les Bourses asiatiques ont connu des sorts contrastés, celle de Tokyo digérant un yen renforcé – qui pèse sur les titres des groupes exportateurs –, tandis que Séoul a souffert de la volatilité persistante des valeurs technologiques, poids-lourds de la cote.
A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé en hausse de 0,31% à 63’957,53 points.
A Séoul, l’indice Kospi a longtemps évolué en recul avant d’inverser la tendance et de clôturer en hausse de 1,62% à 6358 points. Taipei a cédé 0,06%, et l’indice hongkongais Hang Seng lâchait 0,80% vers 06h30 GMT.
Les marchés européens ont pour leur part ouvert en légère hausse.