Le pétrole grimpe mercredi après le lancement d’une nouvelle salve de frappes américaines en Iran et alors que le marché s’inquiète des menaces sur le trafic en mer Rouge, les Bourses d’Asie restant suspendues aux soubresauts de la tech.
Vers 06h30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, référence du marché mondial, progressait de 2,02% à 92,85 dollars, après s’être élevé un peu plus tôt à 92,90 dollars, un sommet depuis le 11 juin.
De son côté, le baril de WTI nord-américain, également pour livraison en septembre, montait de 2,03% à 86,05 dollars, après avoir touché son plus haut niveau depuis le 12 juin.
Les Etats-Unis ont lancé mardi une nouvelle salve de frappes en Iran pour la «onzième nuit consécutive», a annoncé l’armée américaine.
Ces frappes, qui ont débuté à 23H00 GMT, «visent à continuer à affaiblir la capacité de l’Iran à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz», a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.
Dans le même temps, le système de défense antiaérienne a été activé à Téhéran dans la nuit de mardi à mercredi, selon la télévision d’Etat iranienne.
Outre la paralysie du trafic dans le stratégique détroit d’Ormuz, par où circulait environ un cinquième du brut mondial avant le conflit, les investisseurs s’inquiètent à présent des menaces des rebelles houthis au Yémen, alliés de Téhéran, de bloquer le trafic de l’autre côté de la péninsule arabique.
Si elle était maintenue, cette menace couperait l’accès aux ports d’Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d’Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.
«Les risques liés au transport maritime s’étendent sur deux des corridors énergétiques les plus importants au monde (...) le marché pétrolier n’est plus confronté à une seule voie bloquée», constate Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.
«Le trafic en mer Rouge avait déjà commencé à diminuer avant les dernières menaces, tandis que les attaques contre les pétroliers et infrastructures régionales ajoutent une nouvelle source d’incertitude. Le marché doit prendre en compte la perte de production, mais aussi l’augmentation des coûts, des retards et des risques liés au transport», ajoute-t-il.
Les puces agitent Tokyo et Séoul
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 0,17% à 66’115,60 points, inversant la tendance après avoir évolué en hausse une partie de la séance. L’indice élargi Topix a résisté (+0,45% à 4033,13 points).
A Séoul, l’indice Kospi a progressé de 0,74%, effaçant l’essentiel de ses gains après avoir bondi d’environ 6% en séance.
La Bourse de Taipei a monté de 1,34%, Sydney de 0,34%, et l’indice hongkongais Hang Seng cédait en revanche 1,16% vers 06h30 GMT.
Les places de Tokyo et Séoul ont été initialement dopées par la poursuite d’un robuste rebond des titres liés aux semi-conducteurs après s’être écroulés la semaine dernière.
Mais la nervosité est vite revenue alors que les investisseurs sont dans l’attente de résultats de grands groupes américains du secteur attendus plus tard dans la semaine et censés éclairer les perspectives de l’IA.
Au début du boom boursier autour de l’IA, «les entreprises étaient récompensées pour la simple annonce de plans d’investissement ambitieux. Les dépenses d’investissement étaient perçues comme un signe d’ambition -- et un substitut aux bénéfices», abonde Stephen Innes.
«Cette équation est aujourd’hui moins favorable. Des prévisions de dépenses plus élevées peuvent encore soutenir la demande de puces, mais elles soulèvent des questions quant aux flux de trésorerie disponibles, aux besoins de financement et à la concrétisation de ce qui est déjà intégré aux valorisations. La saison des résultats est le moment où l’IA doit commencer à montrer des applications concrètes», insiste-t-il.
Sur le marché des changes, la monnaie japonaise était stable face au billet vert à 163,13 yens pour un dollar vers 06h30, ayant franchi depuis mardi la barre des 163 yens pour la première fois depuis 1986: son plus bas niveau face au dollar en quatre décennies.