Marchés en Asie : le yen proche de son plus bas en 40 ans

AWP

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A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a gagné en clôture 0,46% à 66.422,63 points. A Séoul, l’indice Kospi a bondi de 4,40%. Vers 06H30 GMT, l’indice hongkongais Hang Seng prenait 1,24%.

Les cours du pétrole grimpent jeudi sur fond d’intensification des affrontements au Moyen-Orient, où les Houthis pro-iraniens revendiquent des attaques contre des pétroliers saoudiens, tandis que le yen se maintient à des niveaux plus vus depuis 40 ans, plaçant la dette nippone sous pression accrue.

Le yen fragile, risque d’une intervention

Vers 08h30, la monnaie japonaise se stabilisait à 163,09 yens pour un dollar, restant ancrée à des niveaux plus vus depuis 1986.

Elle reste plombée par les écarts de taux entre le Japon et les Etats-Unis, malgré la perspective de resserrements monétaires exprimée par la banque centrale nippone (BoJ).

Le yen pâtit aussi du renforcement des cours du pétrole, libellés en dollars, sur fond de reprise des tensions au Moyen-Orient, alors que le Japon est très dépendant des importations d’hydrocarbures.

La flambée des prix énergétiques accroît aussi les tensions inflationnistes et la probabilité de voir la Réserve fédérale américaine (Fed) remonter encore ses taux.

Le yen «absorbe les effets de la hausse des prix du pétrole, des importants écarts de taux d’intérêt, d’une politique monétaire intérieure accommodante et d’un gouvernement qui s’efforce de soutenir la croissance sans inquiéter le marché obligataire» en dopant ses dépenses publiques, a résumé Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.

«La hausse des prix de l’énergie n’a fait qu’aggraver la situation déjà précaire» du Japon, a-t-il souligné.

Après des années de taux négatifs ou nuls, la Banque du Japon a commencé depuis 2024 à relever progressivement ses taux, mais «ce n’est pas encore suffisant pour combler l’écart avec les Etats-Unis, laissant une marge de manoeuvre importante au +carry trade+», a rappelé M. Innes.

Ce mécanisme consiste à emprunter dans une devise, dont la banque centrale pratique des taux bas, pour placer ses fonds dans une monnaie aux rendements plus élevés.

L’écart devrait subsister, même si les marchés anticipent une hausse des taux de la BoJ d’ici la fin de l’année.

Face au repli du yen, «le risque d’intervention (de Tokyo sur le marché des changes) reste élevé, bien que nous anticipions une nouvelle dépréciation du yen avant toute action des autorités» pour un dollar, ont expliqué les experts de Standard Chartered.

«Nous prendrons des mesures décisives si nécessaires», a répété jeudi la ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama.

Pour autant, alors que Tokyo avait dépensé 11.700 milliards de yens (63 milliards d’euros) en mai pour soutenir sa devise, «le yen demeure proche de son plus bas niveau en quarante ans, soulignant l’impact limité et durable des efforts précédents», avertit Standard Chartered.

Parallèlement, «il est rapporté que le gouvernement encouragera les fonds de pension à accroître leurs investissements dans les actifs financiers japonais», mais «ces interventions supplémentaires et incitations pourraient ne pas suffire à redresser le yen à court terme, surtout si la Fed relève ses taux», a complété John Higgins, analyste de Capital Economics.

«A moins d’être accompagnée d’un véritable changement de politique de la Banque du Japon, toute intervention continuera de fonctionner comme un coupe-circuit plutôt que comme un remède à la faiblesse du yen», abonde Fabien Yip, du courtier IG.

De quoi maintenir sous pression la dette nippone. Ainsi, le rendement des obligations souveraines à 2 ans a grimpé jeudi à 1,5%, au plus haut depuis 1995.

Pétrole toujours ferme

Vers 08h30, le baril de WTI nord-américain gagnait 1,61%, à 88,23 dollars. Celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, prenait 2,31%, à 96,24 dollars, à des niveaux plus vus depuis début juin.

Les rebelles houthis du Yémen, pro-iraniens, ont revendiqué des attaques en mer Rouge contre «deux pétroliers saoudiens» et l’Arabie saoudite a confirmé qu’un navire avait été touché, un nouveau front semblant s’ouvrir dans le conflit pendant que les Etats-Unis poursuivaient leurs frappes contre l’Iran.

Bourses aidées par la tech

Les Bourses asiatiques étaient de nouveau aidées jeudi par le rebond des valeurs tech, notamment les titres liés aux puces, après leur débâcle de la semaine précédente.

Le géant américain Alphabet a publié des résultats pour le deuxième trimestre meilleurs qu’attendu, tirés par le boom de l’informatique à distance (cloud), essentielle à l’intelligence artificielle (IA).

A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a gagné en clôture 0,46% à 66.422,63 points. A Séoul, l’indice Kospi a bondi de 4,40%. Vers 06H30 GMT, l’indice hongkongais Hang Seng prenait 1,24%.

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