Les Bourses mondiales évoluent sans entrain, faute de catalyseur majeur, dans une séance surtout marquée par le retour de l’instabilité politique en France, après que le Premier ministre, François Bayrou, a annoncé un vote de confiance.
A Wall Street, où les indices boursiers évoluent proches de leurs sommets, l’indice S&P 500 était stable (+0,07%) vers 16h10 GMT, tout comme le Dow Jones (-0,02%), tandis que le Nasdaq grappillait 0,19%.
En Europe, Francfort a cédé 0,50%, Londres 0,60%, tandis que Paris a reculé plus fortement de 1,70%. A Zurich, le SMI a cédé 0,37%.
La Bourse française est en effet plombée, pour la deuxième séance consécutive, par l’annonce du Premier ministre François Bayrou de solliciter le vote de confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre. Il veut faire adopter son plan d’économies budgétaires, dans le cadre des discussions sur le budget 2026, alors que le rapport de force est très défavorable à son gouvernement.
Dans ce contexte, les investisseurs retiennent «un effondrement probable du gouvernement dans une situation économique extrêmement délicate», commente Andrea Tueni, responsable de la relation clients et des activités de marchés de Saxo Banque.
Face à l’instabilité politique en France, «la question est désormais de savoir si cela pèsera plus largement sur les actifs européens ou restera une affaire proprement française», commente Fawad Razaqzada.
Sur le marché de la dette, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans, soit le taux d’intérêt auquel la France emprunte sur les marchés financiers, atteignait 3,50% et s’approchait de celui imposé à l’Italie (3,55% vers 16h00 GMT).
Si en Italie «aussi il y a un problème de dette, depuis deux ans, des mesures sont prises pour y remédier et commencent à montrer des effets positifs sur l’économie italienne», explique le responsable de Saxo Banque.
Dans ce contexte, les valeurs bancaires françaises ont été parmi les plus durement touchées: Société Générale a chuté de 6,84% à 52,00 euros, Crédit Agricole de 5,44% à 15,65 euros et BNP Paribas de 4,23% à 77,03 euros. L’assureur Axa a quant à lui abandonné 4,03% à 39,31 euros.
Tensions entre Trump et la Fed
«L’autre aspect négatif de la séance est ce qui se passe aux Etats-Unis, entre la rhétorique protectionniste de Donald Trump sur les terres rares et encore plus sur ses tensions avec la Fed qui relance le débat de l’indépendance de l’institution», résume Andrea Tueni.
Le président américain a menacé lundi la Chine d’imposer autour de 200% de droits de douane sur les produits chinois entrant aux Etats-Unis si Pékin n’accélérait pas ses exportations d’aimants en terres rares, essentiels à l’industrie automobile, l’électronique ou encore l’armement.
C’est ensuite l’annonce par Donald Trump du limogeage d’une gouverneure de la Réserve fédérale (Fed), Lisa Cook, sur des allégations de fraude pour un prêt immobilier personnel, qui a crispé les investisseurs.
Sur le marché obligataire, la réaction est toutefois contenue. Après une remontée dans la nuit, les rendements des bons de Trésor à dix ans évoluaient vers 16H00 GMT à des niveaux similaires à ceux observés lundi, autour de 4,27%. Les taux des titres à deux ans, plus sensibles aux évolutions monétaires, reculaient, à 3,69% contre 3,72% à la clôture la veille.
«Une explication pourrait être qu’il existe une forte conviction que cela échouera devant les tribunaux, car Mme Cook n’a pour l’instant été reconnue coupable d’aucun délit», estime Steve Sosnick, analyste d’Interactive Brokers.
Du côté des changes, le dollar reculait de 0,27% face à l’euro, à 1,1650 dollar pour un euro, après avoir chuté dans la nuit à la suite de cette annonce.
Sur le marché du pétrole, vers 16h00 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord cédait 2,01% à 67,42 dollars et celui du baril de WTI américain 2,13% à 63,42 dollars.