Les Bourses mondiales évoluent sans élan lundi, dans l’attente d’indicateurs économiques aux Etats-Unis, tandis que Paris a particulièrement souffert de la situation politique et budgétaire en France, dans la foulée de l’intervention du Premier ministre François Bayrou.
En Europe, Francfort a perdu 0,37% et Milan 0,19%. La Bourse de Paris a elle cédé 1,59%. A Zurich, le SMI a cédé 0,48%.
François Bayrou a annoncé qu’il solliciterait la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre, abattant une nouvelle et périlleuse carte pour faire adopter son plan d’économies budgétaires, sur fond d’appels à bloquer la France le 10 septembre.
«Tout le monde participera et les plus favorisés seront appelés à prendre leur juste part», a encore déclaré le chef du gouvernement.
«Les marchés craignent de nouvelles contributions fiscales pour les entreprises après ce discours», tandis que «la survie à son poste du Premier ministre est de moins en moins assurée», explique Vincent Juvyns, stratégiste à ING interrogé par l’AFP.
Côté obligataire, le taux d’intérêt à dix ans de l’emprunt français a grimpé, passant à 3,50%, contre 3,42% vendredi en clôture. Le taux allemand de référence a atteint lui 2,75%, contre 2,72% vendredi.
La Bourse de Londres est fermée en raison d’un jour férié (Summer Bank Holiday).
A Wall Street, après avoir terminé en forte hausse vendredi, propulsés par la perspective de baisses de taux de la Fed après un discours du président de l’institution monétaire américaine, les indices boursiers s’essoufflaient lundi.
Le Nasdaq prenait 0,30%, le S&P 500 restait stable (-0,04%) et le Dow Jones perdait 0,51%.
Lors du colloque des banquiers centraux de Jackson Hole (Wyoming), le président de la Fed, Jerome Powell, a estimé qu’une dégradation «rapide» du marché du travail aux Etats-Unis n’était pas à exclure et pourrait «justifier» une détente de la politique monétaire à l’occasion de la prochaine réunion mi-septembre.
Désormais, «la question sur les marchés est de savoir si les baisses se poursuivront lors des réunions suivantes», explique Pierre-Alexis Dumont, directeur des investissements chez Sycomore, interrogé par l’AFP.
Pour y répondre, «les investisseurs observeront des indices de stagflation (cumul d’une hausse de l’inflation et d’une croissance au ralenti: NDLR) aux Etats-Unis, provoquée par la hausse des droits de douane, qui empêcherait de poursuivre l’assouplissement monétaire», a-t-il ajouté.
Les investisseurs se concentreront donc cette semaine sur la publication jeudi de la croissance des Etats-Unis puis vendredi de l’indice PCE, qui mesure l’inflation américaine, pour le mois de juillet.
Eolien: chute d’Orsted
Le titre du groupe danois Orsted, leader du développement d’énergie éolienne offshore, a dégringolé de 16,35% à 179,10 couronnes danoises à Copenhague après que le gouvernement américain a ordonné vendredi l’arrêt des travaux sur un immense projet de parc éolien en mer au large de la côte nord-est des Etats-Unis, pourtant achevé à 80%.
Orsted a confirmé lundi la préparation d’une levée de 60 milliards de couronnes (8 milliards d’euros) via une émission de titres, pour faire face aux conséquences financières de cette décision.
Les cafés JDE Peet’s rachetés
Le géant américain des boissons non alcoolisées Keurig Dr Pepper a annoncé lundi être en passe de racheter pour 15,7 milliards d’euros le groupe agroalimentaire néerlandais JDE Peet’s, spécialisé dans le café et propriétaire entre autres des marques L’Or et Jacques Vabre.
A Amsterdam, JDE Peet’s bondissait de 17,48% à 31,18 euros.
Pinault cherche à céder Puma
La famille Pinault, qui détient via sa holding Artemis 29% des parts de Puma, cherche à les céder, selon Bloomberg. Ces informations ont fait fortement réagir le titre de l’équipementier sportif allemand, qui a pris 15,96% à Francfort.
Pétrole en hausse
Sur le marché du pétrole, vers 16h00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s’échangeait à 68,90 dollars le baril (+1,72%) et celui du WTI américain à 64,93 dollars (+1,99%).
Du côté des devises, la monnaie unique européenne reculait de 0,40% face au billet vert, à 1,1670 dollar pour un euro.