Les marchés mondiaux profitent de l’optimisme des investisseurs après l’intervention du président de la Réserve fédérale (Fed) lors du symposium des banquiers centraux de Jackson Hole, qui ouvre la porte à une baisse des taux de l’institution.
Le président de la Fed Jerome Powell s’est montré vendredi ouvert à une prochaine baisse des taux d’intérêt, une détente réclamée à cor et à cri par Donald Trump qui ne desserre pas la pression sur les banquiers centraux américains.
Une dégradation «rapide» du marché du travail américain n’est pas à exclure et pourrait «justifier» une détente de la politique monétaire, et donc des taux d’intérêt, a prévenu le patron de la Fed depuis le colloque des banquiers centraux à Jackson Hole, dans le Wyoming aux Etats-Unis.
«On sent de plus dans son discours une priorisation claire de l’objectif de plein emploi (de la Fed) par rapport à celui de stabilité des prix car sans doute pour la première fois, Jerome Powell a indiqué explicitement que les droits de douane n’auront qu’un effet passager sur l’inflation», commente Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPR AM.
Wall Street a accueilli le discours de M. Powell en fanfare, le Dow Jones prenant 2,08%, l’indice Nasdaq 2,06% et l’indice élargi S&P 500 1,68% vers 15H45 GMT.
L’Europe a également profité de l’optimisme ambiant, la Bourse de Paris terminant en hausse de 0,40%, Francfort gagnant 0,29% et Milan 0,69%. Londres a clôturé en hausse de 0,13%, touchant un nouveau record en clôture comme en séance. A Zurich, le SMI a gagné 0,19%.
L’indice Stoxx Europe 600, qui réunit les 600 plus grosses capitalisations boursières du continent, a terminé en hausse de 0,40%, frôlant son record absolu en séance et en clôture.
Une possible baisse de taux de la Fed constitue «une bonne nouvelle pour les marchés d’actions en apportant plus de liquidités», explique Grégoire Kounowski, conseiller en investissements chez Norman K.
Les rendements des bons du Trésor américain ont chuté après l’intervention de M. Powell. Le rendement à dix ans évoluait à 4,24% vers 15H45 GMT, contre 4,33% la veille. A deux ans, l’échéance la plus sensible à la politique monétaire, le taux s’établissait à 3,68%, contre 3,79% la veille.
Le dollar plongeait lui aussi face aux principales autres devises, lâchant 1,00% face à la monnaie unique, à 1,1723 dollar pour un euro, des taux plus bas étant de nature à plomber le cours d’une monnaie.
Face à la chute du dollar, valeur refuge concurrente, l’or bondissait pour sa part de 1,18%, à 3.378,21 dollars l’once.
L’intervention du patron de la Fed «a été interprétée par le marché uniquement dans un sens», celui d’une baisse des taux imminente, «alors que le message est beaucoup plus nuancé que ce que laisse penser la réaction du marché à court terme», tempère cependant M. Kounowski.
M. Powell a en effet ajouté que la banque centrale américaine se trouve dans une «situation délicate» car les nouveaux droits de douane mis en place par l’exécutif américain commencent dans le même temps à se répercuter sur les prix payés par les consommateurs au risque de raviver l’inflation.
L’optimisme autour de l’Ukraine retombe
Malgré les efforts diplomatiques déployés ces dernières semaines autour du dossier ukrainien, l’optimisme des investisseurs, qui espéraient un accord de cessez-le-feu entre Kiev et Moscou en Ukraine, se heurte à des blocages.
Donald Trump, qui peine à réunir comme il l’a promis le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et son homologue russe, Vladimir Poutine, a lancé vendredi que cela équivalait à mélanger «de l’huile et du vinaigre».
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a accusé vendredi M. Zelensky d’être à l’origine du blocage dans l’organisation d’une éventuelle rencontre avec Vladimir Poutine, au lendemain de critiques similaires du dirigeant ukrainien envers Moscou. Il a précisé qu’il n’y avait, à ce stade, «pas de rencontre prévue» entre les deux dirigeants.
Les perspectives de paix s’éloignant, les valeurs de la défense européenne se sont reprises. A Francfort, Rheinmetall a terminé en hausse de 0,87%, Thyssenkrupp de 0,57% et Hensoldt de 3,65%. Saab a gagné 1,81% à Stockholm et Leonardo 0,68% à Milan. A Paris, Thales a pris 0,43%.