Les marchés européens entre politique de la Fed et droits de douane

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Paris termine en baisse de 0,44%, quand Londres (+0,23%) et Milan (+0,35%) clôturent en terrain positif. Francfort reste stable, à +0,07%. A Zurich, le SMI cède 0,28%.

Les bourses mondiales restent atones jeudi, les investisseurs tentant d’anticiper la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et à la veille d’une intervention de son président à Jackson Hole, et digérant les termes de l’accord commercial entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

A Wall Street, vers 16H00 GMT, le Dow Jones, l’indice Nasdaq et l’indice élargi S&P 500 reculaient tous les trois de 0,44%.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,44%, quand Londres (+0,23%) et Milan (+0,35%) ont clôturé en terrain positif. Francfort est restée stable, à +0,07%. A Zurich, le SMI a cédé 0,28%.

«Les investisseurs continuent actuellement de manquer totalement d’incitations à l’achat», commente Andreas Lipkow, analyste indépendant.

Le marché a les yeux rivés sur le colloque des banquiers centraux s’ouvrant jeudi à Jackson Hole (Wyoming).

«La réunion de trois jours des banquiers centraux doit débuter plus tard dans la journée, et les investisseurs suivront de près le discours du président de la Fed, Jerome Powell, vendredi, pour obtenir des indications sur une possible baisse des taux d’intérêt en septembre» et dans les prochains mois, commente Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

«C’est l’une des dernières banques centrales qui n’est pas dans une phase d’assouplissement monétaire significatif», relève Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.

La Fed fait face à la pression du président Donald Trump pour baisser ses taux afin de soutenir l’activité.

Mais elle temporise toujours, attendant d’en savoir davantage sur les conséquences sur la première économie mondiale des droits de douane imposés par Donald Trump, pour prendre une décision.

La plupart des gouverneurs ont d’ailleurs affiché leur prudence pour la suite dans les «minutes», un résumé de la réunion de juillet publié mercredi, se disant prêts à «ajuster la position économique si des risques apparaissent venant contrecarrer les objectifs» de l’institution.

La banque centrale américaine doit à la fois maintenir l’inflation proche de 2% sur le long terme et surveiller le marché de l’emploi.

Les «minutes» révèlent «une attention continue portée à l’inflation», plus importante que celle accordée au chômage, soulignent les experts de Natixis, ce qui signifie que les responsables de la Fed continuaient de penser qu’un maintien des taux pourrait être justifié.

Et ce, «d’autant plus que les droits de douane brouillent la frontière entre chocs temporaires sur les prix et pressions structurelles», souligne John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.

Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à dix ans était stable à 4,34%, contre 4,29% à la clôture mercredi. A deux ans, l’échéance la plus sensible aux évolutions de politique monétaire, le taux était de 3,80%, contre 3,75% la veille.

Côté changes, le billet vert prenait 0,41% face à la monnaie unique, à 1,1603 dollar pour un euro vers 16H00 GMT.

Les spiritueux européens déçus

Les droits de douane américains ont également capté une partie de l’attention sur la séance. L’Union européenne n’a pu obtenir d’exemption pour le secteur du vin, qui sera taxé à 15% à son entrée aux Etats-Unis, a annoncé jeudi le commissaire européen Maros Sefcovic. De quoi pousser les valeurs européennes du secteur dans le rouge.

Une exemption de droits de douane pour les vins et spiritueux était vivement réclamée, en particulier en France et en Italie.

A Paris, le géant Pernod Ricard a terminé en baisse de 1,80% , Rémy Cointreau a chuté de 1,77% et LVMH, qui détient la maison Hennessy, a reculé de 1,73%. A Milan, Campari a perdu 1,55%.

L’automobile allemande attentiste

Par ailleurs, les voitures et produits pharmaceutiques européens seront bien taxés à 15% à leur entrée aux Etats-Unis, contre 27,5% précédemment, selon un communiqué commun publié par l’Union européenne et l’administration Trump.

Les valeurs automobiles allemandes ont terminé sans entrain, Volkswagen (-0,15%), Mercedes Benz (+0,22%), Porsche (-0,04%) et BMW (-0,42%) restant attentistes à Francfort.

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