Les bourses mondiales évoluent mercredi dans l’attente de la réunion des banquiers centraux de Jackson Hole, sur fond de chute des valeurs technologiques en raison des doutes croissants sur la rentabilité des investissements dans l’IA.
En Europe, Francfort a perdu 0,60%, Milan 0,36%, Paris est restée stable (-0,08%) et Londres a pris 1,08%. A Zurich, le SMI a gagné 0,52%.
A Wall Street, vers 15H50 GMT, le Dow Jones cédait 0,17% et le S&P 0,71%. Le Nasdaq plongeait de 1,33%, emporté par la chute des valeurs technologiques.
«La séance est dominée par l’attentisme, on patiente avant la réunion de Jackson Hole», explique à l’AFP Lionel Melka, gérant chez Swann Capital.
Le colloque de Jackson Hole (Wyoming) rassemble plusieurs banquiers centraux des grandes économies mondiales à partir de jeudi. Le discours du président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Jerome Powell, vendredi, sera particulièrement scruté.
Ce dernier fait en effet «face à la pression» de l’administration Trump «pour baisser les taux dans un contexte de marché du travail qui s’affaiblit», signe que l’économie américaine pourrait s’essouffler, souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.
Il n’a pour l’instant pas cédé, déclarant attendre d’en savoir davantage sur les conséquences des droits de douane imposés par Donald Trump sur la première économie mondiale pour prendre une décision.
Une hausse des prix trop importante, causée par ces taxes sur les produits importés, empêcherait la Fed de mener une politique d’assouplissement monétaire ambitieuse pour soutenir l’activité, car potentiellement inflationniste.
Dans ce contexte, vers 15H50 GMT, le taux d’intérêt de l’emprunt américain à 10 ans atteignait 4,29%, contre 4,31% la veille en clôture. A deux ans, l’échéance la plus sensible aux évolutions de la politique monétaire, il s’établissait à 3,72%, contre 3,75%.
Côté change, le billet vert était stable (-0,05%), à 1,1650 dollar pour un euro.
La tech continue de chuter
Les grands noms de la tech chutent sur les marchés depuis mardi, en raison de «doutes croissants sur la pérennité de la vague d’IA», qui porte depuis plusieurs mois la hausse des indices boursiers, explique Ipek Ozkardeskaya.
L’un des éléments déclencheurs a été la publication en début de semaine d’un rapport du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ayant relativisé la rentabilité pour les entreprises des investissements dans l’IA.
Une interview vendredi de Sam Altman, patron d’OpenAI, dressant un parallèle entre l’engouement autour de l’intelligence artificielle en Bourse et l’explosion de la bulle internet en 2000, a elle aussi assombri l’humeur des investisseurs.
Mercredi, les «Sept Magnifiques», le surnom donné aux géants américains du secteur technologique, continuaient de reculer. Alphabet perdait 1,40%, Amazon 1,79%, Meta 1,25%, Apple 1,51%, Microsoft 0,65%, Nvidia 1,59% et Tesla 2,61%.
Palantir plongeait de 4,76% à 150,21 dollars. Le titre souffre depuis plusieurs jours de la publication d’un rapport du vendeur à découvert américain Citron Research qui estime que l’action ne valait «pas plus que 40 dollars».
Les valeurs technologiques européennes suivent la tendance: à la Bourse de Paris, Soitec a perdu 1,96% et STMicroelectronics 0,81%. Infineon a reculé de 1,62% et SAP de 1,33% à Francfort.
L’Ukraine en ligne de mire sur le marché du pétrole
Côté pétrole, vers 15H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,36% à 66,69 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, gagnait 1,26% à 63,14 dollars.
Les investisseurs surveillent les éventuels progrès diplomatiques vers la paix en Ukraine. Un apaisement de ce conflit pourrait entraîner un assouplissement des sanctions sur le secteur pétrolier russe.
Les chefs d’état-major des armées de l’Otan se réunissent mercredi en visioconférence pour évoquer le conflit en Ukraine, dans le cadre des discussions entre les alliés de Kiev sur les garanties de sécurité à offrir en cas d’accord de paix avec Moscou.
Le président américain avait reçu lundi son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, trois jours après avoir déroulé le tapis rouge en Alaska pour Vladimir Poutine.