Les bourses mondiales évoluent sans entrain lundi, dans une séance calme au début d’une semaine riche en publications macroéconomiques, dont l’activité manufacturière en zone euro et l’inflation aux États-Unis.
A Wall Street, après une clôture à des niveaux records vendredi, le Dow Jones gagnait quelque 0,05%, l’indice Nasdaq prenait 0,25% et l’indice élargi S&P 500 0,14% vers 15H45 GMT.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,30%, Francfort de 0,48%, quand Londres a gagné 0,11% et Milan 0,26%.
«Les marchés sont un peu plus en retrait et cherchent des catalyseurs pour continuer une éventuelle progression», commente Andrea Tueni, responsable de la relation clients et des activités de marchés de Saxo Banque.
Cette semaine, les investisseurs prêteront attention aux premières publications macroéconomiques depuis la baisse des taux décidée par la Banque centrale américaine (Fed) la semaine dernière, qui devraient permettre d’évaluer la solidité de la première économie mondiale.
«Le chiffre le plus attendu reste l’indice PCE vendredi, mesure d’inflation préférée de la banque centrale, qui devrait rester stable autour de 2,8%» sur un an, note John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Les baromètres d’activité manufacturière (PMI) retiendront aussi l’attention mardi. En Europe, «les investisseurs chercheront à déterminer si l’activité manufacturière allemande, en contraction depuis plus de trois ans, commence enfin à se stabiliser», détaille M. Plassard.
Les visas américains pèsent sur la tech
Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB, relève le recul de «certaines valeurs technologiques» comme Amazon (-1,00% vers 15H45 GMT à Wall Street) et Microsoft (-0,70%) «alors que le marché digère le projet du président Trump d’imposer 100.000 dollars de frais pour chaque nouvelle demande de visa H-1B».
Les visas H-1B - dont les trois quarts des candidats approuvés sont des ressortissants indiens - permettent à des travailleurs étrangers aux qualifications précises (scientifiques, ingénieurs et programmateurs informatiques entre autres) de venir travailler aux Etats-Unis. Ces permis de travail sont d’une période initiale de trois ans, prolongeable à six ans.
«Amazon et Microsoft figurent parmi les principaux utilisateurs de ces visas, et la crainte est qu’ils peinent à attirer de nouveaux talents étrangers, ce qui pourrait à terme peser sur leur productivité», note Mme Brooks.
L’américain Pfizer rachète Metsera
Le laboratoire Pfizer va racheter la biotech Metsera pour au moins 4,9 milliards de dollars, mettant la main sur ses médicaments en développement contre l’obésité, ont annoncé les deux entreprises américaines lundi dans un communiqué commun.
Vers 15H45 GMT à Wall Street, Pfizer prenait 2,10%.
L’automobile allemande dans le rouge
Porsche AG (-6,71% à Francfort) a abaissé vendredi soir ses objectifs en même temps qu’il annonçait reculer sur ses plans pour électrifier sa flotte de modèles.
Le constructeur de bolides de luxe perd aussi du terrain après avoir été relégué lundi de l’indice vedette de la Bourse de Francfort, le Dax, au MDax des valeurs moyennes.
La maison mère Volkswagen (-6,91%) a été également délaissée, les déboires de Porsche AG l’obligeant à corriger à la baisse ses objectifs annuels, tout comme la holding Porsche SE (-7,99%), actionnaire majoritaire de Volkswagen.
Nouveau record de l’or
L’once d’or continue de voler de record en record, touchant un nouveau sommet historique lundi, à plus de 3.736 dollars, une hausse soutenue par «l’escalade des tensions en Europe de l’Est et au Moyen-Orient», souligne Rania Gule, analyste chez XS.com.
Les analystes de Société Générale rappellent également le contexte favorable à l’or «avec l’assouplissement de la politique monétaire après la baisse des taux décidée par la Réserve fédérale (Fed) la semaine dernière» et «les achats des banques centrales» qui ont repris.
Sur le marché des changes, le dollar cédait 0,22% par rapport à la monnaie unique, à 1,1773 dollar pour un euro vers 15H45 GMT.
Les cryptos en berne
Vers 15H45 GMT, le bitcoin reculait de 2,87% à 112.686 dollars.
«Ce mouvement met en lumière une fragilité inhabituelle du sentiment de risque en ce début de semaine», note Kathleen Brooks. «Le risque principal serait qu’une vente prolongée des cryptos contamine plus largement» le sentiment sur les marchés.