Les marchés européens portés par la baisse des taux de la Fed

AWP/AFP

2 minutes de lecture

Paris monte de 0,87%, Milan de 0,84% et Francfort grimpe de 1,35%. Londres s’octroie une hausse de 0,21%. A Zurich, le SMI progresse de 0,42%.

Les bourses mondiales grimpent jeudi, dans un marché porté par la première baisse des taux de la banque centrale américaine (Fed) de l’année et la perspective de nouvelles baisses à venir d’ici la fin 2025.

A Wall Street, vers 16H15 GMT, l’indice Nasdaq était en forte hausse de 1,02%, l’indice élargi S&P 500 prenait 0,58% et le Dow Jones 0,27%, flirtant avec de nouveaux records.

En Europe, la Bourse de Paris a grimpé de 0,87%, Milan 0,84% et Francfort a avancé plus nettement, de 1,35%. Londres s’est octroyée une hausse de 0,21%. A Zurich, le SMI a gagné 0,42%.

Comme anticipé par le marché, la Réserve fédérale américaine (Fed) a baissé les taux directeurs de 0,25% à l’issue de sa réunion de politique monétaire mercredi, les ramenant dans une fourchette désormais comprise entre 4,00% et 4,25%.

La Fed poursuit un mandat à double mission: ramener l’inflation américaine à un objectif cible de 2%, bien qu’elle soit remontée en août au plus haut depuis le début de l’année, tout en veillant à la santé du marché de l’emploi.

«La Fed justifie sa baisse des taux en raison de la nette détérioration du marché du travail aux Etats-Unis, bien que l’inflation ne soit pas totalement rentrée dans les rangs», commente Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion, qui appartient à BNP Paribas.

Selon la médiane des prévisions de la Fed, ses membres anticipent deux autres baisses de taux (d’un quart de point chacune) en 2025, ce qui impliquerait une nouvelle détente à chacune des réunions programmées d’ici la fin de l’année.

Les semi-conducteurs en fête

Sur les marchés d’actions, le secteur technologique profitait de la perspective de la baisse du coût du crédit.

Toutefois, dans un environnement de marché où les prix des actions atteignent des niveaux très élevés sur certains secteurs clés comme la technologie, «les investisseurs restent encore un peu méfiants», souligne Madison Faller.

Dans une note, la stratégiste de JP Morgan Private Bank souligne que la capitalisation boursière de l’indice S&P 500 est «aujourd’hui 22,5 fois supérieure au bénéfice net annuel attendu, un niveau rappelant la fin des années 1990», lors de la bulle Internet, période de forte spéculation sur les entreprises liées aux nouvelles technologies, qui s’était soldée par un effondrement du marché au début des années 2000.

Ce qui alimente encore la hausse des valeurs technologiques, malgré les incertitudes des investisseurs sur l’intelligence artificielle (IA) est «la perspectives de bilans plus solides, du retour des fusions-acquisitions, des rachats d’actions réguliers, la rareté des nouvelles émissions d’actions et la perspective des bénéfices en hausse, laissant aussi présager de valorisations durables et non exagérées», explique Madison Faller.

Aux Etats-Unis, la séance est marquée par l’envolée de 29,02% du fabricant de semi-conducteurs et de microprocesseurs Intel après l’annonce d’une prise de participation de son rival Nvidia (+3,40%) à son capital pour une valeur de 5 milliards de dollars.

La nouvelle emportait à la hausse tout le secteur des semi-conducteurs. A la cote américaine, Micron Technology prenait 5,70%, ON Semiconductor 4,42% et NXP Semiconductors 2,01%.

En Europe, Elmos Semiconductors a gagné 6,36%, Infineon 3,17%, BE Semiconductors Industries 7,91%, ASM International 8,77% et STMicroelectronics 4,63%.

Les petites et moyennes capitalisations en hausse

Du côté des changes, l’euro perdait 0,34% par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,1773 dollar pour un euro vers 16H00 GMT, alors que la paire euro-dollar flirtait avec la parité au tout début de l’année.

«On est déjà à 14% de change défavorable depuis le début de l’année: si on a acheté une valeur qui valait 100 dollars avant et 114 aujourd’hui, l’investisseur américain a gagné 14 dollars et l’européen zéro. Dans ce sens-là ce n’est pas une tendance que l’on voit souvent, et pas non plus avec cette ampleur», explique Bertrand Lamielle.

«Cela bénéficie aux petites et moyennes capitalisations, moins concernées par les problèmes de droits de douane américains. Après trente ans de globalisation, on se recentre sur soi-même», poursuit le directeur général de Portzamparc.

Par exemple, l’indice «MSCI EMU Small Cap», qui regroupe les petites capitalisations boursières de la zone euro affiche une progression de plus de 16% depuis le 1er janvier.

A lire aussi...