Les marchés boursiers mondiaux reculent mardi, dans l’attente de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), lors de laquelle une baisse de taux est largement anticipée, propulsant l’euro à son plus haut niveau face au dollar depuis quatre ans.
A Wall Street, vers 15H55 GMT, le Dow Jones perdait 0,34% l’indice Nasdaq glissait de 0,12% et l’indice élargi S&P 500 de 0,19%.
«Les acteurs du marché sont visiblement réticents à acheter et attendent la décision finale de la Réserve fédérale américaine sur les taux d’intérêt», explique Andreas Lipkow, analyste indépendant.
Tous les regards semblent en effet tournés vers la banque centrale des États-Unis, qui devrait commencer à baisser ses taux directeurs mercredi pour la première fois depuis décembre 2024 à l’issue d’une réunion de politique monétaire de deux jours, pour donner du souffle à la première économie mondiale.
«La Fed a clairement signalé qu’elle allait réduire ses taux et tout le monde s’attend à ce qu’elle le fasse», affirme Fawad Razaqzada, analyste marchés à City Index.
L’annonce de cette baisse de taux très attendue devrait être «la première de ce qui sera probablement trois baisses de taux d’ici la fin 2025», poursuit-il.
Sur le marché des changes, l’euro a été propulsé mardi à son plus haut niveau depuis septembre 2021 face au billet vert. Il évoluait en hausse de 0,64% à 1,1838 dollar pour un euro vers 15H55 GMT.
Pour Lee Hardman, analyste de MUFG, le billet vert souffre de «la pression politique constante exercée sur la Fed pour qu’elle baisse ses taux».
La nomination par le président américain Donald Trump d’un de ses conseillers économiques à la Fed a été approuvée in extremis lundi par le Sénat.
M. Trump cherche aussi à limoger la gouverneure de la Fed Lisa Cook, qu’il accuse d’avoir menti pour obtenir des emprunts immobiliers à des taux plus favorables.
Une cour d’appel américaine a confirmé lundi qu’elle pouvait rester temporairement en fonction, mais l’administration Trump devrait porter l’affaire devant la Cour suprême.
Plombé par la hausse de l’euro, les places européennes ont terminé en nette baisse: la Bourse de Paris a cédé 1,00%, Francfort 1,77%, Londres a perdu 0,88% et Milan 1,28%. A Zurich, le SMI a cédé 1,03%.
«Le niveau de l’euro (face au dollar) commence à devenir problématique pour les entreprises européennes qui exportent et cela se cumule avec les droits de douane» américains imposés à l’Europe, explique à l’AFP Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France.
De quoi peser fortement sur les places boursières européennes, qui payent «les effets d’un euro trop fort sur la compétitivité des entreprises exportatrices européennes», poursuit-il.
L’or au sommet
L’or, valeur refuge par excellence et concurrente du billet vert, profitait de la baisse du dollar. Il a atteint un nouveau record mardi à 3.703,07 dollars l’once (31,1 grammes).
Le métal précieux progressait de 0,47% à 3.680,51 dollars l’once vers 15H55 GMT.
Les valeurs bancaires dans le rouge
«Les actions financières et d’assurance sont à la dernière place» mardi, note Andreas Lipkow.
A Francfort, Commerzbank a terminé en baisse de 4,14% et Deutsche Bank de 3,45%. A Paris, Société Générale a perdu 3,57%, Crédit Agricole 1,76% et BNP Paribas 1,44%. A Londres, Barclays a reculé de 2,55%, HSBC de 1,14% et NatWest de 2,49%.
Les valeurs bancaires souffrent des anticipations de baisses de taux directeurs des banques centrales, car elles ont ainsi une moindre «capacité à former leurs marges pour les crédits notamment», explique Alexandre Baradez.
Le pétrole tâtonne
Les cours du pétrole hésitent mardi entre les craintes de rupture de l’approvisionnement russe à court terme après des attaques ukrainiennes de drones contre des installations pétrolières, et le surplus de barils sur le marché qui plafonne les prix.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,27% à 68,30 dollars, et son équivalent américain, le WTI, gagnait 1,67% à 64,36 dollars le baril vers 15H55 GMT.