Gonet: l'actualité des marchés au 18 juillet

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,52%, S&P 500 +0,54%, Nasdaq +0,74%, Russell +1,20%, SOX +0,73%, Eurostoxx +1,49%, SMI +0,43%.


Aujourd’hui plus que jamais il est permis de parler de «joyeux royaume des actions». Pendant qu’à Paris ça balance pas mal (si vous n’avez rien compris bonne nouvelle, vous êtes jeune), à Wall Street ça ronronne à plein régime.

Les étoiles s’alignent comme rarement au-dessus du marché hier, la macro est plus que sympa, la micro aussi et en toute fin de séance le Congrès adopte le projet de loi de Trump sur les stablecoins, alimentant l’envie croissante de tout un chacun d’ajouter du risque aux portefeuilles. Le FOMO (Fear Of Missing Out) est plus en forme que jamais, bien soutenu par le TACO (Trump Always Chickens Out) et probablement saupoudré d’un zeste de TINA (There Is No Alternative, but stocks). Le président des Etats-Unis cesse momentanément de s’attaquer au patron de la Fed, il faut dire que le dossier Epstein commence à piquer de plus en plus fort, en l’état le marché n’en a cure mais il n’est pas impossible que ce sujet revienne sur le devant de la scène boursière cet été.

Records historiques à la cloche pour les indices S&P500 (SPX) et Nasdaq100 (NDX), cela en devient presque lassant, le SPX réalise son neuvième plus haut historique de l’année, le NDX en est à 10 et réalise surtout son quatrième consécutif hier soir, un phénomène rare et qui résume à lui seul l’absence totale ou presque de pression vendeuse en ce mois de juillet. Presque tous les secteurs progressent hier, le podium du jour du SPX se compose des financières, de la tech et des industrielles, Nvidia (NVDA +0,95%) assume son rôle de locomotive de la cote, la volatilité est envoyée au coin, le VIX perd 4% à 16,52, techniquement il a de la place pour glisser jusqu’à 12,70. Même phénomène sur le MOVE (le pendant obligataire du VIX) qui recule de 4,4% à 85,57, le marché semble en train de baisser sa garde, on l’observe aussi en constatant que le sentiment de dumb money (les petits porteurs) est entré en territoire d’extrême optimisme tandis que du côté de smart money (les institutionnels) c’est l’inverse. Or on sait pertinemment ce qui est susceptible de se produire lorsque tout le monde se place du même côté du bateau, sauf qu’ici nous parlons du marché des actions, soumis à des lois parfois obscures et capable d’évoluer contre le vent et la logique pendant longtemps.

En passant et sans vouloir gâcher l’ambiance de ce joli vendredi matin, rappelons ici que, le VIX au tapis oblige, le coût de protection d’un portefeuille en actions est relativement bon marché.

Mais trêve de considérations prudentes, on ne va tout de même pas ajouter que le SPX et le NDX sont entrés en territoire suracheté. On préférera se concentrer sur le S&P500 équipondéré (SPW), qui surperforme le SPX hier (+0,77%), l’activité acheteuse est donc générale, c’est bien souvent bon signe. En parallèle les intervenants reviennent aussi dans les petites capitalisations, là encore c’est encourageant.

Je note que le platinum atteint un plus haut depuis 11 ans, l’offre est réduite et la demande soutenue, notamment en provenance de l’industrie automobile, le contexte macro semble plus favorable aux yeux des acteurs du marché des matières premières, à suivre.

Le dollar marque une pause dans son rebond, la paire EUR/USD traite ce matin à 1,1623, elle semble avoir de la peine casser 1,1600, lorsque ce sera fait elle pourra viser 1.1499, c’est par là que passe sa moyenne mobile à 50 jours. Le pétrole traite à 67,94 dollars le baril de WTI  Light Crude, sa 200 jours est à suivre, qui passe par 68,40 dollars. L’or gravite autour de sa 50 jours depuis le 24 juin, niveau actuel 3349 dollars l’once contre la 50 dma à 3324 dollars.

Les données macro-économiques publiées hier sont nombreuses et globalement meilleures que prévu. Les ventes au détail de juin progressent, enregistrant leur meilleure performance depuis mars. Les sous-indices, qu’il s’agisse des ventes hors automobiles, hors autos et essence, ou du groupe de contrôle utilisé pour estimer la consommation réelle, sont tous supérieurs aux attentes. Les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage chutent à 221’000, en baisse pour la cinquième semaine consécutive, atteignant leur plus bas niveau depuis avril. Les demandes continues sont légèrement inférieures aux prévisions. L’indice de la Fed de Philadelphie dépasse nettement le consensus, mettant fin à trois publications négatives consécutives et atteignant son plus haut niveau depuis février. Toutefois, l’indice des prix payés bondit de 17 points pour atteindre 58,8, signalant une possible pression inflationniste. Les prix à l’importation augmentent de 0,1% en juin, moins qu’attendu, tandis que ceux de mai sont révisés à -0,4%. Les prix à l’exportation, quant à eux, atteignent leur niveau le plus élevé depuis février. La confiance des constructeurs immobiliers (NAHB) s’améliore légèrement en juillet, progressant d’un point à 33, au-dessus des attentes.

Du côté de la Réserve fédérale, la gouverneure Kugler estime qu’il est approprié de maintenir les taux d’intérêt au niveau actuel pendant un certain temps et souligne que l’impact des tarifs douaniers pourrait être plus important à court terme. Mary Daly, présidente de la Fed de San Francisco, considère que deux baisses de taux cette année sont une hypothèse raisonnable, mais anticipe que les taux se stabiliseront à terme à 3% ou plus. Le candidat au poste de patron de la Fed Christopher Waller, qui s’exprime après la clôture, appelle à une baisse des taux d'intérêt d'un quart de point ce mois-ci, affirmant que le marché du travail est «à la limite» et que les risques d'inflation sont limités. 

Revenons un instant sur la volonté affichée de Donald Trump de débarquer Jerome Powell de son poste de patron de la Réserve Fédérale des Etats-Unis, un point important pour le marché car facteur potentiel de déstabilisation à terme. Donald Trump menace depuis plusieurs semaines de limoger le président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell, qu’il accuse de maintenir les taux d’intérêt trop élevés. Même s’il affirme désormais qu’un renvoi est peu probable, cette pression alimente une inquiétude croissante : que se passerait-il si la Fed perdait son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique? L’autonomie de la Fed est considérée depuis des décennies comme un pilier essentiel de la stabilité économique, aux États-Unis comme à l’échelle mondiale. En étant libre de ses décisions, la banque centrale a pu intervenir rapidement et efficacement lors de grandes crises: la crise financière de 2008, la pandémie de Covid-19, ou encore la crise de la dette russe en 1998. Son indépendance lui permet notamment d’agir sans subir d’influences politiques à court terme, souvent incompatibles avec une gestion prudente de l’économie.

Aujourd’hui, d’anciens membres de la Fed et des économistes redoutent qu’un affaiblissement de cette indépendance compromette sa crédibilité et sa réactivité en cas de choc. Ils soulignent aussi un risque d’érosion du savoir-faire interne, si les meilleurs talents désertent une institution perçue comme politisée. Trump réclame une baisse de 3 points des taux directeurs, actuellement autour de 4,3%, pour stimuler la croissance et alléger la charge de la dette publique. Mais selon de nombreux économistes, une telle politique, dictée par des considérations électorales, risquerait d’alimenter une nouvelle flambée inflationniste. Paradoxalement, les taux à long terme, ceux des prêts immobiliers par exemple, pourraient alors grimper, les marchés anticipant une perte de contrôle sur les prix.

Les investisseurs ont brièvement réagi à la menace éclair de ce milieu de semaine en vendant des bons du Trésor à long terme, affaiblissant le dollar et faisant grimper l’or. Plusieurs dirigeants de grandes banques, dont David Solomon (Goldman Sachs), ont défendu publiquement l’indépendance de la Fed, y voyant un fondement indispensable de la stabilité économique moderne. Certains critiques plus politiques estiment que la Fed n’est jamais totalement indépendante, puisqu’elle coopère avec le gouvernement lors des crises. Mais pour la majorité des économistes, une banque centrale soumise au pouvoir exécutif perdrait son rôle de contre-pouvoir essentiel face aux excès politiques.

Ce dossier est à suivre de près, mercredi nous avons eu droit à une sorte de bande-annonce du film catastrophe qui s’annonce éventuellement, si le grand blond aux idées noires parvient à ses fins.

Donald Trump est diagnostiqué comme souffrant d'une insuffisance veineuse chronique après avoir été victime d'un gonflement de la jambe, ses médecins précisent qu'il reste en «excellente santé».

On reste avec Trump mais on passe au rayon «Muppet Show». Le président américain met à nouveau en garde le Brésil en l’enjoignant d’abandonner les poursuites à l'encontre de Jair Bolsonaro, affirmant qu'il le «surveillerait de près». Séparément, le président Luiz Inacio Lula da Silva déclare que le pays répondrait aux droits de douane américains le 1er août.

Au menu macro-économique de ce vendredi, les mises en chantier et les permis de construire seront dévoilés à 14h30, avant la confiance des consommateurs à 16h00.

Le ministre chinois du Commerce rencontre le CEO de Nvidia à Pékin. Le profit trimestriel de Netflix bondit de 45% à plus de 3 milliards de dollars. Un consortium mené par BlackRock est proche d'un accord de 10 milliards de dollars avec Saudi Aramco selon Reuters. Meta conclut un accord pour mettre fin au procès de 8 milliards de dollars sur les violations de la vie privée de Facebook. Amazon procède à des suppressions de postes chez AWS. Accenture va créer une usine d'IA pour Air France-KLM avec Google Cloud (Alphabet).

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo égare 0,21% à la cloche, Hong Kong progresse de 1,11%, Shanghai prend 0,50%, Séoul perd 0,13% et le Nifty50 rend 0,50%. Le future SPX est en légère hausse et l’Europe ouvre en progression de 0,3%. Le SMI gagne 0,5%, l’Ibex seulement 0,2%, un signe pour ce soir? Hop Suisse!

 

L’actualité des marchés revient lundi 4 août.

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