Tirer parti de l’essor de la robotique en investissant de façon passive

Yves Hulmann

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L’investissement passif permet de tirer parti du potentiel de croissance des futurs leaders du secteur, tout en conservant un certain degré de diversification, souligne Alexander Roll de Global X.

Peu de thèmes d’investissement font actuellement l’objet d’autant d’attention que l’intelligence artificielle (IA) et la robotique. Global X fait le lien entre ces deux développements technologiques qui se recoupent sur de nombreux points en proposant un ETF dédié justement à l’IA et à la robotique. Entretien avec Alexander Roll, stratégiste d'investissement chez Global X à Londres.

A côté de l’intelligence artificielle (IA), la robotique est une thématique qui fait l’objet d’une grande attention actuellement. Lorsque l’on souhaite investir dans la robotique, vaut-il mieux adopter une approche très spécialisée, en misant sur les sociétés les plus pointues dans ce domaine, ou au contraire diversifier plus largement ses placements dans l’ensemble des entreprises qui ont plus ou moins un lien avec ce thème?

Cette question se pose lors de chaque phase d’innovation technologique majeure. S’agissant de la robotique, nous pensons que cette thématique est indissociable de l’essor de l’IA. A l’intérieur de l’IA, on peut distinguer entre différents thèmes comme l’IA agentique qui désigne des systèmes d’intelligence artificielle capables d’identifier une situation, de planifier et d’agir de manière largement indépendante.

«L’adoption de tels robots s’accélérera au fur et à mesure que les coûts de ceux-ci diminuent. Un robot humanoïde coûte moins de 20'000 dollars actuellement.»

Il y a aussi l’IA embarquée qui intègre l’IA dans des systèmes physiques tels que des robots, qui sont alors capables d’effectuer des tâches de manière autonome en s’appuyant sur toutes sortes d’équipements tels que des capteurs. Une entreprise américaine active dans l’électronique et l’automation et les équipements de tests automatisés a par exemple vendu une solution à Amazon qui permet au géant du commerce en ligne d’équiper ses centres de production et de distribution avec des robots capables d’identifier si un objet est fragile ou pas, puis de le transporter de manière adéquate à l’endroit où il doit être placé. Ce type de solutions est très prisé actuellement aux Etats-Unis où il y a un manque de personnel disponible pour effectuer certaines tâches.

On voit ainsi apparaître l’essor de toute une gamme d’équipements servant à équiper ce que l’on appelle la robotique pour la chaîne logistique qui recourent aussi à des technologies telles que la télédétection par laser (LIDAR), nécessaire à la conduite autonome.

On parle beaucoup aussi de robotique et d’IA en lien avec le secteur de la santé. Qu’en est-il de ce domaine?

C’est effectivement un domaine où il existe un fort potentiel pour la combinaison entre robotique et IA. On peut penser aux solutions de télé-chirurgie proposées par Intuitive Surgical qui permettent de piloter à distance certaines interventions chirurgicales.

Un potentiel important existe aussi dans les soins personnels avec ce que l’on appelle les robots humanoïdes capables de fournir des prestations d’assistance à des personnes âgées, par exemple. L’adoption de tels robots s’accélérera au fur et à mesure que les coûts de ceux-ci diminuent. Un robot humanoïde coûte moins de 20'000 dollars actuellement.

Peut-on estimer la taille du marché de la robotique en lien avec l’IA?

Il est toujours difficile de définir exactement ce qui, d’un côté, relève de la robotique ou non et ce qui, de l’autre, correspond à des applications industrielles en général par exemple. Néanmoins, certaines estimations effectuées par des cabinets de conseil évaluent à plus de 50 milliards de dollars en 2025, un montant qui devrait grimper à quelque 600 milliards en 2035. Et il s’agit-là du chiffre médian calculé à partir de différentes estimations. Cela correspond à une croissance des revenus CAGR de plus de 16% par an.

«Historiquement, il a toujours été difficile d'identifier à l'avance les futurs leaders des grandes mutations technologiques ou industrielles.»

Pour tirer parti de cette expansion du marché de la robotique, vaut-il mieux essayer d’identifier les sociétés les plus prometteuses ou alors d’investir de manière diversifiée à travers l’ensemble du secteur?

Les approches permettant d'obtenir une exposition à un secteur en pleine expansion comme la robotique peuvent varier en fonction des objectifs, des préférences et de la tolérance à l'incertitude de chaque individu. Historiquement, il a toujours été difficile d'identifier à l'avance les futurs leaders des grandes mutations technologiques ou industrielles. Cela vaut également pour la robotique. Par conséquent, certains acteurs du marché considèrent qu'une exposition large et diversifiée à l'ensemble d'un secteur est un moyen de participer aux tendances générales de l'industrie, tandis que d'autres préfèrent se concentrer sur des entreprises spécifiques en fonction de leurs propres recherches et perspectives. Chaque approche comporte des risques et des considérations potentiels différents.

Global X vient aussi de lancer cette semaine un ETF consacré à l’IA en lien avec l’informatique quantique. S’agit-il d’une stratégie complètement différente ou y a-t-il des recoupements avec l’ETF dédié à la robotique et l’IA?

La stratégie est complémentaire. Le Global X Robotics & Artificial Intelligence UCITS ETF (BOTZ) regroupe les entreprises qui développent et déploient des applications robotiques, d'automatisation et d'IA incarnée dans tous les secteurs, tandis que le Global X AI Semiconductor & Quantum Computing UCITS ETF (CHPX) se concentre, lui, sur les innovations en matière de semi-conducteurs et d'informatique qui alimentent l'IA à grande échelle, y compris le potentiel à long terme de l'informatique quantique. Ensemble, ils ciblent différentes couches de la chaîne de valeur de l'IA, offrant une exposition à la fois aux systèmes physiques qui utilisent l'IA et aux processeurs avancés qui permettent son fonctionnement.

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