Vontobel boucle le premier semestre quasiment à l’équilibre

AWP

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Malgré un contexte toujours plus difficile, l’établissement zurichois confirme ses objectifs à moyen terme.

La banque de gestion Vontobel a bouclé les six premiers mois de 2019 sur un bénéfice net de 131,1 millions de francs, quasiment inchangé (-1,0%) par rapport à la même période un an plus tôt. Malgré un contexte toujours plus difficile, l’établissement zurichois confirme ses objectifs à moyen terme.

A fin juin, la masse sous gestion totalisait à 212,6 milliards de francs, contre 192,6 milliards au bouclement du dernier exercice. Dans la seule gestion de fortune, elle s’inscrivait à 186,0 milliards, après 171,1 milliards fin 2018.

La collecte d’argent frais a légèrement accéléré, à 5,3 (5,1) milliards, indique Vontobel jeudi dans un communiqué. La performance a été portée par les solutions de gestion d’actifs et de fortune, qui ont «pour la plupart surperformé les standards du marché».

Le produit d’exploitation s’est enrobé de 7% en rythme annuel, à 625,6 millions de francs.

En termes de rentabilité, le ratio coûts/revenus est ressorti à 75,8%, alors que le rendement des fonds propres s’est dégradé de 80 points de base (pb) à 14,3%, au-dessus des 14% visés à moyen terme.

Mettre à profit les opportunités

Après le rachat de la banque privée Notenstein La Roche et le portefeuille américain de gestion de fortune de Lombard Odier, Vontobel entend désormais «mettre à profit les nouvelles opportunités, étayer ses activités avec la clientèle existante et acquérir de nouveaux clients».

Pour la suite de l’exercice, la direction de Vontobel évoque un «contexte difficile», citant les taux bas, les incertitudes géopolitiques, l’essoufflement conjoncturel et la pression sur les marges.

L’institut zurichois espère à l’horizon 2020 gagner de nouvelles parts de marché et confirme ses objectifs à moyen terme, à savoir une croissance comprise entre 4-6% ainsi qu’un ratio coûts/revenus inférieur à 72%.

En conférence de presse à Zurich, le directeur général (CEO) Zeno Staub a rappelé que Vontobel a toujours mis l’accent sur la croissance organique, complétée par des acquisitions.

Après les récents rachats de Notenstein La Roche ou du gestionnaire d’actifs Vescore, le groupe a clairement misé sur la diversification. Mais s’il dispose de la capacité et des ressources financières nécessaires pour réaliser d’autres transactions, il entend se montrer «encore plus sélectif» à l’avenir, a assuré son patron.

La banque de gestion zurichoise a également l’intention d’embaucher à nouveau plus de nouveaux conseillers à la clientèle (CRO), après avoir fait preuve d’une certaine retenue au cours des douze derniers mois en raison de l’intégration de Notenstein et des activités étasnuniennes de Lombard Odier.

Deux anciens d’UBS

Dans un communiqué séparé, Vontobel a d’ailleurs indiqué avoir embauché deux nouveaux experts en gestion de patrimoine. Daniel Schüpbach et Matthias Crettaz, qui ont tous deux exercé des responsabilités dans l’unité Family Banking d’UBS, vont rejoindre l’équipe de gestion de fortune de Vontobel à compter du 1er novembre.

Les recettes réalisées au cours des six premiers mois ont été supérieures aux attentes, signale UBS dans un commentaire, non sans relever que l’amélioration du bénéfice est à mettre au crédit notamment d’un effet fiscal. Si la collecte d’argent frais a laissé à désirer dans les activités avec les particuliers, celle de la gestion d’actifs a dépassé les expectatives, souligne la banque aux trois clés, qui confirme sa recommandation d’achat du titre (buy).

Vontobel a livré des chiffres «plus que corrects», salue pour sa part la Banque cantonale de Zurich (ZKB). Seule ombre au tableau, les activités avec les produits structurés, qui ont subi un coup de frein en début d’année. L’établissement regrette quelque peu l’absence de «prévisions positives» et campe pour l’heure à sa recommandation de pondération au marché.

Les investisseurs ont été moins séduits par le dernier partiel de la banque de gestion zurichoise. Après une ouverture en hausse, la nominative s’est vite enfoncée dans le rouge. Vers 15h35, elle s’étiolait de plus de 3,1% à 54,30 francs, alors que le marché dans son ensemble (SPI) était quasiment à l’équilibre.