UBS affiche des résultats 2020 solides dans un contexte de crise

AWP

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L’établissement de la Paradeplatz affiche un bénéfice net de 6,63 milliards de francs, soit un bond de 54,2%. L’action grimpe de près de 2,4%.

UBS a tiré profit de la volatilité des marchés financiers induite par la crise pandémique pour nettement accroître ses résultats en 2020. Le nouveau patron, Ralph Hamers, veut avancer dans la numérisation des activités du groupe bancaire, que ce soit dans la banque de détail en Suisse, la gestion de fortune ou la banque d’affaires.

«L’année a été difficile, que ce soit pour nos clients, pour nos collègues ou pour nos collectivités. Ces résultats en sont d’autant plus gratifiants», a estimé le directeur général qui a pris en novembre 2020 les rênes d’UBS, succédant à Sergio Ermotti.

Ralph Hamers, qui était auparavant aux commandes de la banque néerlandais ING et qui se livrait mardi à son premier grand oral en Suisse, a estimé que les clients avaient accordé leur confiance à la banque helvétique qui a encaissé pendant l’exercice plus de 100 milliards de dollars nets d’argent frais.

Dans ce contexte, la banque aux trois clés a dégagé l’année dernière un produit d’exploitation en hausse de 12,1% à 32,4 milliards de dollars et un résultat avant impôts en forte progression de 47,5% à 8,23 milliards. Le bénéfice net s’est quant à lui établi à 6,63 milliards, un bond de 54,2%.

Un quatrième semestre solide

La performance dégagée entre octobre et fin décembre dépasse à tous les niveaux et très nettement les prévisions des analystes interrogés par AWP. L’établissement est également parvenu à juguler ses coûts au quatrième trimestre. Les dépenses ont reculé de 1,0% sur un an à 6,06 milliards de dollars, permettant au rapport entre les coûts et les recettes de s’améliorer de 12,7 points à 74,1%.

L’ensemble des divisions ont contribué à cette bonne performance. Dans son coeur de métier, la gestion de fortune globale, le résultat avant impôts s’est envolé de 22,2% à 936 millions de dollars, la division ayant notamment enregistré des afflux nets d’argent nouveau de 21,1 milliards.

La gestion d’actifs a doublé son résultat opérationnel à 401 millions de dollars et a profité d’afflux de liquidités de 22,2 milliards. La banque d’affaires a renoué avec les bénéfices à 529 millions, après une perte de 22 millions au dernier trimestre 2019 et la banque de détail a enregistré une progression de 3,9% à 318 millions du résultat avant impôts.

Forte de ces résultats, la banque va lancer cette année un programme de rachat d’actions d’un maximum de 4 milliards de francs sur trois ans, dont jusqu’à 1 milliard de dollars seront déboursés au premier trimestre. L’établissement zurichois versera par ailleurs un dividende de 0,37 dollar à ses actionnaires, contre 0,73 dollar en 2019.

Selon le groupe, «le sentiment des investisseurs s’est amélioré au quatrième trimestre» et le premier partiel 2021 devrait bénéficier «de facteurs saisonniers», même si le contexte incertain lié à la pandémie de coronavirus pourrait «peser aussi bien sur les prix des actifs que l’activité des clients».

Malgré cet environnement difficile, M. Hamers veut faire avancer le chantier de la numérisation chez UBS, comme il l’avait fait chez son précédent employeur. Notamment dans la banque de détail suisse, où une large partie des opérations peut être effectuée en ligne, tout comme le conseil à la clientèle, a estimé le Néerlandais. Dans ce contexte, UBS avait annoncé début janvier la fermeture de 44 de ses 240 agences en Suisse.

A la Bourse suisse, les investisseurs ont apprécié ces nouvelles, gratifiant le titre UBS d’une hausse de 2,4% à 13,23 francs. L’indice vedette SMI a quant à lui clôturé la séance en croissance de 0,35%.
 

Provisions pour risques juridiques légèrement relevées
Parallèlement, la banque a très légèrement relevé ses provisions financières servant à couvrir les risques juridiques. Le montant est passé à la fin de l’année dernière à 2,06 milliards de dollars, après 2,0 milliards fin septembre, selon le rapport trimestriel publié ce mardi.
Dans le détail, 43 millions de dollars ont été utilisés et 4 millions dissous. Des variations de taux de change pour 32 millions ont également impacté le montant total.
Quelque 450 millions d’euros sont toujours alloués à la procédure pénale en France, où la banque a été condamnée en février 2019 à une amende de 3,7 milliards d’euros dans une affaire d’évasion fiscale. UBS a fait appel de cette décision et un jugement est attendu entre le 8 et 24 mars, a rappelé le directeur général Ralph Hamers lors d’une conférence de presse téléphonique.
D’autres dossiers sont encore en suspens. Aux Etats-Unis, UBS n’est pas parvenu à un accord avec le Département américain de la Justice (DoJ) concernant un litige sur les titres adossés à des créances hypothécaires (RMBS), qui ont été incriminés dans la crise financière des «subprimes» de 2008. Le cas devra être tranché par un tribunal.
Des plaintes sont également en cours concernant l’escroquerie financière de l’investisseur Bernard Madoff et l’émission de titres de dette publique du Puerto Rico.

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