La chronique des marchés de Vontobel au 28 mai

Jean Frédéric Nussbaumer, Vontobel

2 minutes de lecture

Nasdaq +0,13%, SPX -0,24%, Dow -0,24%, Russell -0,08%, SOX +0,88%, Eurostoxx -0,18%, SMI -0,14%.

 

Wall-Street termine une semaine compliquée, agitée par les incertitudes géopolitiques et commerciales qui entretiennent une certaine volatilité au gré des changements d’humeur de Donald Trump. La séance de vendredi est mixte, les indices Dow Jones et S&P500 (SPX) clôturant en légère baisse, pénalisés par la chute du secteur de l’énergie, qui abandonne 2,6%, le pétrole chutant de près de 6% (le WTI Light Crude à 66,81$ le baril ce matin) après que l’OPEP et la Russie aient manifesté la volonté de compenser la réduction de production de l’Iran et du Venezuela. De son côté le Nasdaq parvient à terminer dans le vert, porté par les semi-conducteurs.

Les valeurs minières souffrent aussi de la faiblesse de l’or noir alors que les actions de sociétés de vêtements sont pénalisées par la chute de GAP, qui plonge de 15% après ses résultats. Les taux se détendent, le rendement de l’emprunt US à 10 ans se situant à 2,93% et cela permet aux valeurs de l’immobilier de se reprendre alors que les bancaires en souffrent. L’indice des transports applaudit la faiblesse du pétrole et est supporté par les titres de compagnies aériennes. La volatilité remonte quelque peu, l’indice VIX (volatilité du SPX) regagnant 5% à 13,22. Le dollar rend du terrain contre la plupart des monnaies et se situe à 1,1704 contre l’euro ce matin.

Sur la semaine, les indices américains progressent très légèrement alors que l’Europe recule et que le SMI abandonne 2,5%, pénalisé par le rebond du franc et aussi par de nombreux détachements de dividendes. Les moins bonnes performances de l’indices sont réalisées par ABB (-4,7%), Crédit Suisse (-4,6%), Swiss Re (-4,27%) et Adecco (-3,9%). La meilleure performance est attribuée à Nestlé qui grappille 0,2%.

Au sujet des taux, rappelons que c'est la Fed qui a donné mercredi le coup d'envoi de la détente, en adoptant un ton plus «colombe» que prévu dans les Minutes de sa dernière réunion de mai. Dans ce compte-rendu, la banque centrale américaine a indiqué qu'une majorité de ses membres comptaient relever à nouveau «bientôt» le taux de «fed funds» (sans doute le 13 juin prochain), mais elle n'a pas signalé de risque de surchauffe de l'économie américaine, qui l'obligerait à accélérer le rythme de sa normalisation monétaire.

Les Américains restent confiants dans leur avenir. L'indice du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan a atteint 98 en mai 2018 (lecture finale), contre un consensus de 99, et un indice de 98,8 en avril 2018.

Revenons à la monnaie unique européenne qui rebondit ce matin après que le président Italien Sergio Mattarella ait refusé de valider le gouvernement proposé par Giuseppe Conte. C’est le nom du futur ministre des finances qui a posé problème, Paolo Savona étant un eurosceptique déclaré. Sergio Mattarella doit désormais désigner un nouveau président du conseil mais, cette fois, sans chercher l’aval des vainqueurs des législatives du 4 mars, pour former un «gouvernement du président», avant l’organisation de nouvelles élections législatives. C’est donc une bonne nouvelle pour l’euro à court terme et cela explique probablement que les indices européens ouvrent en hausse de près de ½ pourcent ce matin. Cela dit, l’incertitude la plus totale règne encore à Rome et les marchés détestent cela, ce d’autant plus qu’à Madrid, la situation n’est guère meilleure, le premier ministre Mariano Rajoy se trouvant dans une situation intenable. On peut dès lors comprendre aisément que les actions américaines performent mieux que leurs consoeurs du vieux continent, l’horizon européen étant bouché par l’Italie et l’Espagne.

Ce matin il semble que Donald Trump soit à nouveau disposé à rencontre Kim Jong-Un le 12 juin, jusqu’à quand? C’est une journée très calme qui s’annonce, Wall-Street et la bourse de Londres resteront fermées pour le jour du souvenir (Memorial Day) respectivement le jour de congé printanier des banques (Spring bank holiday)…

Cette semaine, hormis les développements en Italie et en Espagne, le marché suivra notamment la statistique de l’inflation en zone Euro, le PIB, les créations d’emplois aux Etats-Unis et l’indice PMI manufacturier chinois.