Gonet: l'actualité des marchés au 1er juillet

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,26%, S&P 500 +0,79%, Nasdaq +1,52%, Russell +0,46%, SOX +3,92%, Eurostoxx +1,55%, SMI +0.,21%.

 

Cela faisait six ans que Wall Street n’avait réalisé une si bonne performance trimestrielle. L’année avait pourtant mal commencé, le marché hésitant pendant près de deux mois avant de céder à l’angoisse de l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Iran fin février. Le mois de mars est compliqué pour les indices, qui entament un rebond dès le mois dès le 31 jusqu’à ce jour et quel rebond! L’indice S&P500 (SPX) gagne un peu plus de 15%, le Nasdaq100 (NDX) près de 28%, avec une contribution déterminante des semi-conducteurs (SOX +88%), portés par l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle, grâce notamment à des titres comme Micron, AMD, Intel et Marvell.

Le Wall Street Journal souligne que la suite pourrait être plus compliquée: les valorisations sont élevées, la volatilité reste présente, et les investisseurs commencent à s’interroger sur la rentabilité réelle à long terme des investissements massifs dans l’IA. Autre risque important: la Réserve fédérale paraît plus restrictive que prévu, avec des attentes de taux plus élevés, ce qui pèse sur les obligations et peut fragiliser les actions chèrement valorisées.

Le tableau n’est toutefois pas entièrement négatif. Le recul du pétrole, des résultats d’entreprises encore solides et un élargissement de la hausse au-delà de la tech (vers les financières, la santé, l’industrie, les petites capitalisations et les transports) suggèrent que le marché n’est pas uniquement porté par quelques méga-capitalisations. En résumé, le trimestre a été exceptionnel, surtout grâce à l’IA et aux semi-conducteurs, mais le marché entre désormais dans une phase où il devra justifier ses niveaux par des bénéfices concrets, dans un environnement de taux et de valorisations moins favorable.

SentimenTrader invite à la prudence, non pas parce que les grands indices baissent, mais parce que leurs indicateurs internes se dégradent. Le SPX reste dans une tendance constructive et entre dans une période saisonnièrement favorable, mais la participation au mouvement devient moins saine : les divergences de largeur de marché se multiplient, avec notamment des signaux «risk-off» sur le NYSE, où un nombre inhabituellement élevé de titres inscrivent à la fois de nouveaux plus hauts et de nouveaux plus bas. En clair, le marché paraît solide en surface grâce à quelques grands leaders, mais beaucoup d’actions ne suivent plus vraiment. Cela ne signifie pas qu’une correction est imminente, mais que le rapport rendement/risque devient moins confortable. La conclusion est donc de rester investi si la tendance tient, tout en étant plus sélectif, en évitant de courir après les indices et en renforçant la discipline de gestion du risque.

La séance de trading d’hier est une nouvelle fois menée par la tech, qui occupe le podium du jour du SPX en compagnie des industrielles et des materials. Les volumes d’échanges reculent significativement, le breadth est positif sur le NDX, négatif sur le SPX, on commence à connaître le scénario avec un indice S&P équipondéré (SPW) qui refuse de suivre le rythme imprimé par le SPX, en égarant 0,12% contre +,79% à son grand frère. Records historiques pour le Dow Jones et le Russell2000 (RTY) hier, la volatilité perd 7%, le VIX clôture à 16,45 (c’est tout de même très calme), pendant que les rendements obligataires remontent, le 2 ans est de retour ce matin à 4,17%, le 10 ans à 4,46%, le marché se préparerait-il à l’intervention de Kevin Warsh au Forum Economique de la BCE de Sintra cet après-midi? Je lis de ci de là que les Fed Funds envisagent désormais une hausse dès le FOMC du 29 juillet, ce qui pourrait accélérer la fin du combat de rue qui oppose actuellement le dollar et l’euro, la paire virevolte autour du niveau de 1,1400, le billet vert pourrait profiter d’attentes plus restrictives du marché quant à la posture monétaire à venir de la Fed.

Cela ne semble pas plaire à l’or, qui recule à 3962 dollars l’once ce matin, a cassé le niveau de 4000 dollars, confirme sa sortie par le bas du canal haussier entamé début 2024, subit sa death cross de vendredi et n’y arrive plus face aux vents contraires que constituent la force du greenback, les rendements obligataires en hausse et la détente géopolitique au Moyen-Orient. À ce propos, le baril de WTI Light Crude recule légèrement sous la barre des 70 dollars ce matin.

C’est une semaine boursière écourtée que nous vivons. Vendredi Wall Street nous fait faux bond, elle célèbre l’indépendance des Etats-Unis, mais avant cela nous nous concentrerons sur Sintra cet après-midi, le rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis demain et le match de la Suisse contre l’Algérie vendredi aux aurores. Gardons aussi en tête que la saison 2 des trimestriels d’entreprises démarre dans deux semaines et que le dossier US / Iran peut remonter sur le haut de la pile à tout moment.

Martins Kazaks, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, laisse entendre que la Banque centrale européenne n’est pas pressée de durcir davantage sa politique monétaire dès le mois prochain, ce qui renforce l’idée d’une divergence avec la Fed. L’estimation flash de l’inflation de juin en zone euro, attendue aujourd’hui, sera donc surveillée de près: une surprise à la hausse pourrait remettre en question cette lecture et pousser les marchés à revoir leurs anticipations.

On se penche sur la macro d’hier. La confiance des consommateurs américains s’est établie à 91,2 en juin, un niveau inférieur aux attentes du consensus, mais légèrement supérieur au chiffre de mai révisé en baisse. Le détail est mitigé: les anticipations des ménages s’améliorent un peu, mais leur perception de la situation actuelle se dégrade. Le signal le plus important vient du marché du travail, où l’écart entre ceux qui jugent les emplois abondants et ceux qui les trouvent difficiles à obtenir se resserre encore, avec une part croissante de répondants disant qu’il est difficile de trouver un emploi, au plus haut depuis plus de cinq ans. En parallèle, les offres d’emploi JOLTS de mai sont ressorties à 7,594 millions, quasiment stables par rapport au mois précédent et nettement au-dessus des attentes, tandis que le taux de démissions n’a pas bougé. L’indice PMI de Chicago a reculé à 56,7 en juin, contre 62,7 précédemment, pénalisé par la baisse des nouvelles commandes et de la production. Les indices des prix immobiliers FHFA et S&P Case-Shiller d’avril sont restés globalement stables sur un mois. Enfin, côté Fed, Beth Hammack de la Fed de Cleveland estime que la demande très forte liée à l’intelligence artificielle pourrait contribuer aux pressions inflationnistes, ce qui pourrait justifier des taux plus élevés pour ramener l’inflation vers l’objectif.

La séance macro de ce mercredi sera chargée sur le plan macroéconomique, avec une première salve d’indicateurs centrée sur l’activité manufacturière en Europe: les PMI de juin permettront de mesurer l’état de l’industrie en France, en Allemagne, dans l’ensemble de la zone euro puis au Royaume-Uni, un secteur toujours sensible au niveau des taux, à la demande mondiale et aux coûts de production. À 11h00, l’estimation flash de l’inflation de juin en zone euro sera le chiffre clé de la matinée, car elle influencera directement les anticipations de politique monétaire de la BCE. L’après-midi sera dominé par les États-Unis, avec le rapport ADP sur l’emploi privé, utile avant les chiffres officiels de l’emploi, puis les PMI et surtout l’ISM manufacturier, indicateur très suivi pour juger de la santé industrielle américaine.

Les immatriculations automobiles progressent de 11,4% en France au mois de juin. Schneider Electric annonce le rachat de Cognite, société active dans l’analyse de données industrielles et l’intelligence artificielle, pour un montant de 3,1 milliards de dollars. S&P Global Ratings améliore la notation crédit d’Airbus à A+, avec une perspective stable. Le patron de Nestlé indique que l’IA pourrait permettre de réduire les coûts, y compris via des suppressions d’emplois. Siemens Energy décroche un contrat lié à des projets énergétiques à Oman. Nike recule de 2,5% dans les échanges hors séance après la publication de ses résultats. Microsoft se prépare à réduire ses effectifs de moins de 2,5%, avec notamment la fermeture de cinq studios Xbox, selon Business Insider. Les livraisons de Tesla au deuxième trimestre pourraient se redresser, soutenues par la reprise des ventes en Europe. Le directeur général de Micron considère que les clients portent aussi une part de responsabilité dans la pénurie de puces mémoire.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse hormis Séoul qui recule de 2,04%. Tokyo progresse de 0,59% à la cloche, Hong Kong est fermée, Shanghai monte de 0,23% et le Nifty50 de 0,68%. Le future SPX égare 0,3% et l’Europe ouvre autour de l’équilibre.

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