Gonet: l'actualité des marchés au 29 juin

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,09%, S&P 500 -0,05%, Nasdaq -0,24%, Russell +0,07%, SOX -5,29%, Eurostoxx -0,73%, SMI -0,42%.

 

Tempus fugit. Nous voici déjà à la veille de la mi-temps de ce cru boursier 2026, une pause fraicheur s’impose.

Les indices d’actions passent une mauvaise semaine, le S&P500 (SPX) égare 2%, le Nasdaq100 (NDX) en perd 4,24% et le SOX (les semi-conducteurs) chute de 7,94%. On observe une poche de résistance qui parvient à s’en sortir tout de même, les petite capitalisations (Russell2000 – RTY) parviennent à grappiller 1% et atteignent un nouveau plus haut de tous les temps vendredi soir, sans faire de tapage. Le marché semble avoir mis le dossier de la guerre Etats-Unis / Iran quelque peu sous sa pile de priorités, il s’inquiète manifestement à nouveau de la rentabilité future du thème de l’IA, les résultats stellaires de Micron Tech ne sont pas parvenus à remettre une pièce dans le juke-box du momentum acheteur, la faute principalement à Apple, qui a craqué dans la foulée et annoncé des hausses de prix de ses produits de 20% en moyenne, de là à dire que chez Apple les prix font des sauts de puces (je sors). En langage financier correct, on appelle cela des tensions persistantes sur les chaines d’approvisionnement. Ajoutons à cela les anticipations croissantes de hausses de taux par la Fed et une inflation qui semble décidément se plaire parmi nous et vous obtenez ce type de blues boursier qui a le mérite de provoquer une rotation bienvenue des semis et actions liées de près à l’IA ayant récemment surperformé vers les valeurs plus liées à «l’économie réelle», comme par exemple la santé, les utilities mais aussi les biens de consommation courante.

L’arrivée aux affaires de Kevin Warsh a aussi constitué une sorte de tournant, le nouveau patron de la Fed a semblé plus faucon qu’attendu, on suivra donc attentivement son intervention au forum de Sintra (Portugal) mercredi à 15 heures, il échangera avec Christine Lagarde à cette occasion. En l’état les Fed Funds semblent prévoir une hausse de 25 points de base en 2026, chez Bank of America c’est désormais 3 relèvements cette année encore, ça laisse songeur. Le PCE, indicateur préféré de la Fed, a encore progressé de 4,1% sur un an en mai, son plus haut niveau depuis avril 2023 et plus du double de l’objectif de 2%.

Malgré la récente baisse du pétrole, certains analystes estiment que la demande liée à l’IA et la solidité du marché du travail peuvent maintenir l’inflation sous pression. Le risque est donc que des taux durablement élevés pèsent sur les bénéfices, les obligations et même l’or. Quoi qu’il en soit, ce qu’on observe à Wall Street actuellement ressemble plus à un test sérieux de la solidité du rallye des actions qu’à un retournement brutal de tendance, bien que le SOX soit tout proche d’entrer en territoire de correction, depuis le 22 juin il a perdu 9,77%. On relativise en constatant que l’indice phare des semi-conducteurs reste en hausse de 87% depuis le premier janvier.

Le SPX clôture vendredi légèrement sous sa moyenne mobile à 50 jours après quatre séances consécutives de bagarre, c’est à suivre. Son alter ego équipondéré (SPW) progresse de 0,43% contre un léger repli pour le SPX, une fois encore le plus grand nombre passe une bonne journée, partiellement gâchée par les semis et quelques gros porteurs de la cote. On notera des volumes d’échanges en forte hausse vendredi et un breadth nettement positif sur le SPX et le NDX. La volatilité est en PLS, le VIX se traine à 18,41, en revanche celle de nombreux titres individuels est extrêmement élevée, or historiquement c’est bien souvent la volatilité des indices qui rejoint celle des actions individuelles, à suivre.

Côté marché obligataire c’est plutôt calme en ce lundi matin. Les rendements ont assez nettement reculé la semaine passée, le 2 ans US évolue désormais à 4,10%, le 10 ans à 4,37% et le 30 ans à 4,86%, une courbe des taux US qui semble s’attendre à une politique monétaire restrictive de la Fed à court terme, tout en paraissant confiante que la Réserve Fédérale parviendra à mettre l’inflation au pas à plus long terme.

Le dollar débute sa semaine en petite forme, la paire EUR/USD est de retour dans sa zone de désormais résistance entre 1,1400 – 1,1411.

L’or rend un peu plus de 3% la semaine passée et évolue ce matin à 4059 dollars l’once. Le métal jaune avait pourtant progressé de 1,6% vendredi, aidé par un chiffre d’inflation américaine plus faible que prévu, qui avait réduit les anticipations de hausses de taux. Malgré cela, la relique barbare se dirige vers une quatrième semaine consécutive de baisse, sa plus longue série négative depuis août 2023, et recule désormais d’environ 6,8% depuis son pic de janvier. Les flux des ETF restent défavorables, avec des ventes nettes cumulées de 1,81 million d’onces depuis le début de l’année. Le seuil des 4000 dollars l’once constitue donc un support psychologique majeur: une rupture durable marquerait la première clôture sous ce niveau depuis novembre 2025. En Chine, les régulateurs proposent par ailleurs d’assouplir les règles d’import export de l’or afin de simplifier les procédures et de faciliter les échanges, ce qui pourrait soutenir la demande physique à plus long terme. Mais la force du dollar et des rendements obligataires constituent des vents contraire pour le métal jaune, qui tente de casser son canal haussier entamé début 2024 alors qu’une death cross vient de se produire, à suivre de près.

La macro de la fin de semaine écoulée nous apprend que le moral des consommateurs américains mesuré par l’Université du Michigan a été légèrement révisé en hausse en juin, à 49,5 contre 48,9 en première estimation, mais il reste inférieur au consensus qui visait 50,0. Dans le détail, l’évaluation des conditions actuelles a été revue à la baisse, tandis que les anticipations des ménages ont été améliorées. Les attentes d’inflation à un an restent stables à 4,6%, alors que les anticipations à plus long terme reculent légèrement à 3,3%, contre 3,4% auparavant. Côté Fed, Neel Kashkari indique désormais s’attendre à une hausse de taux cette année, en raison d’une inflation qui, selon lui, ne se limite plus seulement à l’énergie mais s’est élargie à d’autres composantes.

Au menu macro-économique de ce lundi, à 16h30 sera publié l’indice manufacturier de la Fed de Dallas pour le mois de juin aux États-Unis. Cet indicateur mesure l’évolution de l’activité industrielle dans la région du Texas et des États voisins. Il permet de savoir si les entreprises manufacturières constatent une amélioration ou une détérioration de leurs commandes, de leur production, de l’emploi et de leurs perspectives. Un chiffre supérieur aux attentes serait plutôt positif pour la croissance américaine, mais pourrait aussi entretenir les craintes de pressions inflationnistes. À l’inverse, un chiffre faible signalerait un ralentissement de l’industrie, ce qui pourrait soutenir l’idée d’une politique monétaire moins restrictive de la Fed.

Lufthansa a démenti vendredi un article du Spiegel affirmant que la compagnie s'apprêtait à immobiliser jusqu'à 40 avions en raison d'une pénurie de kérosène. Apple sollicite l'aval de Washington pour s'approvisionner en puces mémoires auprès du chinois CXMT, selon le FT. SpaceX intégrera l'indice Nasdaq 100 le 7 juillet, a confirmé l'opérateur boursier Nasdaq. Google restreint l'accès de Meta à ses modèles d'intelligence artificielle Gemini, selon le FT. Firmus Technologies conclut un accord avec Nvidia pour l'accès à l'IA. Zuckerberg demande à Meta d'étudier une collaboration avec Polymarket et Kalshi, selon le NYT. SpaceX et Charter envisagent un partenariat dans la téléphonie mobile aux États-Unis, selon Bloomberg News. Samsung Electronics et SK Hynix s'apprêteraient à investir 1300 milliards de dollars sur dix ans, selon l’agence Bloomberg.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse à part le Nifty50 qui égare 0,31%. Tokyo grappille 0,15% à la cloche, Hong Kong gagne 1,95%, Shanghai monte de 1,18% et Séoul égare 0,2%. Le future SPX progresse de 0,5%, son compère du NDX avance de 0,8% pendant que l’Europe ouvre légère progression de 0,2%. Le pétrole traite légèrement sous la barre des 70 dollars le baril de WTI Light Crude.

Sauf surprise, le marché devrait se concentrer sur deux sujets cette semaine, le forum annuel de la BCE à Sintra puis le rapport mensuel sur l’emploi jeudi, oui jeudi car vendredi Wall Street sera fermée dans l’anticipation des festivités du 4 juillet le lendemain.

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