Marchés européens: coup de chaud sur les valeurs de la tech

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Paris recule de 0,71%, lesté par STMicroelectronics (-8,53%). Francfort lâche 0,98% dans le sillage de la chute du fabricant de puces Infineon (-6,26%) et de l’équipementier des semi-conducteurs Suss Micro Tec (-11,11%).

Le coup de chaud sur les valeurs de la tech, moteurs des Bourses pendant la guerre au Moyen-Orient, touche les places mondiales malgré la baisse du pétrole et la poursuite des pourparlers entre l’Iran et les Etats-Unis.

Peu après 16h00 GMT à New York, l’indice Nasdaq des valeurs technologiques continuait de subir des mouvements de vente (-1,41%), au lendemain d’un fort recul déjà (-2,44%), tout comme le S&P 500 (-0,94%).

De son côté, le Dow Jones des valeurs industrielles revenait dans le vert (+0,23%).

Le titre de SpaceX se reprenait (+5,79%) de son nouveau plongeon de la veille (-16,43% à 154,60 dollars), dix jours après l’entrée en Bourse de tous les superlatifs du vaisseau-amiral d’Elon Musk (fusée, satellites, promesses de data centers spatiaux...).

Alphabet (Google) reculait encore (-1,10%) mais un moins que lundi (-5,02% à 349,56 dollars) après le départ de John Jumper, prix Nobel de chimie 2024, vers Anthropic.

En Asie, l’indice Kospi à Séoul a flanché (-9,99%) emporté par ses deux valeurs vedettes Samsung Electronics (-12,31%) et SK Hynix (semi-conducteurs, -12,47%). L’indice Kospi avait progressé de «plus de 300% de hausse en 14 mois», nuance Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.

L’onde de choc s’est propagée mais plus faiblement en Europe où les marchés boursiers sont moins tirés par les valeurs liées à l’intelligence artificielle.

Paris a perdu 0,71%, lestée par STMicroelectronics (-8,53%). Francfort a cédé 0,98% dans le sillage de la chute du fabricant de puces Infineon (-6,26%) et de l’équipementier des semi-conducteurs Suss Micro Tec (-11,11%).

Londres a terminé à quasi à l’équilibre (-0,09%), protégée par des valeurs hors tech (pétrole, mines, banques, assurance, pharmacie) et même le tabac (British American Tobacco +3,14%).

La nouvelle chute lundi de l’action Space X «ravive les doutes sur les niveaux de valorisation de nombreuses entreprises de semi-conducteurs et de technologie», résume Andreas Lipkow de CMC Markets.

«Dans une tendance haussière, il y a des moments de respiration des marchés», ajoute Bastien Drut, responsable de la stratégie et de la recherche économique chez CPR Asset Management, selon qui l’enthousiasme des marchés pour la tech «n’est pas remis en cause» pour autant.

«Il y a eu des trous d’air et des hausse de volatilité sur ces valeurs ces derniers mois. Il est trop tôt pour parler de correction», confirme Andrea Tueni de Saxo.

Ces valeurs encaissent «des prises de bénéfices, notamment à l’approche des résultats de Micron Technology aux Etats-Unis attendus mercredi soir», détaille Alexandre Baradez d’IG France.

Une autre raison de leur recul «se trouve sur le marché obligataire avec des taux qui restent élevés, notamment après un discours plus +hawkish+ (offensif) qu’attendu du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, mais également après les hausses de taux de la Banque du Japon ou encore de la Banque centrale européenne», ajoute-t-il.

En cas de relèvement des taux des banques centrales, les investisseurs peuvent préférer le marché des obligations (bons d’Etat) à celui des actions.

Sur le marché obligataire, le taux d’emprunt américain à dix ans affichait un rendement à 4,48% contre 4,5% la veille, le «Bund» allemand reculait aussi (2,91% contre 2,95% la veille) tout comme son équivalent français (3,68% contre 3,70%).

Le pétrole se stabilise

Le coup de chaud sur les valeurs de la tech a relégué au second plan les bonnes nouvelles en provenance du Moyen-Orient.

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a atteint, sur la journée de lundi, un niveau record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, selon les données de plateformes de suivi maritime croisées mardi par l’AFP.

En Suisse, les négociations se poursuivent, rythmées par des déclarations contradictoires auxquelles les marchés sont désormais habitués.

Donald Trump a affirmé mardi que l’Iran a «pleinement accepté» le retour d’inspecteurs nucléaires dans le pays. Une affirmation contredite par l’Iran.

Les prix du pétrole continuaient de refluer. Vers 16h00 GMT, le baril de Brent de la Mer du Nord perdait 1,23% à 76,94 dollars et le WTI américain cédait 1,11% à 73,04 dollars.

Sur le marché des changes, l’euro s’échangeait à 1,1380 dollar contre 1,1429 la veille.

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