Les chiffres du Swiss Biotech Report 2026, publié début mai, sont impressionnants: avec un chiffre d’affaires de 7,5 milliards de francs, des apports de capitaux de 2,6 milliards de francs et plus de 21'000 employés, le secteur poursuit sa croissance. Derrière ces chiffres se cachent 334 entreprises biotechnologiques actives dans la recherche, qui développent de plus en plus de produits commercialisables tout en bénéficiant d’une demande croissante en services spécialisés de développement et de production. L’accent est mis sur le secteur pharmaceutique et de la santé ainsi que sur le développement de thérapies innovantes. Outre les entreprises décrites dans le Swiss Biotech Report, qui se concentrent sur la recherche, le développement et la production biotechnologiques, il faut également tenir compte des activités des grandes entreprises pharmaceutiques en Suisse, qui, pour leur large gamme de produits, recourent de plus en plus à des procédés biotechnologiques en plus de la synthèse chimique classique des principes actifs. Les prestations des petites start-ups et des PME, moteurs de l’innovation, complètent ainsi celles des grandes entreprises, fortes de leur expertise en matière de développement et de commercialisation de produits.
Pilier industriel
Cette évolution est bien plus qu’un simple instantané. Elle montre que la biotechnologie en Suisse est passée d’une discipline axée sur la recherche à un pilier industriel. Dans le domaine de la biofabrication notamment, de nombreux sites de haute technologie en Suisse produisent des produits extrêmement complexes qui contribuent aujourd’hui de manière significative aux exportations suisses. À elles seules, les protéines thérapeutiques, les thérapies cellulaires innovantes, les vaccins et autres produits immunologiques, toutes produites par biotechnologie ont représenté 20% des exportations totales de la Suisse en 2025, contribuant ainsi à hauteur de 57,4 milliards de francs au commerce extérieur suisse.
Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il est le résultat d’un site qui a misé sans relâche, au fil des ans, sur la qualité, l’ouverture et la collaboration. L’excellence des hautes écoles, l’esprit d’entreprise, l’accès au capital et un réseau international étroit s’imbriquent les uns dans les autres. Il en résulte un écosystème qui non seulement rend l’innovation possible, mais l’accélère également.
Talent et persévérance
C’est précisément cette interaction qui est mise en avant dans le rapport actuel sous le thème «Talent et persévérance». Ces deux éléments sont décisifs : d’une part, les talents, qu’il faut former et retenir, et d’autre part, la persévérance nécessaire pour investir à long terme dans la recherche, le développement et la production. Sans ces facteurs, même les meilleures idées restent sans effet.
Dans le même temps, l’observation de l’évolution internationale montre clairement que cette position ne va pas de soi. D’autres régions développent leurs capacités de manière ciblée, investissent dans les nouvelles technologies et courtisent activement les entreprises et les travailleurs qualifiés. La concurrence en matière de création de valeur et d’innovation s’inscrit depuis longtemps dans une dimension mondiale – et elle s’accélère.
Dans ce contexte, les chiffres actuels permettent surtout de tirer une conclusion: là où les conditions-cadres sont favorables, la croissance s’installe. Là où l’incertitude grandit, on hésite – ou on investit ailleurs.
La compétitivité n’est pas le fruit du hasard
Pour la Suisse, cela n’implique pas de réorientation fondamentale, mais bien des conséquences. Des marchés ouverts, des relations stables et fiables avec les principaux partenaires commerciaux ainsi qu’un environnement réglementaire favorable à l’innovation restent des conditions essentielles – autant de domaines dans lesquels l’association scienceindustries s’engage pour ses membres. La promotion ciblée des talents tout au long de la chaîne de valeur – de la formation à la recherche de pointe – est tout aussi décisive. Le domaine de l’éducation constitue donc également un pilier important des activités de scienceindustries.
La bonne nouvelle, c’est que la Suisse réunit toutes ces conditions. Le secteur des biotechnologies montre tout le potentiel que cela recèle.
Il s’agit désormais de développer davantage cette force – avec une orientation claire et la volonté de garantir des conditions-cadres favorables à l’avenir également.
Car une chose apparaît de plus en plus clairement: la compétitivité ne naît pas par hasard. Elle est le résultat de décisions et de la mise en œuvre cohérente de stratégies visant à préserver et à promouvoir davantage les atouts de la place économique suisse – un facteur décisif dans la concurrence internationale.