Les distributions de dividendes à l’échelle mondiale ont progressé au premier trimestre 2026 au-delà de leur tendance de long terme, atteignant un niveau record de 421 milliards de dollars. A titre de comparaison, 394 milliards de dollars avaient été versés au premier trimestre 2025, soit une hausse de 6,7%. Cette croissance a été soutenue par des fondamentaux solides, bien que son évolution ait été affectée par des effets de base saisonniers marqués.
Au premier trimestre, les marchés développés ont presque entièrement contribué à la croissance nette. En glissement annuel, les distributions en Europe (hors Royaume-Uni) ont augmenté de 34% pour atteindre 68 milliards de dollars. Toutefois, le principal moteur de ces niveaux record a été, de manière saisonnière, l’Amérique du Nord, avec une hausse de 9% à 205 milliards de dollars. La région a ainsi représenté près de la moitié des distributions mondiales. Les dividendes ont également progressé au Royaume-Uni, au Japon et dans la région Pacifique.
Deux secteurs en point de mire
Au premier trimestre, deux secteurs se sont particulièrement distingués. En Amérique du Nord, les valeurs financières ont été de loin le principal moteur de croissance, contribuant à hauteur de 8,3 milliards de dollars (soit 31% de la croissance mondiale des dividendes), portées par un surplus de capital et des bénéfices résilients. Les hausses de dividendes ainsi que l’accélération des rachats d’actions ont fait suite à la réussite des banques américaines aux tests de résistance de la Réserve fédérale. Sur les 205 milliards de dollars de dividendes versés en Amérique du Nord, 45 milliards provenaient du secteur financier, illustrant clairement son influence disproportionnée.
En Europe hors Royaume-Uni, la croissance s’est largement concentrée dans le secteur de la santé: quelques groupes pharmaceutiques ont contribué à l’essentiel de la hausse, soutenus par des dividendes annuels plus élevés versés en mars, dans un contexte de fondamentaux solides. Ainsi, sur les 17 milliards de dollars de croissance des distributions en Europe, 7 milliards provenaient du secteur de la santé.
Recul en Chine et dans les marchés émergents lié aux effets de base
Ces solides performances ont compensé les replis observés en Chine et dans les marchés émergents, principalement imputables à des effets de base, notamment dans le secteur financier. Au total, l’Amérique du Nord et l’Europe ont contribué à hauteur de 27 milliards de dollars à la croissance, tandis que la Chine et les marchés émergents ont pesé négativement sur la dynamique globale.
La baisse de 10 milliards de dollars des distributions de dividendes dans le secteur financier chinois ne reflète toutefois pas un affaiblissement des fondamentaux, mais résulte d’un décalage calendaire: les quatre plus grandes banques sont passées à un rythme de distribution semestriel et ont versé les dividendes intermédiaires du premier semestre 2025 dès décembre 2025. Cette anticipation a déplacé une partie des paiements sur l’année civile 2025, limitant ainsi les montants disponibles au premier trimestre 2026. Ce décalage a pesé sur les distributions du T1, alors même que la capacité annuelle de distribution est restée inchangée.
Les marchés émergents (hors Chine) ont également enregistré un recul en glissement annuel, en raison d’un premier trimestre 2025 exceptionnellement élevé, principalement porté par les valeurs financières brésiliennes. Malgré le rôle toujours important du Brésil comme source de distributions élevées en valeur absolue – ainsi qu’un taux de change BRL/USD plus stable – les dividendes sont restés inférieurs à leur niveau de l’année précédente.
Un trimestre solide en perspective
Au deuxième trimestre, l’Europe hors Royaume-Uni devrait dominer les distributions mondiales de dividendes, reflétant le caractère structurellement marqué de la saison des dividendes en avril et mai. Les valeurs de l’énergie et des matières premières pourraient également redevenir des moteurs en 2026, si les prix restent élevés dans un contexte de risques géopolitiques persistants.
Dans un environnement où les investisseurs privilégient de plus en plus des revenus stables et des risques de valorisation plus limités, les entreprises disposant de bilans solides et de taux de distribution durables pourraient continuer à renforcer leur politique de dividendes. Les stratégies diversifiées axées sur les dividendes élevés devraient ainsi continuer à jouer un rôle important en 2026 – tant pour stabiliser les portefeuilles que comme source fiable de revenus réguliers.
Allocation mondiale des dividendes T1 2026

Part des distributions de dividendes mondiales dans le rendement depuis 1994
