Malgré les incertitudes géopolitiques, les droits de douane et la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, l’économie américaine respire la forme. Toute l’économie américaine? Sans doute pas. Mais les branches qui ne sont pas soumises aux droits de douane se portent au mieux. Elles comptent pour beaucoup dans la croissance et sont les leaders de la bourse. Il s’agit bien sûr des secteurs liés à l’IA.
Grâce à l’IA, l’économie profite d’un fort vent dans le dos en 2026, reconnaît l’Office fédéral de l’analyse économique (BEA). Les investissements privés en ordinateurs et périphériques ont véritablement décollé. La hausse est spectaculaire à partir de 2023, quand ils s’élevaient trimestriellement à environ 150 milliards. Ils ont ensuite grimpé à 217 milliards au premier trimestre 2025 et maintenant à 354,9 milliards au premier trimestre 2026. L’an dernier, ce secteur a bondi de 49%.
L’institut Cato explique que le boom de l’investissement dans l’IA est alimenté par les importations de servers et de tout ce qui les Datacenters et les technologies liées à l’IA ont besoin. Or les importations américaines des intrants liés à l’IA sont presque entièrement exonérés de droits de douane depuis une décision prise par Donald Trump au milieu de l’année dernière. Si les tarifs effectifs moyens dépassent 10%, ceux des ordinateurs et des périphériques sont inférieurs à 0,5%, après un sommet de 1,35% en avril 2025.
«Les importations américaines des intrants liés à l’IA sont presque entièrement exonérés de droits de douane».
Hausse des dépenses publiques
Dans les faits, selon le BEA, si la croissance du PIB s’élève à 2% au premier trimestre, celle des ventes aux aux acheteurs domestiques privés (investissements et consommation) atteint 2,5%. Attention toutefois de ne pas ignorer que le PIB a aussi profité d’une augmentation de 9% des dépenses fédérales!
L’activité massive des leaders de la tech, les Amazon, Google, Microsoft et autres explique clairement cette évolution. Amazon semble est le groupe qui a investi le plus, avec un plan de plus de 200 milliards.
Au sein des 7 magnifiques, à la présentation des derniers résultats trimestriels, c’est Alphabet qui est ressorti le grand gagnant, avec un cloud en croissance de 63%, selon une analyse de John Plassard, partenaire auprès de Cité Gestion. Apple a également présenté de solides résultats. Mais Amazon a légèrement déçu les attentes implicites et Meta a chuté à la publication d’une explosion de ses investissements «sans visibilité claire sur le retour immédiat». Le marché opère un sérieux travail de sélection sur les gagnants de la monétisation de l’IA.
Le boom de l’IA n’est évidemment pas dû uniquement par l’absence de droits de douane. En revanche, selon l’institut Cato, «on ne peut s'empêcher de se demander combien d'autres secteurs américains pourraient bénéficier de la même manière du traitement «spécial» dont jouit aujourd'hui le secteur de l'IA – c'est-à-dire le traitement dont bénéficiait pratiquement tous les secteurs avant que le mur tarifaire de Trump ne soit érigé l'année dernière».
Il suffit de penser à l’industrie automobile, dernière branche sur laquelle Donald Trump a relevé les droits de douane (25% pour les pays de l’UE). Les importations représentent la moitié des véhicules vendus aux Etats-Unis. Elles proviennent en premier du Mexique (78 milliards en 2024), devant le Japon et la Corée du Sud.
Le fait que les marchés américains battent des records souligne à quel point les investisseurs américains considèrent la crise au Moyen Orient comme un événement négligeable. Il est vrai que l’économie américaine est considérablement moins dépendante de l’énergie pétrolière. Mais une autre source de coûts a émergé en 2025, les droits de douane, et elle contribue de plus en plus à opérer une sélection entre les gagnants et les perdants.