L’heure de la Fed n’a pas encore sonné

Mabrouk Chetouane, Natixis IM

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La Fed pourrait réduire de 25 pb à 50pb son taux directeur pour 2026.

Sans l’ombre d’un doute, la Fed devrait maintenir son taux directeur inchangé lors du prochain comité de politique monétaire (dans une fourchette comprise entre 3,5% et 3,75%), en dépit des pressions émanant de la sphère énergétique. L’essentielle de la hausse des prix à la consommation observée en mars dernier était imputable à l’appréciation de la partie énergétique et alimentaire. 

Le faisceau d’information à la disposition des membres votants du FOMC ne permet pas pour l’heure d’identifier une éventuelle transmission de la hausse des prix de l’énergie vers les prix sous-jacents. En outre, les données indiquent qu’il faut compter en moyenne un trimestre avant de constater une diffusion des tensions nominales vers la partie sous-jacente. Aujourd’hui, seules les enquêtes interrogeant le sentiment des consommateurs ou des entreprises réagissent significativement au choc énergétique, dans un contexte où quelques doutes subsistent quant à la solidité du marché du travail. 

A cette heure, les anticipations des investisseurs demeurent solidement ancrées sur la projection médiane de la Réserve Fédérale, soit une baisse de taux de 25 bps d’ici la fin de l’année. L’enjeu de cette réunion est à notre sens double : primo, cadrer les anticipations en matière de taux et d’inflation des investisseurs afin d’éviter tout durcissement non désiré des conditions financières et secundo, se laisser un éventail d’options disponibles afin de faire face à tout type de scénario. 

Ce choc énergétique, qui est de nature à déprimer l’offre (soit par le canal des quantités ou des prix), pourrait entraîner dans son sillage un affaissement significatif de la demande globale. Nous estimons que les risques sur le cycle pourraient se matérialiser et que la fonction de réaction de la Fed continue de pondérer davantage l’activité économique et par conséquent le marché du travail. Nous maintenons que la Fed pourrait réduire de 25 pb à 50pb son taux directeur pour 2026 non pas pour satisfaire les vœux de la maison blanche mais pour la nécessité de soutenir la demande.

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