Rémunération des PDG en Europe: la région DACH reste à la traîne par rapport à la France

Heidrick & Struggles

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Un gain moyen de 680’000 euros pour les CEO allemands, autrichiens et suisses, contre 816’000 euros pour les dirigeants français, selon une récente étude.

La rémunération des PDG des entreprises du portefeuille de capital-investissement est de plus en plus utilisée comme un outil de pilotage stratégique par les investisseurs financiers. Une étude actuelle montre que, dans un contexte marqué par une faible activité de transactions et des sorties retardées, la performance opérationnelle prend de l'importance — et, par conséquent, la rémunération de ceux qui sont censés la générer.

A l'échelle européenne, la rémunération totale moyenne en espèces a ainsi augmenté de 17% pour atteindre environ 750’000 euros en 2025. Cette hausse est moins due à la croissance qu'à la pression. Les sociétés de capital-investissement sont contraintes de réaliser davantage de plus-values à partir de leurs participations existantes. En conséquence, les entreprises sont de plus en plus disposées à payer des salaires élevés aux PDG expérimentés capables de gérer des situations complexes de transformation ou de redressement. C'est ce que révèle une étude récente publié par le cabinet de recrutement Heidrick & Struggles.

Au sein de l'Europe, le tableau est toutefois nuancé. La région DACH (Allemagne, Autriche, Suisse) se positionne au milieu du classement, avec une rémunération totale moyenne d'environ 680’000 euros, et reste en retrait par rapport à la France, où les PDG gagnent en moyenne environ 816’000 euros. Pour les investisseurs financiers, cet écart est significatif, car il reflète des philosophies et des mécanismes de rémunération différents.

Alors qu'en France, des packages de rémunération plus agressive, avec des parts de bonus plus élevées, sont courants, la région DACH reste plus structurée et prudente. Les composantes variables de la rémunération sont moins élevées, ce qui témoigne d'approches de gouvernance plus conservatrices et d'une politique de rémunération traditionnellement plus prudente. Pour les investisseurs en capital-investissement, cela signifie également moins de flexibilité pour renforcer les incitations à court terme.

Parallèlement, l'analyse montre que les facteurs d'influence classiques dominent du point de vue des investisseurs: la taille de l'entreprise reste le levier central pour le montant de la rémunération, tandis que des facteurs individuels, tels que l'expérience du PDG, jouent un rôle secondaire. Ce n'est pas tant le CV qui est déterminant que la capacité à concrétiser le potentiel de création de valeur au sein du portefeuille.

En revanche, un large consensus règne autour des systèmes d'incitation à long terme. Les participations sous forme d'actions constituent l'instrument central d'alignement des intérêts entre la direction et les investisseurs. Dans de nombreux cas, la participation attendue dépasse les 5%, ce qui indique clairement que le capital-investissement continue de miser fortement sur le «skin in the game» pour garantir la performance.

Du point de vue des investisseurs, on remarque également une différence structurelle au niveau des mécanismes de protection. Les PDG de la région DACH sont nettement moins souvent protégés par des clauses d'indemnité de départ que leurs homologues européens, notamment en France. Si cela réduit les coûts potentiels liés aux performances négatives pour les investisseurs, cela pourrait toutefois nuire à l'attractivité des mandats dans des situations plus complexes.

En conclusion, l'étude met en évidence une tendance claire: dans le secteur du capital-investissement, la rémunération des PDG est de plus en plus utilisée comme un instrument tactique de création de valeur. Alors que la France mise davantage sur les incitations financières, la région DACH reste plus prudente, mais risque ainsi de subir une pression accrue dans la course aux cadres supérieurs.

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