Le dollar accélère sa baisse vendredi après l’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz, dans un contexte de refroidissement des tensions entre Téhéran et Washington.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré vendredi complètement «ouvert» le très stratégique détroit d’Ormuz, essentiel pour le commerce des hydrocarbures dans le monde, tant que durera la trêve au Moyen-Orient.
Cette annonce a été aussitôt saluée par Donald Trump, qui précise cependant que le blocus mis en place par les Etats-Unis sur les ports iraniens restera en vigueur jusqu’à ce qu’un accord soit conclu avec l’Iran.
En conséquence, le billet vert recule, «les investisseurs se débarrassant progressivement de leurs positions refuges qui avaient soutenu la devise américaine», constate Neil Wilson, de Saxo Markets.
Vers 15h45 (heure suisse), la devise américaine perdait 0,47% face à la monnaie unique européenne, à 1,1837 dollar pour un euro, 0,34% par rapport à la livre sterling, et 0,61% face au yen japonais.
En début de séance déjà, le billet vert était «fragilisé» par un «optimisme persistant quant à la conclusion prochaine d’un accord entre les États-Unis et l’Iran et à un rétablissement rapide de l’approvisionnement énergétique», constatait Derek Halpenny, analyste chez MUFG.
Donald Trump a déclaré jeudi que l’Iran avait accepté de céder son uranium enrichi, l’une des exigences des Etats-Unis pour s’accorder avec Téhéran, et estimé avoir de «très bonnes chances» de parvenir à un accord.
Un cessez-le-feu est aussi entré en vigueur au Liban vendredi pour dix jours, bien que l’armée libanaise a dénoncé aussitôt des violations de la part d’Israël dans le sud du pays.
Le billet vert avait grimpé avec la guerre, profitant de son statut de valeur refuge en temps d’incertitudes, de devise d’échange des hydrocarbures et de la relative indépendance énergétique des Etats-Unis par rapport au Golfe.
La réouverture du détroit devrait également affaiblir les attentes de hausses des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre (BoE) - les investisseurs anticipant jusqu’ici qu’elle relève son taux directeur une fois avant septembre pour lutter contre l’inflation - et de la Banque centrale européenne (BCE) - pour qui les marchés prévoyaient près de deux hausses cette année -, selon Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Dans le compte-rendu de sa réunion de mars dévoilé jeudi, la BCE avait insisté sur la nécessité de garder «la main ferme» en pleine guerre au Moyen-Orient, se donnant le temps d’évaluer ses répercutions économiques avant toute riposte monétaire.
L’or profite de la faiblesse du dollar, actif refuge concurrent, pour prendre 1,63%, à 4868,39 dollars l’once.