Le dollar ne monte que légèrement jeudi, les investisseurs semblant relativement rassurés dans l’attente de nouveaux pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran, et modérant en conséquence leurs projections de hausses des taux d’intérêts des grandes banques centrales.
«L’optimisme des investisseurs se manifeste davantage», dans l’espoir d’un déblocage du stratégique détroit d’Ormuz, remarque Benjamin Schroeder, analyste chez ING.
Washington a annoncé discuter de la tenue d’une deuxième session de négociations avec Téhéran, se disant «optimiste» sur les chances d’un accord, après la menace de l’Iran de bloquer la circulation en mer Rouge face au blocus américain de ses ports.
Donald Trump a en parallèle annoncé que les «dirigeants» d’Israël et du Liban allaient se parler jeudi, ce qui constituerait une première entre les deux pays en état de guerre.
Cependant, «la prudence reste de mise» et devrait continuer de soutenir le dollar, relève son collègue Chris Turner.
Vers 11h35 (heure suisse), la devise américaine grignotait 0,12% à la monnaie unique européenne, à 1,1784 dollar pour un euro, et autant à la livre sterling, à 1,3545 dollar.
«Le discours des banques centrales apparait également moins restrictif sur les taux qu’en début de semaine», souligne M. Schroeder, qui note que la Banque centrale européenne (BCE) a «laissé entendre qu’une hausse des taux en avril est peu probable, même si elle n’est pas exclue».
La BCE doit par ailleurs publier ce jour le compte-rendu de sa réunion de politique monétaire de mars dernier.
Avec la guerre, le monde est confronté à «un choc énergétique majeur» qui entraînera une hausse des prix, mais «nous n’allons pas nous précipiter pour porter des jugements» sur les taux d’intérêts, a de son côté affirmé le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) Andrew Bailey à la BBC, qui participait mercredi aux rencontres du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.
Le responsable monétaire a «repoussé les attentes du marché concernant une hausse des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre cette année, préconisant une attitude attentiste, ce qui laisse penser que la Banque d’Angleterre les maintiendra inchangés lors de sa réunion de fin de mois», en conclut Kathleen Brooks, de XTB.