Wall Street passe manifestement à autre chose et semble mettre le conflit démarré par les Etats-Unis et Israël le 28 février dans son rétroviseur, ce qui permet un retour marqué et remarqué du FOMO (Fear Of Missing Out), du TINA (There Is No Alternative…but stocks), du YOLO (You Only Live Once) mais avant tout du HOPE (Hold On! Peace Eventually).
Dans les faits rien n’est fait, mais tout un chacun sait bien que Downtown Manhattan c’est plus le narratif que le factuel qui compte. En parallèle à ce puissant retour d’optimisme dans les travées boursières, les grandes banques Etats-Uniennes publient des résultats globalement bons, les dirigeants d’entreprises mettent en avant la solidité de la première économie du monde et la publication de l’indice américain des prix à la production rassure. Alors certes un nombre infime de navires est passé par le fameux détroit mais ne chipotons pas, puisqu’on vous dit qu’on a tourné la page.
Dixième séance consécutive de hausse pour le Nasdaq100 (NDX), on n’avait plus vu cela depuis 2021. L’indice phare de la tech regarde à nouveau son record historique dans le blanc des yeux, en revanche une death cross menace encore et toujours, à un horizon de deux séances au maximum. Le S&P500 (SPX) pour sa part en est à 9 séances de suite dans le vert, lui aussi clôture si près de son plus haut historique qu’on se demande quand et pas si il le revisitera. La death cross ne menace quasiment plus, l’indice n’est pas suracheté, tapis rouge pour les taureaux sur cette partie à court terme. Le podium du jour du SPX se compose des services de communication, de la consommation discrétionnaire et de la tech, le seul secteur étant sérieusement maltraité hier est sans surprise l’énergie, qui subit de plein fouet le repli du baril de pétrole, le WTI Light Crude recule à 91,32 dollars, c’est bien mais gardons en tête que ce niveau est nettement plus élevé que celui d’avant-guerre.
Les volumes d’échanges sont stables, le breadth positif dans un ratio de 2 contre 1, on jette un œil à l’indice S&P500 équipondéré (SPW), qui progresse hier de 0,39% contre +1,18% au SPX, froncement de sourcil de circonstance, regard en direction des géants de la tech que l’on retrouve tout sourire, caramba encore eux ! qui tiennent la cote à bouts de bras, pendant que les semi-conducteurs (SOX) s’offrent leur 4ème record historique à la suite et que les logiciels sont portés par Microsoft (MSFT +2,27%) et Oracle (ORCL +4,77%). Même les petites capitalisations (Russell2000 RTY) sont de la fête hier, l’indice termine sa séance très près de son plus haut historique. La volatilité est sans surprise envoyée 4% plus bas, le VIX se ratatine à 18,36, pendant que les acteurs du marché obligataire se détendent et envoient le rendement du 10 ans US à 4,26%.
Côté monnaies la bagarre est rude autour de 1,1800 pour la paire EUR/USD. L’or recule légèrement ce matin, l’once évolue à 4814 dollars. Les niveaux à suivre sont super simples, on regarde 4900 dollars (moyenne mobile à 50 jours) et 4700 dollars (100 jours).
Les prix du pétrole reculent nettement ce mardi sous l’effet d’un regain d’optimisme quant à une possible résolution du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Les marchés anticipent une reprise des négociations, après une première rencontre sans accord au Pakistan, tandis que Donald Trump évoque des interlocuteurs iraniens favorables à un compromis et que l’Arabie saoudite pousse à la levée du blocus. La pression internationale s’intensifie pour rouvrir le détroit d’Hormuz, avec des initiatives européennes et chinoises en faveur d’un apaisement. Malgré ces espoirs, le conflit a déjà fortement perturbé le marché: l’offre mondiale de pétrole a chuté de plus de 10 millions de barils par jour, une perturbation qualifiée d’historique, tandis que la demande devrait légèrement reculer cette année. Le fait que le pétrole américain (WTI) se traite de nouveau avec une décote par rapport au Brent reflète toutefois un regain d’anticipation d’un accord de paix, même si les risques sur l’approvisionnement restent élevés.
On se penche sur la macro d’hier avec les indicateurs d’inflation aux États-Unis qui ressortent plus faibles que prévu en mars. L’indice des prix à la production (PPI) progresse de 0,5% sur un mois, bien en dessous des attentes (1,1%), et l’inflation sous-jacente (hors éléments volatils) n’augmente que de 0,1%, également inférieure aux prévisions. Cela suggère un ralentissement des pressions inflationnistes. Côté emploi, les données d’ADP montrent une création régulière d’emplois dans le secteur privé sur les quatre dernières semaines, mais à un rythme modéré. En revanche, le moral des petites entreprises (indice NFIB) continue de se dégrader et passe sous sa moyenne historique, signalant une certaine inquiétude économique. Du côté de la Réserve fédérale, Austan Goolsbee estime que des baisses de taux pourraient être repoussées jusqu’en 2027 en raison des incertitudes liées à la guerre avec l’Iran. Enfin, l’audition de confirmation de Kevin Warsh pour diriger la Fed est prévue la semaine prochaine, même si des oppositions politiques subsistent.
Il se trouve que Kevin Warsh dispose d’une fortune très importante, estimée entre 131 et 209 millions de dollars selon des documents officiels. Avant sa nomination, il a perçu plus de 13 millions de dollars en honoraires de conseil auprès de grandes institutions financières, dont 10,2 millions versés par le family office du milliardaire Stanley Druckenmiller. Ses revenus incluent également des prestations de conseil pour plusieurs fonds d’investissement ainsi que 1,4 million de dollars en conférences rémunérées par des acteurs majeurs comme State Street ou Eli Lilly. Il détient notamment deux participations majeures (plus de 50 millions chacune) dans le Juggernaut Fund, qu’il devra céder s’il est confirmé, tout comme d’autres actifs afin de respecter les règles éthiques. Sa richesse et ses liens récents avec des institutions que la Fed supervise pourraient être au cœur de son audition au Sénat. Warsh siège aussi aux conseils d’administration de UPS et Coupang, et possède de nombreuses participations dans des start-up. Enfin, son épouse, Jane Lauder, héritière de l’empire Estée Lauder, est elle-même milliardaire. Warsh s’est engagé, en cas de confirmation, à quitter ses fonctions dans plusieurs organisations et à céder une partie importante de ses actifs sous 90 jours.
Donald Trump déclare à Fox Business qu’il considère que la guerre est «très proche de la fin», alors même que Washington se prépare à laisser expirer ce week-end une dérogation aux sanctions visant le pétrole iranien.
Plus de 20 navires commerciaux, ne faisant pas escale dans des ports iraniens, ont traversé le détroit au cours des dernières 24 heures, selon le WSJ. Un superpétrolier à destination de l’Irak, qui avait auparavant interrompu sa traversée, est désormais en train de franchir la voie maritime.
Scott Bessent indique que les droits de douane de Trump pourraient être rétablis d’ici juillet aux niveaux en vigueur avant la décision de la Cour suprême. Il qualifie également le modèle Mythos de Anthropic d’avancée révolutionnaire qui permettra aux États-Unis de rester en tête face à la Chine dans l’intelligence artificielle.
Au menu macro-économique de ce mercredi, la production industrielle en zone euro (11h), les prix à l’importation et à l’exportation aux Etats-Unis, l’indice Empire State Manufacturing et le discours de Michael Barr (FED), tout cela à 14h30. À 16h nous prendrons connaissance des stocks hebdomadaires de pétrole aux USA, Michelle Bowman (Fed) s’exprimera à 19h45 et à 21h30 ce sera le tour de Christine Lagarde.
Hermès voit sa croissance organique ralentir à 5,6% au premier trimestre. Kering toujours sous pression au premier trimestre, mais le titre monte hors séance à Wall Street. Renault va réduire ses effectifs en ingénierie de 15 à 20% sur les deux prochaines années. ASML améliore ses performances au premier trimestre. Sandoz s'associe au Rwanda pour l'approvisionnement direct de médicaments essentiels en Afrique. Meta Platforms visée par une action de groupe en Italie suite au piratage de données sur Facebook.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse. Tokyo prend 0,44% à la cloche, Hong Kong gagne 0,63%, Shanghai grappille 0,01%, Séoul décolle de 2,07% et le Nifty50 s’adjuge 1,59%. Le future SPX rend une infime partie des gains récents, l’Europe se replie de 0,3% dans les premiers échanges.