La Suisse parvient à tirer son épingle du jeu malgré les profondes transformations géopolitiques, ainsi qu’il ressort d’une conférence de presse d’EFG International, mardi. Les investisseurs, inquiets par la politique américaine, se détournent du dollar et des actifs américains.
Les actions américaines sous-performent même de 20 points de base les actions Monde hors US depuis 18 mois, selon GianLuigi Mandruzzato, Senior Economist auprès d’EFG International.
Dans l’analyse des meilleures alternatives au dollar, la Suisse est très bien placée, selon EFG International, premièrement en raison de sa stabilité politique et de sa fiabilité, ainsi qu’elle ressort des classements de la Banque Mondiale. Sa dette publique est très inférieure à celle des Etats-Unis et de la zone euro. La balance de ses comptes courants est largement excédentaire et son mix énergétique est favorable, y compris en raison d’une moindre dépendance aux énergies fossiles que les Etats-Unis ou la zone euro.
La hausse du franc devrait se poursuivre
Le franc suisse a nettement progressé depuis 25 ans, en réponse à ses fondamentaux, mais il n’est pas sur-évalué, selon GianLuigi Mandruzzato. Son niveau est «correct» et pourrait continuer de progresser tant par rapport au dollar, engagé dans un trend baissier à long terme, que par rapport à l’euro. Il suffit de considérer l’écart d’inflation avec celui de ses concurrents pour imaginer sa tendance future. Toutefois, depuis le début du siècle, la valeur réelle du franc réel pondéré du commerce extérieur est très stable.
Malgré la hausse nominale du franc, l’industrie représente 18% du PIB suisse, note Damian Burkhardt, Head Swiss Equities & Senior Portfolio Manager auprès d’EFG International. Ses entreprises parviennent à progresser en partie parce qu’elles doivent sans cesse innover pour compenser la hausse du franc.
La Suisse est numéro un mondial de l’innovation, rappelle-t-il. La performance boursière des petites et moyennes capitalisations reflète la bonne tenue des entreprises suisses. «Ce sont elles les magnifiques», avance Damian Burkhardt, par référence au concept des 7 magnifiques. Depuis le début du siècle, la performance de l’indice des small & mid-caps suisses est meilleure que celle de l’indice S&P 500 ans, ajoute-t-il.
Les efforts en termes de recherche et développement (R&D) constituent le moteur de leur performance, commente-t-il. «D’ailleurs pour comprendre leurs perspectives, lorsque je visite la direction des entreprises, j’accorde une grande importance à l’entretien avec le responsable de la R&D», ajoute Damian Burkhardt. Parmi les exemples de cette excellence, le gérant cite SFS, un sous-traitant d’Apple dans les iPhones, Medacta, une entreprise medtech en forte croissance, Daetwyler, qui participe à la production des capsules Nespresso.