La BNS devrait maintenir ses taux inchangés dans un environnement macroéconomique complexe

Martina Honegger-Romahn, Allianz Global Investors

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Les flux sur les valeurs refuges liés aux tensions géopolitiques au Moyen Orient ont probablement accru la demande pour le franc, renforçant l’hypothèse que la BNS intervient déjà sur le marché des changes.
  • Alors que l'inflation et la croissance économique restent faibles, les tensions géopolitiques ont entraîné une hausse des coûts de l’énergie et un renforcement du franc.
  • Les interventions sur le marché des changes devraient rester la première ligne de défense privilégiée par la BNS avant tout recours à une baisse des taux d’intérêt.

A l’approche de la réunion du 19 mars, la Banque nationale suisse (BNS) fait face à un contexte complexe. L’inflation reste extrêmement faible à 0,1% en glissement annuel, la croissance économique est modeste et le secteur manufacturier suisse continue de se contracter. Parallèlement, un taux de change EUR/CHF historiquement fort exerce une pression supplémentaire sur une économie largement orientée vers les exportations.

Néanmoins, la hausse des coûts de l’énergie devrait, selon les anticipations, entraîner une augmentation de l’inflation. Dans le même temps, les signaux économiques positifs en provenance de la zone euro pourraient soutenir les exportations suisses et réduire la pression sur la BNS pour qu'elle adopte une politique monétaire plus agressive.

Les flux sur les valeurs refuges liés aux tensions géopolitiques au Moyen Orient ont probablement accru la demande pour le franc, renforçant l’hypothèse que la BNS intervient déjà sur le marché des changes. Cela serait cohérent avec les précédents épisodes de tensions financières, tels que la période autour du «Liberation Day» le 2 avril dernier, lorsque les Etats Unis avaient imposé des droits de douane globaux sur les importations.

Il est également notable que le président de la BNS a rappelé à plusieurs reprises que les interventions sur le marché des changes demeuraient la première ligne de défense de la banque avant toute baisse de taux. A moins que le franc ne s’apprécie fortement ou que les perspectives économiques nationales ne se détériorent nettement, nous prévoyons que la BNS s’appuiera principalement sur les interventions de change à court terme tout en maintenant ses taux directeurs inchangés.

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