Marchés en Asie: face au conflit, la Bourse de Séoul décroche

AWP

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A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a chuté de 3,06% à 56’279,05 points à la fermeture, tandis que l’indice élargi Topix a perdu 3,24% à 3772,17 points.

Le pétrole conforte ses gains mardi au lendemain d’une flambée des cours de l’énergie, tandis que la Bourse de Séoul a dévissé de 7% à l’unisson d’un repli des autres places asiatiques, suspendues aux développements de la guerre au Moyen-Orient.

Le Brent tutoie toujours les 80 dollars

Après s’être envolés de plus de 6% en clôture lundi, les cours du pétrole continuent de grimper: vers 06h30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord gagnait 2,43% à 79,65 dollars, et le baril de WTI nord-américain prenait 1,90% à 72,58 dollars.

Les marchés de l’énergie avaient connu la veille un choc mondial, avec une flambée des prix du pétrole et du gaz, la guerre au Moyen-Orient menaçant une région cruciale dans la production et l’exportation d’hydrocarbures.

Le détroit d’Ormuz, goulet d’étranglement par lequel transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, est désormais fermé de facto au trafic: sur fond d’explosion des primes d’assurance, les principales compagnies maritimes ont suspendu leurs traversées.

Un général des Gardiens de la Révolution iraniens a menacé lundi de «brûler tout navire» tentant de franchir le détroit d’Ormuz, ajoutant que Téhéran attaquera aussi les oléoducs pour «ne pas laisser une seule goutte de pétrole quitter la région».

«Plus la perturbation se prolonge, plus le risque de voir d’autres installations et infrastructures de la région du Golfe mises hors service est élevé. Les producteurs du Golfe disposent certes de capacités de stockage, d’oléoducs et navires-citernes, mais ces ressources ne sont pas illimitées», commente mardi Chris Weston, du courtier Pepperstone.

Lundi, la compagnie énergétique publique qatarie QatarEnergy a déjà annoncé avoir interrompu sa production de GNL après des attaques iraniennes contre les installations de deux de ses principaux sites de traitement de gaz. Plus tôt, une des plus grandes raffineries d’Arabie saoudite a dû interrompre certaines opérations.

«Les tarifs de transport maritime pour les grands navires ont pratiquement doublé du jour au lendemain, et si les perturbations persistent ou si l’on craint une réduction plus importante de la production régionale, le Brent pourrait se maintenir durablement au-dessus de 80 dollars», prévient M. Weston.

Bourses sous pression, Séoul décroche

A la Bourse de Séoul, où reprenaient les échanges après un lundi férié, l’indice vedette Kospi a lâché en clôture 7,24% à 5.791,91 points, plombé par un effet de rattrapage.

A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a chuté de 3,06% à 56’279,05 points à la fermeture, tandis que l’indice élargi Topix a perdu 3,24% à 3772,17 points.

Sydney a abandonné 1,34%, Taipei 2,20% et l’indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Les investisseurs continuent de jauger l’impact des perturbations sur l’approvisionnement énergétique et les routes de fret internationales.

«La Corée du Sud est une économie fortement dépendante des exportations, et les signes d’escalade du conflit ont accentué l’incertitude», indique à l’AFP Kim Dae-jong, professeur de commerce à l’université Sejong.

Les champions des puces Samsung et SK Hynix ont dévissé de plus de 10%: ils pourraient voir leurs coûts logistiques bouleversés, et leur demande se ternir en cas de durcissement monétaire américain face à l’inflation énergétique, de quoi affecter le financement d’une IA déjà sous pression.

Par ailleurs, «le pays dépend entièrement des importations d’énergie, dont environ 70% transitent par Ormuz, ce qui rend un impact quasi-inévitable», poursuit M. Kim.

A Tokyo, les groupes exportateurs ont souffert, à l’image du constructeur automobile Toyota (-6,13%).

Les compagnies aériennes, bousculées par la fermeture du ciel au Moyen-Orient, ont pâti aussi, comme Japan Airlines (-6,43%) et ANA (-3,29%). L’énergéticien japonais Tepco, importateur de gaz, a lâché 4,55%.

«Le principal canal par lequel le conflit au Moyen-Orient affecte les économies asiatiques est la hausse des coûts de l’énergie», qui pourraient renforcer l’inflation, ajoute Capital Economics.

Or et dollar se stabilisent

Traditionnel refuge des investisseurs face aux incertitudes géopolitiques et au risque d’inflation, l’or maintenait ses gains, se stabilisant vers 06h30 GMT à 5.307 dollars l’once.

Le dollar se stabilisait aussi, après avoir nettement progressé la veille, soutenu par son statut de valeur refuge et par l’envol des prix du pétrole, qui font planer le risque de renforcer l’inflation aux Etats-Unis et retarder des baisses de taux de la Réserve fédérale (Fed).

Le billet vert faisait du surplace à 157,27 yens pour un dollar.

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