Gonet: l'actualité des marchés au 16 février

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,1%, S&P 500 +0,05%, Nasdaq -0,22%, Russell +1,18%, SOX +0,66%, Eurostoxx -0,43%%, SMI +0,52%.

Le très attendu indice des prix à la consommation aux Etats-Unis (US CPI) rassure tout le monde vendredi, l’inflation se rapproche un peu plus que prévu de l’objectif de 2% de la Fed avec un rassurant 2,4%, en décembre c’était 2,7% et les économistes prédisaient 2,5%. Wall Street débute donc logiquement sa séance pétrie des meilleures intentions, on prend la direction du nord mais cela ne dure guère, dans les deux dernières heures de trading les vendeurs refont surface et envoient les indices autour de l’équilibre, les craintes autour de l’intelligence artificielle et sa capacité disruptive ne parviennent pas à se dissiper. Pourtant le CPI semble ouvrir une porte monétaire accommodante à la Fed, le marché adore cela, en général il mord sans hésiter à l’hameçon, pas cette fois manifestement, pourtant le marché obligataire fait le travail de son côté et envoie le rendement du 10 ans dans les cordes, il recule de 4,12% avant le rapport à 4,05% ce matin, c’est à 4,00% que l’on verra de quoi il retourne précisément, ce niveau constitue un support de choix.

Bilan de la semaine, un repli de 2,1% pour l’indice Nasdaq Composite, de 1,4% pour le SPX et de 0,9% pour le Russell2000 (RTY). La volatilité progresse de 3% sur la semaine, un bien faible sursaut, le VIX évolue autour de 20, on en reparle à 30. On constate un léger repli de l’or et du pétrole sur la semaine, le métal jaune revient à 5000 dollars l’once, son principal support se situe à 4644 dollars (moyenne mobile à 50 jours). Côté monnaies c’est calme, la paire EUR/USD s’est posée ce matin à 1,1864, elle ne bouge quasiment pas depuis 3 séances. On notera que les investisseurs viennent se réfugier dans les utilities la semaine passée, le S&P500 utilities sector gagne 7,1% sur 5 séances pour clôturer à un niveau record. C’est un moment intéressant pour le marché des actions, des baisses de taux par la Fed sont de plus en plus dans les cartes, le niveau général des prix reflue et le plus grand nombre semble paniquer au sujet de la tech et des logiciels. On dirait bien qu’un «wall of worry» se dresse devant les intervenants. Ce terme désigne une situation où les indices boursiers montent malgré une accumulation de craintes, les investisseurs restent nerveux et prudents, mais les actions progressent quand même. L’idée est que tant que les inquiétudes sont connues et débattues, elles sont en partie déjà intégrées dans les cours. Le marché «grimpe le mur des peurs» parce que les anticipations sont basses, les liquidités restent présentes et la moindre bonne nouvelle peut surprendre positivement. À ce propos, vendredi l’indice S&P500 équipondéré (SPW) nous refait le coup de surperformer l’original, il avance de 1,04% contre +0,05% au SPX.

Malgré une saison de résultats solide, la menace de l’intelligence artificielle inquiète les marchés. Les mentions de «disruption» liée à l’IA lors des conférences d’entreprises ont presque doublé et même si les bénéfices restent robustes, +12% au quatrième trimestre pour le SPX et environ +4% en Europe, les investisseurs vendent préventivement les sociétés jugées vulnérables. Les marchés stagnent depuis fin octobre, d’abord par crainte des dépenses excessives en IA des géants technologiques, puis par peur que cette technologie menace de nombreux modèles économiques. Les secteurs des médias, logiciels et recrutement ont été les premiers touchés, mais la pression s’étend désormais aux financières, aux services professionnels et à la logistique. Des paniers d’actions considérées à risque ont chuté de 40% à 50% sur un an, tandis que les vendeurs à découvert renforcent leurs positions, surtout en Europe. Paradoxalement, les grands acteurs du cloud (Amazon, Alphabet, Meta, Microsoft, Oracle) continuent d’augmenter massivement leurs investissements dans les centres de données; un ralentissement de ces dépenses serait, selon certains stratèges, le signal le plus clair pour calmer les marchés.

On se penche sur le CPI de vendredi avec l’inflation annuelle qui ralentit à 2,4% en janvier, contre 2,7% en décembre, grâce à la baisse des prix de l’essence et des voitures d’occasion, un chiffre légèrement inférieur aux attentes. L’inflation sous-jacente atteint 2,5%. Malgré cette amélioration, certains prix continuent d’augmenter, notamment les ordinateurs, les appareils électroménagers, les voitures neuves et les soins hospitaliers, en partie sous l’effet des droits de douane et de la hausse des coûts dans les services. Le marché du travail reste solide avec un chômage à 4,3%, ce qui pourrait maintenir une pression sur les prix des services. Cette modération de l’inflation est positive, mais probablement insuffisante à elle seule pour inciter la Réserve fédérale à reprendre rapidement ses baisses de taux, même si les marchés anticipent un léger assouplissement à venir (source: WSJ).

Au menu macro-économique de ce lundi, la production industrielle en zone euro (11h) et un discours de la gouverneure de la Fed Michelle Bowman (14h25).

Roche annonce des résultats positifs de Phase III pour Gazyva dans la néphropathie membranaires primaires. Galderma nomme Luigi La Corte comme futur directeur financier à partir du 1er mai 2026. OpenAI engage Peter Steinberger pour développer des assistants intelligents de nouvelle génération. Warner Bros Discovery pourrait rouvrir les discussions avec Paramount après une offre améliorée. ByteDance s'engage à prévenir l'utilisation non autorisée de la propriété intellectuelle sur son outil vidéo IA.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé.Tokyo égare 0,24% à la cloche, Hong Kong progresse de 0,52%, Shanghai est fermée, Séoul aussi et le Nifty50 prend 0,42%. Le future SPX avance légèrement, l’Europe est indiquée en hausse de 0,2% à l’ouverture. Ce premier jour de la semaine sera calme, les indices d’actions américains restent fermés, c’est President Day aux Etats-Unis.  

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