La forte hausse du prix de l’or au cours des derniers mois est sur toutes les lèvres. Une classe d’actifs longtemps peu considérée par les investisseurs se retrouve ainsi au centre de l’attention. Pour Swiss Life Asset Managers, l’or est également un thème important, même s’il n’est pas prioritaire: dans l’allocation stratégique d’actifs, le métal précieux ne joue qu’un rôle secondaire. Dans le contexte actuel de croissance modérée et de grande incertitude politique, l’or peut néanmoins contribuer à la stabilisation et à la couverture d’un portefeuille. Il peut en outre protéger contre certains risques tels que l’inflation. Cela s’applique toutefois aux actifs réels en général. Dans ce contexte, Swiss Life Asset Managers met l’accent sur l’immobilier, sur les infrastructures et, dans une certaine mesure, sur les actions. L’avantage décisif de ces actifs réels par rapport à l’or réside dans le fait qu’ils génèrent des revenus constants. En revanche, l’or n’est pas un bien productif et ne génère donc pas de revenus.
Les actifs réels restent un choix privilégié
La récente évolution du cours de l’or n’a qu’un impact limité sur la stratégie multi-actifs de Swiss Life Asset Managers. Malgré ce rebond impressionnant, la priorité stratégique accordée aux actifs réels par rapport à l’or reste inchangée. Pourtant, Swiss Life Asset Managers investit de manière tactique dans l’or, par exemple via des ETF et des contrats à terme normalisés, dans des portefeuilles lorsque cela est approprié, et en particulier dans des portefeuilles dont l’allocation tactique relative entre les classes d’actifs repose principalement sur le momentum. Dans ces portefeuilles, la part d’or a donc été augmentée l’année dernière.
Diverses raisons expliquent la forte hausse du prix de l’or
Pour évaluer la constante hausse du cours de l’or, il convient de jeter un coup d’œil aux moteurs de cette évolution. Un facteur essentiel est la diversification structurelle croissante délaissant les monnaies fiduciaires, en particulier le dollar américain. Les banques centrales ont accentué cette tendance en achetant des quantités d’or supérieures à la moyenne au cours des trois dernières années. Dans le même temps, l’instabilité budgétaire des Etats-Unis suscite de plus en plus d’inquiétude en raison de la hausse de la dette publique, des incertitudes politiques et de la dynamique des sanctions. Tout cela renforce le rôle de l’or en tant que réserve résiliente sans risque de contrepartie. A cela s’ajoutent les incertitudes géopolitiques, allant des conflits en Europe de l’Est et au Moyen-Orient aux litiges commerciaux mondiaux. Dans de telles circonstances, l’or continue de gagner en importance en tant que «valeur refuge» présentant une corrélation faible, voire négative, avec les actifs traditionnels tout en bénéficiant d’une liquidité élevée.
La politique monétaire a donné un élan supplémentaire. Avec les baisses de taux des grandes banques centrales fin 2024, les rendements réels ont chuté, réduisant les coûts d’opportunité des placements sur l’or. Dans le même temps, le dollar américain s’est nettement déprécié, soutenant davantage la demande des investisseurs internationaux. L’or joue en outre son rôle de protection contre l’inflation, un argument de plus en plus important eu égard à la hausse des prix et des craintes persistantes en matière d’inflation. Dans l’ensemble, l’envolée de l’or n’est donc pas une réaction de court terme, mais le résultat d’une tendance structurelle et géopolitique largement soutenue, qui devrait encore durer un peu.