Importations d’électricité anormalement élevées

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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Jusqu’à nouvel ordre, la prévision de croissance du PIB doit tenir compte de la situation exceptionnelle de l’approvisionnement en électricité.

Conjoncture

Depuis novembre, le conflit douanier avec les Etats-Unis s’est apaisé. La nette amélioration du moral des ménages depuis témoigne d’une attente d’une meilleure évolution économique. Toutefois, l’indice relatif à l’activité économique hebdomadaire (AEH) du Secrétariat d’Etat à l’économie SECO ne montre à ce jour aucun effet immédiat sur la dynamique économique. Le niveau des stocks des commerçants américains est si élevé qu’il suffira à satisfaire la demande jusqu’au printemps. Après tout, les désavantages par rapport à la concurrence européenne ont disparu, et avec eux le risque à court terme d’une délocalisation massive de la production par les exportateurs suisses. Nous ne prévoyons désormais plus qu’une nouvelle légère hausse du taux de chômage d’ici mi-2026. Jusqu’à nouvel ordre, la prévision de croissance du PIB doit tenir compte de la situation exceptionnelle de l’approvisionnement en électricité. Les travaux de maintenance de la centrale nucléaire de Gösgen nécessitent des importations d’électricité anormalement élevées depuis l’été (voir graphique). Une situation qui pèse déjà sur le bilan du commerce extérieur dans le rapport sur le PIB au 3e trimestre 2025. Cette situation perdure depuis. Rien qu’en janvier 2026, les importations nettes d’électricité ont été six fois plus élevées qu’en janvier 2025.

Inflation 2027 un peu au-dessus du consensus

Pour l’année en cours et pour 2027, notre prévision d’inflation est légèrement supérieure à celle du consensus. La composante des loyers dans l’indice suisse des prix à la consommation devrait retrouver une pondération plus élevée en 2026. L’évolution des prix durablement supérieure à la moyenne de cette catégorie renforce la tendance à s’éloigner de l’actuelle inflation zéro.

Actions

La fête continue – pour le moment

Suisse

  • Le marché suisse signe la plus faible performance depuis le début de l’année, surtout en raison de Nestlé et du secteur de l’assurance. La pharma a surperformé.
  • La valorisation du marché est plus élevée qu’en Europe ou au Japon, mais moindre qu’aux Etats-Unis.

Zone euro

  • Le marché européen devance l’américain depuis le début de l’année.
  • La performance de style est aussi différente: le dividende sous-performe, alors que les titres de croissance surperforment. Jusqu’ici, les banques surperforment l’indice d’actions européen global.

Etats-Unis

  • La fête s’est poursuivie en janvier pour les actions.
  • Les styles en sous-performance depuis des années (pondération égale, small caps et dividende élevé) surperforment jusqu’ici. Les Magnificent 7 et l’IA ont sous-performé sur le mois.
  • Solides résultats trimestriels, la croissance des ventes et des bénéfices étant supérieure aux attentes.
  • La valorisation est riche en termes absolus et relatifs.

Marchés émergents

  • Une fois de plus, les ME surperforment largement. Les titres de l’IA en Asie et le secteur des matériaux (intégrant producteurs de matières premières et mines) en sont les fers de lance.
  • Le marché le plus performant à ce jour est la Corée du Sud, avec un gain supérieur à 20%. Les titres de l’IA des ME restent moins chers que leurs homologues américains. Les prévisions de bénéfices ont été relevées de 6% cette année.

Royaume-Uni

  • Le début d’année britannique est similaire à celui de l’européen.
  • Ce marché affiche la plus faible valorisation parmi les marchés actions des grands pays industrialisés.

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