La politique monétaire de la Fed reste trop restrictive, selon Christopher Waller

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«Malgré une croissance solide de l’activité économique, le marché de l’emploi reste faible», explique le membre de la banque centrale américaine.

La politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) américaine reste trop restrictive alors qu’une nouvelle baisse des taux aurait été nécessaire à l’issue de la réunion de cette semaine, a estimé vendredi dans un communiqué l’un de ses responsables, Christopher Waller.

Le comité de politique monétaire de l’institution (FOMC) s’est prononcé mercredi en faveur d’un maintien des taux à leur niveau, dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%, après trois baisses consécutives lors des réunions précédentes, s’inquiétant d’une inflation qui reste encore au-delà de son objectif de long terme de 2%.

Mais deux de ses membres souhaitaient au contraire que la Fed continue de lâcher du lest: les gouverneurs Stephen Miran, nommé par Donald Trump en septembre et jusqu’à fin janvier, et M. Waller.

Tous deux ont voté en faveur d’une nouvelle baisse de 0,25 point de pourcentage, une décision que Christopher Waller justifie par une situation sur le marché de l’emploi qu’il juge fragile.

«Malgré une croissance solide de l’activité économique, le marché de l’emploi reste faible», a-t-il justifié, «les dernières données publiées montrent une baisse, le chômage n’a cessé de progressé depuis le milieu de l’année et les hausses de salaires sont faibles».

Plus encore, les créations d’emplois ont nettement moins progressé que la moyenne observée sur les dix dernières années et «les données de l’année dernière vont encore être révisées à la baisse prochainement pour souligner qu’il n’y a pour ainsi dire pas eu de créations d’emplois en 2025», affirme M. Waller.

«Aucune création d’emploi, contre, en moyenne, près de deux millions par an sur les dix dernières années, cela ne correspond pas, selon moi, à un marché de l’emploi sain», a-t-il souligné.

IA «déflationniste»

Dans le même temps, selon lui, hors effet des droits de douane dont les effets sont temporaires, «l’inflation est proche de la cible de 2%».

Interrogé sur CNBC, Stephen Miran s’est de son côté montré plus rassurant concernant le marché de l’emploi, mais a justifié son vote en faveur d’une baisse de 0,25 point par le fait qu’il «n’y a pas de problème d’inflation actuellement».

«La quasi-totalité de l’excès d’inflation est due à deux particularité dans la manière dont nous mesurons l’inflation. D’une part nous mesurons l’évolution des prix des logements avec beaucoup de retard, les données sont celles du marché en 2022 ou 2023, pas actuellement, or il n’y a pas de pression sur les loyers en ce moment», a détaillé M. Miran.

«L’autre est lié à la gestion des services, qui intègre l’évolution des marchés boursiers. Or l’intelligence artificielle (IA) tire les marchés vers le haut, ce qui apparaît mécaniquement dans l’inflation alors même que l’IA a un effet déflationniste», a-t-il assuré.

La Réserve fédérale dispose d’un double mandat, sans priorité: elle doit maintenir une hausse des prix proche de 2% par an tout en s’assurant que les conditions économiques permettent de se rapprocher du plein emploi.

Christopher Waller a été nommé en 2020 par Donald Trump au conseil des gouverneurs de la Fed et était cité parmi les favoris pour prendre la tête de l’institution à l’issue du mandat du président actuel, Jerome Powell, en mai prochain.

Mais le président américain a finalement annoncé vendredi proposer au Sénat la candidature de Kevin Warsh, lui-même ancien gouverneur de la Fed, pour ce poste stratégique, une désignation qui doit encore être approuvée par la Chambre haute.

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