L’indice des prix à la production (PPI) aux Etats-Unis a augmenté de 3% sur l’ensemble de l’année 2025, par rapport à 2024, un rythme encore assez élevé mais qui se tasse légèrement comparé à l’année précédente, selon les données publiées vendredi par le département du Travail.
Sur un mois, l’indice PPI a progressé de 0,5%, en accélération sur les trois derniers mois de l’année, une hausse plus marquée que ne l’anticipaient les marchés, qui s’attendaient plutôt à une augmentation de 0,3% sur un mois, selon le consensus publié par MarketWatch.
L’indice termine 2025 à 0,5 point de pourcentage en-deçà des niveaux observés en 2024, avec cependant une baisse continue sur l’année avant d’avoir repris de la vigueur sur le dernier trimestre.
Si l’on prend néanmoins l’indice sous-jacent, c’est-à-dire en excluant les données plus volatiles comme l’énergie, l’alimentation et le commerce, il termine à 3,5% sur un an, à peine 0,1 point de pourcentage de moins qu’en 2024. Sur un mois, le PPI sous-jacent s’établit à +0,4%, soit le double du rythme observé en novembre.
«Les industries transmettent les droits de douane et la hausse des prix des métaux précieux à leurs clients», ont pointé dans une note le chef-économiste de Pantheon Macro, Samuel Tombs.
Néanmoins, «les signes de ralentissement de l’inflation dans les services sont rassurants», a-t-il ajouté, «une poursuite de ce ralentissement, notamment du fait d’une modération des salaires, devrait permettre à l’indice PCE (utilisé par la Fed pour sa politique monétaire, NDLR) de chuter significativement».
Les données pour le mois de décembre ont été publiées en retard du fait des conséquences de la paralysie budgétaire («shutdown») qui a touché le gouvernement fédéral en octobre et novembre, perturbant la collecte des données nécessaires.
Elle intervient à la fin d’une semaine qui a vu la Réserve fédérale (Fed) maintenir ses taux inchangés, après les avoir abaissés trois fois en autant de réunions sur la fin de l’année 2025.
Une décision une nouvelle fois critiquée par le président américain, Donald Trump, qui n’a cessé de demander, avant même son retour à la Maison Blanche il y a un an, une baisse marquée des taux de la Fed.
Mais le président de l’institution, Jerome Powell, a défendu jusqu’ici une approche équilibrée de la banque centrale américaine, soulignant que son comité de politique monétaire (FOMC), estimait que sa position prenait en compte une hausse des risques tant concernant l’inflation, qui reste au-dessus de sa cible de 2% sur le long terme, que pour préserver le marché de l’emploi, qui a montré des signes de ralentissement sur le second semestre.
Vendredi Donald Trump a annoncé proposer l’ancien gouverneur de la Fed Kevin Warsh pour prendre la succession de M. Powell, dont le mandat prendra fin en mai prochain.
Cité depuis plusieurs mois parmi les favoris pour le post, M. Warsh doit encore obtenir la confirmation du Sénat avant de pouvoir rejoindre la Fed.